Réagissez !

jeudi 10 septembre 2026

Une « primaire » : oui, mais…

La vie politique a cette caractéristique de n’être jamais figée. Une analyse permanente du contexte s’impose toujours et il n’est pas raisonnable de vouloir reproduire des situations vécues dans un passé plus ou moins récent même si elles ont produit des résultats positifs.

Le Parti Socialiste a décidé de l’organisation d’une « primaire », décision approuvée  par  une  majorité  d’adhérents  le  9  juillet  dernier. Celle-ci a déterminé  les  grandes  lignes  de  ce  vote  et  le  Conseil  National  du 25 août a  fixé  les modalités  de  l’organisation  de  cette  consultation. Ce sera « révolutionnaire » puisque, pour la première fois dans l’histoire du PS, ce vote se déroulera de manière électronique. Certes, nous sommes à l’heure du numérique qui envahit de plus en plus notre vie quotidienne. Si le vote, par ce moyen, demeure un acte individuel et personnel, on peut regretter qu’il ne soit pas assorti d’un débat préalable entre les militants, dans les sections.

Plus généralement, l’usage de cette procédure de la primaire pose question. Elle a été une réussite en 2011, lorsque François HOLLANDE a été désigné dans un scrutin auquel ont participé près de 3 millions de personnes. Elle a été un échec en 2017 lorsque Benoît HAMON a obtenu une majorité des votants d’alors parmi lesquels figuraient de nombreuses personnes qui ne l’ont pas choisi à l’élection présidentielle qui a suivi. On avait assisté alors à une forte vague d’entrisme dont on a constaté les effets à travers l’échec, déjà retentissant en 2017, du candidat désigné.

Qu’en sera-t-il cette fois ? Il est bien entendu trop tôt pour le dire avant que le vote n’ait eu lieu. Souhaitons qu’il ne soit pas trop tard quand il se sera déroulé. La décision de son organisation a été prise. Par respect de la démocratie, il faudra qu’elle s’applique. On ne connaît pas encore le nom des candidats et candidates à cette primaire même si nombreux sont celles et ceux qui en ont manifesté l’intention.

Quel que soit celui ou celle qui sera désigné par les participants à la primaire, il ou elle aura comme première responsabilité de créer les conditions de la présence d’une candidature de large rassemblement. C’est la condition indispensable pour être au second tour de la présidentielle fixé au 2 mai 2027. A gauche, les principales organisations ont désigné leur candidat ou sont en passe de le faire. Face au double danger que représentent pour la Démocratie les candidatures des extrêmes, le rassemblement de la Gauche de Gouvernement est une impérieuse nécessité. Nous pourrons apprécier le sens des responsabilités que seront capables d’assurer les acteurs potentiels de ce rassemblement. 

lundi 7 septembre 2026

Agir face au danger

La bombe politique a explosé hier soir, en Allemagne, au vu des résultats des élections dans le Land de Saxe-Anhalt. Même si les sondages sur les intentions de vote le laissaient supposer, le score réalisé par les candidats d’extrême-droite ne peut pas laisser indifférent. C’est une nouvelle confirmation des risques qui pèsent sur les démocraties, en France, en Europe et dans le Monde.

On pourrait se dire qu’après tout, les citoyens ont choisi librement leurs élus,  que  le  vote  s’est  déroulé  dans  le  respect  de  la  Démocratie. Ce  serait  vrai  si  les  représentants  de  ce  parti, l’AfD, et  plus généralement les organisations d’extrême-droite ne puisaient pas leur idéologie et ne faisaient pas régulièrement référence au nazisme qui a dévasté l’Allemagne et l’Europe il y a 87 ans. Ce serait vrai si on oubliait l’Histoire : HITLER a accédé au pouvoir en janvier 1933 après la victoire des nazis à des élections organisées démocratiquement. Deux mois plus tard, le Parlement à sa botte lui donne les pleins pouvoirs, ce dont il usera et abusera pendant plus de dix ans.

Veut-on revivre cela ou, en tout cas, prendre le risque de le revivre ? C’est à cette question qu’il devient urgent de répondre pour celles et ceux qui sont attachés à la Démocratie et aux libertés. Ces deux valeurs fondamentales doivent être défendues avec détermination. Mais il faut aussi les protéger et, pour cela, mettre en œuvre des moyens juridiques qui permettront de juguler cette progression des idées propagées par l’extrême-droite. 

On connaît bien les causes de cette montée de l’audience de la mouvance nationaliste dans l’opinion. Au-delà des références idéologiques qui ne concernent qu’un faible pourcentage des électrices et des électeurs des candidats d’extrême-droite, un très grand nombre de nos concitoyens qui ne trouvent pas de réponse de la part des responsables politiques à leurs problèmes de la vie quotidienne pensent, à tort, que l’extrême-droite répondra à leurs attentes.

En France, le Rassemblement National entretient ce sentiment de « peur du lendemain », désigne des boucs-émissaires, en l’occurrence les étrangers, formule des propositions démagogiques dangereuses pour nos institutions et pour la République. Comme pour tout ce qui touche à la protection de notre environnement, « ne regardons pas ailleurs quand la maison brûle ». 

Lorsque  le  premier  vice-président  du  RN, Louis  ALIOT, déclare vouloir « couper le robinet » à l’Ukraine qui défend son territoire face à l’envahisseur, le dictateur POUTINE, quand on sait la sympathie plus ou moins explicite manifestée par Madame LE PEN à l’égard de ce même dictateur, on a là suffisamment d’indicateurs de ce que serait la politique de l’extrême-droite française si elle accédait au pouvoir.

Chaque jour qui passe accroît les dangers qui menacent notre pays et l’Europe. On ne peut pas rester sans réagir et, surtout, sans agir.

jeudi 3 septembre 2026

Importance de la politique internationale

La campagne électorale pour l’élection présidentielle d’avril 2027 permettra de mieux connaître les projets politiques de celui ou de celle qui, en définitive, sera Chef de l’Etat pendant les cinq années qui suivront la décision de la majorité des Français.

Nos concitoyens seront intéressés par ce qui touche à leur vie quotidienne : leurs revenus et leur pouvoir d’achat, l’enseignement de leurs enfants, la santé, leur retraite, le logement, autant de domaines et quelques autres pour lesquels les décisions de l’Etat et de ses dirigeants sont indispensables. Encore faudra-t-il qu’il y ait une majorité de députés à l’Assemblée Nationale pour voter les lois, et notamment le budget, qui permettront la mise en œuvre de ces orientations annoncées par le Président de la République élu. C’est un autre débat qui s’ouvrira très vraisemblablement au lendemain de l’élection présidentielle.

Si la politique intérieure retiendra d’abord l’attention de nos concitoyens, il conviendra d’être vigilant à l’égard du contexte international. Celui-ci est très préoccupant. Les conflits armés sont nombreux à travers le monde, en Ukraine et au Moyen-Orient notamment. Les comportements de quelques chefs d’Etats, POUTINE, TRUMP, NETANYAHOU parmi d’autres plongent le monde dans un climat d’incertitudes. 

Or, si la Constitution prévoit que c’est le Gouvernement qui détermine et conduit la politique de la Nation, le Général DE GAULLE a fait de la politique internationale dès sa première élection à la présidence de la République, en décembre 1958, le « domaine réservé » du Chef de l’Etat. Tous ses successeurs, depuis lors, ont agi de la même façon. C’est dire l’importance de cette fonction et l’impérieuse nécessité d’élire une personnalité particulièrement compétente dans l’analyse des grands équilibres internationaux. L’expérience dans ce domaine devra être prise en considération.

La France a un rôle de premier plan, au niveau européen d’abord, au plan international ensuite. Elle est membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU et cela lui confère une responsabilité de grande importance. Pour tenir un dialogue de fermeté devant les Etats-Unis, la Russie ou la Chine, il faut un savoir-faire que la plupart des candidats déclarés n’a pas.

L’âge de la retraite, la baisse ou la hausse de la TVA, l’imposition de l’héritage et beaucoup d’autres seront des thèmes qui seront évoqués durant cette campagne. La manière de conduire une politique internationale qui permettra à la France d’être une puissance de référence est tout aussi importante. 

lundi 31 août 2026

Réfléchissons bien

La période estivale s’achève. Les vacances sont terminées. Nous sommes entrés dans un moment qui sera fertile en évènements politiques. Cela a commencé la semaine dernière à l’occasion de différentes manifestations dont les médias se sont fait l’écho. De nombreuses « universités de rentrée » des partis politiques, du MEDEF, des déclarations de responsables syndicaux ont été autant d’occasions pour évoquer LE sujet qui retient l’attention : l’élection présidentielle d’avril 2027. Huit mois nous en séparent. On connaîtra de nombreux rebondissements qui permettront de nombreux commentaires. Des candidatures déclarées ou supposées alimentent le débat. Les sondages vont constituer la référence des analyses à venir.

Tout le monde s’accorde pour considérer que la candidate d’extrême-droite arrivera en tête au soir du premier tour. C’est en effet possible mais une élection n’est jamais ni gagnée, ni perdue avant qu’elle ait eu lieu. Pour les démocrates, pour les républicains, tous les arguments devront être développés pour amener les électeurs potentiels de la candidate RN à mesurer les menaces qu’elle fait peser sur notre pays, sur l’Europe, sur nos institutions et les convaincre de changer d’intention de vote.

Un autre danger pèse sur l’issue de cette élection, la qualification, pour le second tour, de l’insoumis Jean-Luc MÉLENCHON. Là aussi, des électrices et des électeurs assurément de gauche risquent d’être leurrés par les propositions irresponsables du candidat qui se prétend représentant de Gauche, mais dont la pratique dans son parti, l’hostilité permanente manifestée à l’égard de la Gauche de Gouvernement, les discours de division régulièrement prononcés, les amitiés internationales avec des dictateurs en font un adversaire du fonctionnement démocratique de nos institutions.

Dans ce contexte, le Parti Socialiste qui a décidé de l’organisation de primaires devra, à travers ses responsables et les candidats au vote interne prévu en octobre, développer des arguments pour redevenir une référence dans le paysage politique. Pour ce vote interne, les primaires, plusieurs candidatures se sont déjà manifestées. Il convient d’attendre qu’elles soient officialisées parce qu’elles rempliront les conditions de présentation arrêtées par le PS.

Néanmoins, et d’ores et déjà, les futurs votants aux primaires doivent avoir  présent  à  l’esprit  une  donnée  fondamentale : choisir  le  candidat qui sera présent au second tour. C’est là que se situe le véritable enjeu. Qui peut le mieux contrarier les résultats supposés de la candidate d’extrême-droite, de celui de l’extrême-gauche, voire de celui de la Droite dite républicaine, aujourd’hui divisée mais toujours capable de se rassembler ?

Les cases que devra cocher ce candidat sont évidentes : la compétence alimentée par l’expérience, la capacité d’analyse et de propositions, la connaissance des problèmes internationaux qui conditionnent notre avenir.

L’heure est à la réflexion.

lundi 13 juillet 2026

Une décision importante

La décision des militants socialistes du 9 juillet dernier est d’une très grande importance. Elle a mis fin à des incertitudes qui pesaient sur la vie du Parti, conséquences d’une stratégie imaginée par la direction du PS et son Premier Secrétaire Olivier FAURE. La solution retenue par 55 % des membres du Parti va permettre la désignation du candidat que le PS soutiendra pour l’élection présidentielle d’avril 2027. Dix ans après l’échec de Benoît HAMON, la Gauche de Gouvernement pourra envisager son retour aux responsabilités.

De nombreuses étapes sont encore à franchir, la prochaine consistant en l’organisation de la désignation du candidat PS. Elle est envisagée début octobre, la période estivale ne permettant pas raisonnablement d’imaginer cette procédure avant la rentrée. D’ores et déjà des candidatures se sont manifestées, d’autres viendront. Il n’est pas l’heure d’évoquer ici celle que nous soutiendrons. Il faudra d’abord analyser sereinement les capacités de chaque prétendant à exercer la fonction de Chef de l’Etat. Il faudra surtout se mettre en situation d’être présent au second tour. 

Il appartient donc au Premier Secrétaire, Olivier FAURE, de préparer cette désignation. Même si le choix qu’il proposait le 9 juillet n’a pas été retenu et que donc il a perdu ce vote, il demeure en responsabilité et personne ne lui demande de démissionner. Nul doute que celles et ceux qui défendaient le mode de désignation décidé par les militants socialistes veilleront à l’application de cette décision dans les meilleures conditions possibles.

La campagne électorale à venir sera l’occasion de présenter un programme d’action gouvernementale. Depuis dix ans, la « macronie » libérale a suscité beaucoup d’insatisfactions. Les Socialistes n’ont pas exercé de responsabilités politiques au cours de cette période. Par contre, ils peuvent se prévaloir des avancées sociales, économiques, culturelles, sociétales à l’origine desquelles ils ont joué un rôle déterminant à chaque fois qu’ils ont gouverné le pays. La direction du PS a été trop en retrait, depuis plusieurs années, sur ce nécessaire rappel. Il importe de redire à nos concitoyens ce que les gouvernements de gauche dirigés par des Socialistes ont fait pour changer la vie des Français. Ce fut le cas entre 1981 et 1995, pendant les deux septennats de François MITTERRAND, entre 1997 et 2002 avec Lionel JOSPIN et entre 2012 et 2017 sous la présidence de François HOLLANDE.

Nous ne nous livrerons pas ici à l’établissement d’une liste de ces décisions qui ont contribué à plus de justice sociale et à des politiques économiques positives. Il faudra cependant le faire pour que les électrices et les électeurs manifestent à nouveau majoritairement leur confiance en la Gauche.


*
*   *


Sans préjuger des évènements et de l’actualité politique des quelques semaines à venir, je suspendrai la publication de ce blog jusque début septembre. 
Bonnes vacances à celles et ceux qui me lisent.

jeudi 9 juillet 2026

Défendre la morale politique

Depuis deux jours, les médias nous « bassinent » à propos de la candidature de Madame LE PEN à l’élection présidentielle et cela, malgré sa condamnation. Nombreuses sont les erreurs d’interprétation de la situation judiciaire. 

La décision de se pourvoir en cassation ne fait pas de Madame LE PEN une personne présumée innocente. Cet acte juridique, le pourvoi en cassation, n’annule pas la condamnation, elle en suspend l’application. La condamnation demeure. Madame LE PEN a été reconnue coupable des actes délictueux qui lui sont reprochés de détournement de fonds publics. Deux instances judiciaires, le tribunal de première instance puis la Cour d’Appel, ont reconnu les faits et ont prononcé des condamnations.

La Cour de cassation désormais saisie ne jugera pas sur le fond les faits reprochés. Son rôle est de vérifier que la forme juridique du procès a été respectée, que la Loi a bien été appliquée. Si elle « cassait » la décision du tribunal, en l’occurrence la Cour d’Appel, là, Madame LE PEN redeviendrait « présumée innocente » jusqu’à ce qu’un nouveau jugement soit prononcé par un nouveau tribunal.

C’est dire qu’à ce jour, le Rassemblement National, parti d’extrême-droite, présente une personne coupable et condamnée à la magistrature suprême de notre République. L’éthique, la morale politique, voudraient qu’un élu reconnu coupable et condamné se retire de la scène publique. Ces deux valeurs, l’éthique et la morale, ne font pas partie des références de Madame LE PEN.

Cette situation suscite des réactions diverses. On sait que des électrices et des électeurs demeurent dans l’état d’esprit de voter malgré tout pour la candidature du RN. Ce sont les mêmes qui fustigent une justice accusée d’être laxiste, trop indulgente vis-à-vis des auteurs de délits. Dans le cas présent et bien que le délit soit avéré et condamné, cette accusation de la Justice est oubliée.

Ce sont les mêmes également qui dénonceront par principe les responsables politiques, « tous pourris » à leurs yeux. Or, dans le cas présent, on a bien affaire à une candidate qui, pendant plusieurs années, a utilisé des fonds publics pour des intérêts partisans, ce qui est interdit par la Loi.

La campagne présidentielle devrait amener tous les autres candidats à réprouver cette pratique qui vient aggraver encore le fait que l’extrême-droite est porteuse d’idées dangereuses pour la Démocratie et pour la République.

lundi 6 juillet 2026

Un choix responsable

Les premiers jours de juillet ont un goût de vacances. Certains en profitent déjà, d’autres s’y préparent. Rappelons qu’il s’agit de l’extraordinaire avancée sociale décidée par le Front Populaire en 1936, le vrai, il y a 90 ans. La semaine de 40 heures et les deux semaines de congés payés décidées alors ont changé la vie des salariés de notre pays.

Ces quinze jours sont devenus trois semaines en 1956, à l’initiative du Gouvernement de Guy MOLLET, puis quatre semaines en 1969 et, en 1981, avec Pierre MAUROY, la cinquième semaine de congés pour les salariés deviendra la règle. On observera que dans trois cas sur quatre, ce sont des gouvernements socialistes qui ont mis en œuvre ces mesures d’amélioration de la situation sociale des ouvriers et des employés de bureaux et de services.

Aujourd’hui, les Socialistes proposent d’autres mesures de justice sociale. Elles figurent dans le programme qu’ils ont adopté le 25 juin dernier. Nous aurons l’occasion d’y revenir dans les mois à venir dans le cadre de la campagne présidentielle. Pour l’heure, les militants du PS se préparent à choisir les modalités de désignation du candidat qu’ils soutiendront à cette élection présidentielle d’avril 2027. Ce choix se fera le 9 juillet prochain. Ce n’est pas un bon moment, eu égard à cette période de vacances évoquée au début de ce billet. Nombreux, sans doute, seront celles et ceux qui se trouveront dans l’incapacité de voter parce qu’ils ne seront pas chez eux à ce moment-là.

Cette décision des militants socialistes sera d’une très grande importance et aura des conséquences, non seulement pour désigner le candidat selon le processus qui sera choisi mais aussi sur le devenir du PS. Les épreuves traversées depuis plus de dix ans (cela a commencé avec les frondeurs durant le quinquennat de François HOLLANDE), les échecs électoraux successifs, les positions irresponsables des mélenchonistes vis-à-vis de la Gauche, tout cela a rendu nécessaire et urgent le rétablissement d’une réelle cohésion au sein du PS. La proposition du Premier Secrétaire, Olivier FAURE, ne ferait qu’aggraver les divisions au sein du PS lui-même comme au sein de la Gauche de Gouvernement. 

C’est dire que le choix le plus rationnel, le plus réaliste, le plus responsable est celui proposé par Nicolas MAYER-ROSSIGNOL et Boris VALLAUD. Par ce choix, les militants socialistes choisiront leur candidat. 

Pour autant, la préparation de l’élection présidentielle ne sera pas terminée, loin s’en faut. La Gauche est plurielle. Toutes ses sensibilités doivent rechercher un accord programmatique qui leur permettra de mener ensemble une politique de justice sociale et fiscale.

L’exercice n’est pas simple. Nous l’avons pourtant réussi en 1981 et en 1997. Pourquoi pas en 2027.

jeudi 2 juillet 2026

Respecter les statuts du Parti

Le Parti Socialiste est un parti de débats. Cette dimension de son fonctionnement n’a jamais été comprise (ou voulu être comprise) par les observateurs et les médias qui voient toujours dans les discussions engagées au sein du PS matière à division. Elle existe pourtant depuis près de 150 ans. Les premières divergences sont apparues dans les fameux discours des deux méthodes, prononcés à Lille, le 26 novembre 1900 par Jean JAURÈS et Jules GUESDE. Quel dommage que la différence avec le parti mélenchoniste, LFI, ne soit pas davantage mise en avant. Chez ces derniers, c’est le « gourou » qui fixe la ligne et décrète du mode de fonctionnement.

Ces divergences ont parfois abouti dans des divisions comme ce fut le cas en 1920 avec le départ des communistes qui, eux, acceptaient de se plier aux décisions du parti communiste soviétique. Les Socialistes ont cependant toujours montré leurs capacités à se rassembler, ce qui les a conduits à la victoire de 1981, par exemple.

Aujourd’hui, le débat est engagé à l’initiative du Conseil National réuni mardi dernier. Deux procédures différentes pour désigner le candidat à l’élection présidentielle que le PS soutiendra sont livrées au débat. Une est portée par le Premier Secrétaire Olivier FAURE, désormais minoritaire au sein des instances nationales. La seconde est présentée conjointement par les responsables des textes d’orientation B et C au Congrès de Nancy, en juin 2025 qui, ensemble, sont majoritaires. Ce sont donc les adhérents du PS qui vont décider, le 9 juillet prochain.

Le  choix  est  évident : il  suffit  de  respecter  les  statuts  du  Parti. Ceux-ci stipulent que ce sont les adhérents du PS, et eux seuls, qui désignent les candidats aux élections. L’ouverture à des personnes extérieures au Parti est pleine de risques. Viennent voter des gens qui choisiront un tout autre candidat le jour du scrutin d’élection du Président de la République. On l’a constaté en 2017 lorsque le choix de la primaire a fait de Benoît HAMON le candidat des Socialistes. Résultat : il arrive en 5ème position avec 6,4 % des suffrages. Il s’est en outre empressé de quitter le PS quelques semaines plus tard.

Au moment de cette primaire funeste de 2017, on a vu des citoyennes et des citoyens notoirement connus pour être des militants ou des soutiens du parti communiste, des écologistes et même des mélenchonistes (déjà !) venir voter. La droite n’a pas non plus été en reste. Le Parti Socialiste n’a pas besoin de cette nouvelle épreuve.

Nous persistons à penser que c’est d’abord sur un programme partagé qu’un accord politique doit être recherché avec toutes les organisations et les personnes qui se réclament de la Gauche. Il sera alors temps de choisir celui ou celle qui défendra ce programme devant les Français.

lundi 29 juin 2026

Pour un programme partagé

Le Parti Socialiste a désormais un programme d’action gouvernemental. Il a été adopté, jeudi dernier, par 83 % des militants qui ont voté. Avant ce vote, le bureau national du Parti avait approuvé à l’unanimité le document proposé à la décision des membres du PS. C’est dire que les oppositions au Premier Secrétaire, Olivier FAURE, conduites par Boris VALLAUD et Nicolas MAYER-ROSSIGNOL et qui sont majoritaires au sein de la direction, avaient donné leur accord à ce texte. C’est une bonne chose même si ce processus aurait dû être engagé beaucoup plus tôt depuis l’échec du candidat PS en 2017.

Reste désormais à engager les étapes suivantes qui nous amèneront à l’élection présidentielle d’avril 2027 puis aux élections législatives qui ne manqueront  pas  de  suivre  sauf  s’il  y  avait  une  nouvelle  dissolution d’ici  là. Le  Conseil  National  du  PS  va  délibérer  et  décider  de  la procédure de désignation du candidat ou de la candidate à l’élection présidentielle. Certains préconisent de recourir à ce qu’il est convenu d’appeler une « primaire » à l’image de ce qui se pratique aux Etats-Unis. C’est la proposition d’Olivier FAURE. Elle est théoriquement minoritaire au sein de la direction du PS.

Si la primaire de 2011 avait désigné François HOLLANDE qui fut élu Président de la République en 2012, celle de 2017 nomma Benoît HAMON qui ne recueillit que 6,4 % des voix à l’élection présidentielle. Ce système n’est pas adapté à notre mode de fonctionnement politique. S’il était à nouveau utilisé, il créerait une situation très imprévisible et particulièrement difficile à gérer.

La priorité désormais doit être de rechercher un accord programmatique pour gouverner ensemble et mettre en œuvre la politique de justice sociale et fiscale et défendre les libertés, tout ce dont la France a besoin aujourd’hui. Cette recherche d’un accord programmatique est ouverte à toutes les organisations politiques qui ont la volonté de changement. Celles et ceux qui préféreraient défendre une action personnelle et individuelle prendraient le risque, non seulement d’être battus, mais d’hypothéquer lourdement un succès de la Gauche.

On ne peut pas préjuger de l’aboutissement des discussions. Encore faut-il les engager. Le Parti Socialiste doit en être l’initiateur.

jeudi 25 juin 2026

Une canicule politique

La canicule que nous connaissons depuis quelques jours en France et dans plusieurs pays européens, est-elle politique ?

Assurément non si on ne considère que son existence factuelle qui perturbe notre vie quotidienne. Elle n’est le résultat d’aucune décision politique arrêtée démocratiquement. Elle ne résulte d’aucun diktat imposé par un dictateur. Elle est la conséquence des réactions de la nature, à un moment « M ».

Elle devient cependant éminemment politique si on considère les causes de cette canicule, d’une part et, d’autre part, la manière dont les responsables politiques gèrent les conséquences de ce phénomène climatologique qui affecte la population.

Si la canicule résulte des réactions de la nature et si les scientifiques expliquent de façon incontestable les raisons qui créent cette situation, il est normal que l’on déplore une certaine forme d’inaction de la part des décideurs politiques. Les mesures nécessaires manquent à l’appel.

Le réchauffement climatique est devenu un lieu commun depuis plusieurs décennies. Les moyens mis en œuvre ne sont pas à la hauteur des enjeux. On a bien conscience que ce problème n’est pas seulement propre à notre pays. La France a cependant la possibilité, en montrant l’exemple, d’agir auprès des instances européennes et internationales. Nous n’avons pas relevé de telles intentions chez l’actuel Chef de l’Etat pourtant très actif dans les affaires étrangères ces derniers temps.

Rappelons qu’en 2015, à l’initiative de François HOLLANDE et de son Ministre des Affaires Etrangères, Laurent FABIUS, la Cop 21 s’est déroulée à Paris. Cette conférence de l’ONU réunie pour lutter contre les changements climatiques a conclu ses travaux par un accord unanime sur le climat des 150 chefs d’Etats présents ou représentés. Il eut fallu que ces conclusions soient suivies d’effets qui tardent à venir. En cette période de pré-campagne présidentielle et alors que le Parti Socialiste se prépare à adopter son programme, il n’est pas inutile de rappeler que c’est un Président socialiste avec un Gouvernement socialiste qui a suscité une décision internationale de cette ampleur.

La canicule revêt également un caractère politique à travers la gestion de ses conséquences sur la vie de nos concitoyens. La vie professionnelle de nombreux salariés est affectée. La scolarité des enfants et des adolescents est confrontée à des dysfonctionnements. La santé et notamment le suivi des personnes dans les hôpitaux deviennent très préoccupants. C’est évidemment l’insuffisance des moyens financiers qui est mise à l’index.

Alors que la Cour des Comptes nous annonce un rapport intermédiaire alarmant quant à l’importance du déficit et de la dette publique jamais égalée, se pose, une nouvelle fois, la question des choix budgétaires. Ceux-ci concernent les dépenses et la répartition des moyens. Ils concernent aussi les recettes et c’est à cela qu’il faut se consacrer en priorité.

lundi 22 juin 2026

République et Démocratie

Nous évoquions, le 19 juin dernier, la fin de la bipolarisation. Depuis 1958 et la Vème République, la vie politique française s’articulait autour de deux grandes sensibilités politiques, la Gauche et la Droite. L’article 7 de notre Constitution fixe les conditions de la présence au second tour de l’élection présidentielle des deux candidats ayant obtenu le plus de suffrages au premier tour, après retrait éventuel de candidats plus favorisés. La bipolarisation rendait logique cette organisation.

Devant les résultats électoraux obtenus par la candidate d’extrême-droite et par Jean-Luc MÉLENCHON, classé à l’extrême-gauche, il semble nécessaire de reconsidérer cette disposition de notre Constitution. Afin de préserver notre Démocratie, les électrices et les électeurs doivent avoir plus de choix. C’est dire qu’il faudrait permettre au candidat arrivé en 3ème position, voire en 4ème, d’être également candidat au second tour. Bien sûr, cette possibilité ne peut exister que si le nombre de suffrages obtenus atteint un certain pourcentage. Cela existe déjà pour d’autres scrutins uninominaux, pourquoi pas pour la présidentielle.

Une telle situation ne peut exister qu’à partir d’une modification de la Constitution. Il n’est pas imaginable que cela se fasse d’ici la prochaine élection présidentielle, dans dix mois. C’est donc un sujet à verser au débat. Une adaptation de notre Constitution à la pratique qui en est faite depuis 1958 paraît également souhaitable. Elle concerne le rôle et les pouvoirs du Président de la République. L’élection du Chef de l’Etat au suffrage universel direct lui confère une autorité politique qu’il conviendrait de préciser en regard de l’action du Gouvernement. Rappelons que c’est celui-ci qui « détermine et conduit la politique de la Nation » comme le précise l’article 20 de notre texte fondamental. Ce n’est pas le Président de la République qui, lui, n’est pas responsable devant le Parlement au contraire du Gouvernement.

Notre République est une Démocratie parlementaire. Députés et Sénateurs, représentants du peuple souverain, constituent le pouvoir législatif. A ce titre, ils votent les lois et contrôlent le pouvoir exécutif. Or, celui-ci est dual. Le Chef de l’Etat, responsable devant le peuple qui n’est consulté que tous les 5 ans, joue un rôle de plus en plus important dans la conduite de la politique. Une clarification des responsabilités et du contrôle des composantes de l’Exécutif pourrait faire l’objet d’une réflexion plus approfondie. Ce serait une bonne chose pour la République et pour la Démocratie.

vendredi 19 juin 2026

La bipolarisation est terminée

Fini le temps ou une électrice ou un électeur se déclarait, ou en tout cas votait, pour la Gauche ou pour la Droite. Il y avait bien ce que l’on pourrait appeler une « mouvance centriste » qui se prononçait pour un côté ou pour l’autre de l’échiquier politique. Cela variait en fonction de situations locales ou de propositions politiques acceptées, voire souhaitées. C’est ainsi que pendant des décennies, le corps électoral s’est comporté, penchant d’un côté ou de l’autre et permettant des alternances. Les extrêmes, à droite ou à gauche, ne jouaient que les figurants lors des premiers tours et pouvaient assurer l’élection du second tour.

La campagne électorale d’Emmanuel MACRON, en 2017, a commencé à contrarier cette approche. Il prétendait être « ni de gauche, ni de droite ». On aurait pu alors considérer qu’il était centriste. Il a démontré rapidement qu’il n’était en réalité « ni de gauche, ni de gauche » mais bien porteur d’une politique libérale qui le rangeait à droite.

Aujourd’hui, la situation s’est considérablement modifiée. Il n’y a plus deux grandes sensibilités politiques, la Gauche et la Droite, mais quatre, les extrêmes recueillant des suffrages qui les placent en position telles que leurs candidats peuvent être présents au second tour. On a connu cela en 2002, en 2017 et en 2022. Dans les trois cas, le candidat de droite a été élu, celui ou celle d’extrême-droite ayant été éliminé.

Pour 2027, de nombreux observateurs estiment possible, sinon probable, un affrontement entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche au second tour. Ce cas de figure qui conduirait forcément à l’élection d’un Chef de l’Etat extrémiste serait d’une gravité considérable. La République, la Démocratie, l’Europe, nos Institutions seraient menacées de bouleversements difficiles à imaginer.

Le positionnement d’une partie de la Droite traditionnelle tendant à se rapprocher de l’extrême-droite rend la situation encore plus préoccupante. Les déclarations de RETAILLEAU, qui dirige le Parti LR, héritier du gaullisme, traduisent une évolution très inquiétante. L’accord politique passé entre BELLAMY, tête de liste LR aux dernières élections européennes et BARDELLA pour voter ensemble, au Parlement européen la révision du règlement « Retour » entraînant un durcissement de la politique migratoire témoigne d’une xénophobie voire d’un racisme partagés. Il y a de moins en moins de différence entre la Droite et l’extrême-droite.

La situation est grave mais pas désespérée pour reprendre le titre d’un film sorti en 1976. Il suffit que les organisations politiques et leurs responsables, leurs candidats à l’élection présidentielle (nombreux !) manifestent leur détermination à combattre les extrêmes. Des arguments, convaincants pour les citoyennes et citoyens susceptibles de voter pour les extrêmes, seront avancés afin de démontrer les dangers des mesures et des intentions présentées. Tel doit être l’objectif de tous les républicains pour les dix mois à venir. 

lundi 15 juin 2026

Appel à la sagesse

Le quotidien national Libération publie ce jour une tribune signée par les maires socialistes de Lille et de Nantes, écologiste de Grenoble et communiste de Nîmes, appelant la Gauche de Gouvernement à se rassembler en vue de l’élection présidentielle de 2027. Ils ont mille fois raison d’inviter les responsables politiques de cette Gauche à s’inspirer de ce que ce rassemblement aura permis dans de nombreuses villes lors des élections municipales de mars dernier.

Le rassemblement autour d’un programme partagé et d’une candidature est la seule voie possible à suivre pour être présent au second tour.

Rassemblement de la Gauche, certes, mais d’abord, pour le PS, rassembler les Socialistes doit être la priorité. Ce fut la ligne suivie par François MITTERRAND et Pierre MAUROY en 1971. Elle a conduit à la victoire de 1981. Si la direction actuelle du Parti Socialiste, avec Olivier FAURE, ne se fixe pas cet objectif, elle mènera à la désillusion, voire la désespérance que nous avons connue en 2017 et en 2022. 

L’extrême-droite, dont l’audience a progressé dans l’opinion dans des proportions angoissantes, obtiendra des résultats proches de ce que les sondages nous annoncent. Ces résultats permettront au candidat ou à la candidate du RN d’être présent au second tour comme ce fut le cas en 2017 et en 2022. Il faut donc tout mettre en œuvre pour que l’électorat de gauche trouve dans les propositions formulées des réponses à ses attentes.

Ces réponses ne figurent pas dans le projet porté par les Insoumis de Jean-Luc MÉLENCHON. Leurs suggestions pourraient figurer dans un registre des bonnes intentions. Elles ne tiennent pas compte de la différence à faire entre l’idéal et la réalité telle que nous l’a apprise Jean JAURÈS.

Dans ce contexte, le calendrier est évident. Le Premier Secrétaire du PS doit annoncer rapidement l’abandon de la procédure de la primaire. C’est la volonté de la majorité du Parti. Viendra, d’ici quelques jours, l’adoption du programme de gouvernement des Socialistes. Il servira de base à la recherche d’un accord avec toutes les organisations qui s’inscriront dans cette volonté commune d’une action politique fondamentalement différente de celle menée par la macronie libérale depuis neuf ans.

Alors, celui ou celle qui portera ces propositions partagées pourra être désigné. On ne le répètera jamais assez : cette désignation devra permettre à la personnalité retenue d’être présente au second tour. Pour la plupart de celles et de ceux qui, aujourd’hui, s’inspirant sans doute de ce que nous avons connu en 2017 avec Emmanuel MACRON, affichent une intention de candidature, souhaitons que la sagesse leur fasse prendre conscience de leurs limites.

jeudi 11 juin 2026

Des conditions

Si la coupe du monde de football retiendra assurément l’attention de l’opinion pendant les semaines à venir, cet évènement ne doit pas occulter la dramatique situation dans laquelle se trouvent les Ukrainiens, les Libanais, les Palestiniens et d’une manière générale, toutes les populations vivant dans des pays où la guerre fait des victimes tous les jours.

Il ne doit pas non plus faire perdre de vue la préparation des évènements politiques à venir en France. L’élection présidentielle d’avril 2027 doit figurer en bonne place parmi les sujets de préoccupation des responsables politiques. Malheureusement, il semblerait que ce soit davantage les déclarations de candidatures qui l’emportent sur les conditions à mettre en œuvre pour garantir la présence au second tour du candidat de la Gauche de Gouvernement.

Parmi ces conditions un accord programmatique doit être conclu entre les organisations qui ont déjà gouverné ensemble, Socialistes, Communistes, Ecologistes, Radicaux de Gauche notamment. Bien entendu, cela n’exclut pas celles et ceux qui voudraient participer à la mise en œuvre d’une autre politique, la Convention de Bernard CAZENEUVE ou Place Publique de Raphaël GLUCKSMANN. Les propositions ne manquent pas. Les Socialistes discutent d’un projet qui sera, après son adoption par les militants, soumis à la discussion avec toutes celles et tous ceux qui ont réellement envie de rétablir la justice sociale après l’échec en ce domaine de la macronie libérale.

La direction du Parti Socialiste doit rapidement faire connaître la décision de renoncer à l’organisation d’une primaire. Le PS est un parti démocratique. Il est évident qu’il n’y a pas de majorité en son sein pour user de cette forme de désignation. Alors, à quoi bon tergiverser et laisser croire à « un vote sur un hypothétique vote ouvrant la voie à un improbable vote » pour citer un journaliste de la presse nationale.

Si cette question était réglée, on pourrait alors arrêter le calendrier d’élaboration d’un programme de gouvernement, commun et partagé par le plus grand nombre d’organisations de Gauche. S’il en était qui refuseraient ce processus pour s’engager, seul, dans la course à la présidence, ils prendraient le risque de faire perdre, une nouvelle fois, la Gauche, après ses échecs de 2017 et 2022.

La multiplicité des candidatures à gauche (elle existe également à droite) n’est pas en soi un problème. Déclarer sa candidature est facile. Etre élu est plus difficile. Pour cette élection à la fonction majeure de notre République il faut avoir des compétences que de nombreux candidats, déclarés ou non, ne possèdent pas. Souhaitons qu’ils aient conscience de s’en rendre compte.


lundi 8 juin 2026

Un drame

L’assassinat d’une fillette de 11 ans, dans le Gers, soulève une légitime émotion dans le pays. Chacun se demande si cela pourrait arriver à un de ses enfants ou petits-enfants, à l’un de ses proches. Cette approche accroît davantage encore l’émotion quand on apprend que cet assassinat a été précédé d’agression sexuelle et que la personne qui a été interpellée et suspectée a fait l’objet de plaintes dans un passé récent pour des actes de même nature. Ces plaintes n’ayant pas eu les suites judiciaires que l’on est en droit d’attendre, la colère fait suite à l’émotion et des exigences de sanctions à l’encontre des responsables, de lourdes condamnations des coupables, s’expriment.

Ni l’émotion, ni la colère ne permettent de régler un problème d’une telle gravité. Les responsables politiques doivent analyser sereinement les problèmes posés que cette affaire a mis sur le devant de l’actualité. Le moment est mal choisi pour formuler des déclarations intempestives comme l’a fait Monsieur RETAILLEAU ou l’extrême-droite ou pour faire de la communication comme celle à laquelle procède le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.

Annoncer des chiffres impressionnants concernant le nombre d’enfants agressés sexuellement ou la quantité d’affaires en souffrance dans les tribunaux, convoquer en urgence au Ministère de la Justice les procureurs généraux s’apparente davantage à une volonté de « noyer le poisson ».

Il faut d’abord situer les responsabilités des services de l’Etat, police, justice, dans le drame de Fleurance, dans le Gers. L’enquête administrative annoncée permettra d’en savoir plus. S’il apparaît que des fonctionnaires de police ou des magistrats ont commis des fautes, négligences ou autre, ils devront faire l’objet de sanctions. N’oublions pas cependant que ces fonctionnaires ou magistrats dépendent d’une hiérarchie dirigée par le Gouvernement et ses ministres concernés, Intérieur et Justice. Celui qui est au sommet de cette hiérarchie est le premier responsable des failles, des erreurs, des insuffisances qui ont eu des conséquences dramatiques. Or, le responsable comme son nom l’indique, doit assumer ses responsabilités et en tirer les conclusions morales qui s’imposent, présenter sa démission.

Cela ne ramènera pas à la vie la fillette assassinée ni ne règlera les problèmes de fonctionnement de la Justice qui apparaissent au grand jour. C’est au pouvoir politique de résoudre ces problèmes. L’autorité judiciaire, c’est ainsi qu’on l’appelle dans notre Constitution, est indépendante. C’est un des grands principes de notre République qui découle de « l’Esprit des lois » de MONTESQUIEU. Cependant, les moyens dont elle dispose et la politique pénale relèvent du Parlement et du Gouvernement. C’est donc bien à ce niveau qu’il faut décider des moyens budgétaires nécessaires et penser à une meilleure relation entre les services de protection de l’enfance, l’école, la police et la justice.

Quand cela sera réalisé, on pourra communiquer.

jeudi 4 juin 2026

Rassembler pour gagner

Quand voudra-t-on bien considérer que la France, dans son organisation politique depuis des décennies, n’est pas faite pour des primaires. Ce mode de désignation est inspiré de ce qui existe aux Etats-Unis où les candidats démocrates ou républicains, sont élus par les électeurs de ces partis. La culture politique française ne permet pas ce mode de désignation, source d’affrontements ravageurs et de divisions stériles.

C’est dire que la proposition d’Olivier FAURE, Premier Secrétaire du PS, d’organiser une « double primaire » n’est pas adaptée et ne garantit pas, loin s’en faut, la présence du candidat de la Gauche de gouvernement au second tour de l’élection présidentielle. Ce sont plus que des réserves qui se sont exprimées dès cette annonce et cela de la part de responsables socialistes. Il est donc urgent de considérer cette hypothèse comme irréaliste et de passer à autre chose.

Cette autre chose est déjà sur le métier. C’est le programme socialiste tel qu’il est discuté actuellement par les militants socialistes. Il est prévu qu’il soit adopté avant la fin de ce mois de juin. Le PS pourra alors engager une campagne de reconquête de l’opinion en proposant des mesures qui répondront à l’attente de nos concitoyens.

On en connaît les thèmes majeurs : le pouvoir d’achat, la retraite, la protection sociale, la santé, l’environnement, le logement, l’éducation. Ce ne sera pas suffisant car la mise en œuvre de cette nouvelle politique nécessitera un rassemblement le plus large possible des forces de gauche désireuses de gouverner. Les Socialistes n’ont jamais prétendu, dans leur histoire, gouverner seuls. Ils ont toujours recherché des accords politiques. Ne citons, pour mémoire, que 1936 et le Front populaire, 1981 et le programme commun, 1997 et la Gauche plurielle. Si l’Histoire ne se répète pas, on le sait, elle doit inspirer la préparation de l’avenir.

Dans l’hypothèse de la réalisation d’un programme de gouvernement partagé, le temps sera alors venu de désigner celui ou celle qui permettra d’accéder au second tour. On peut regretter que notre système institutionnel limite ainsi la présence au second tour aux deux candidats arrivés en tête au premier tour. Ce dispositif a été imaginé afin de simplifier le choix des électeurs et alors que le paysage politique français n’était animé que par deux courants de pensée majoritaires. Désormais, les extrêmes sont installés dans le débat et il faut compter avec eux. 

Il est évidemment impossible de modifier la Constitution sur cette question, avant avril 2027. Par contre, bien qu’ils ne fassent pas l’élection, les sondages donnent une indication susceptible de faciliter le choix du candidat.

Il n’est donc pas nécessaire de se précipiter pour retenir une formule, la primaire, qui créera plus de problèmes qu’elle n'en résoudra. Procédons par ordre avec la volonté de rassembler pour gagner.

lundi 1 juin 2026

Actualité

La victoire du « Paris – Saint-Germain » (PSG), samedi soir, en Ligue des champions, a soulevé un enthousiasme énorme chez les supporters de cette équipe et, assurément, au-delà. Le « sport-spectacle » passionne un grand nombre de personnes. Il contribue à développer la pratique sportive chez nos concitoyens, chez les plus jeunes en particulier. En cela c’est une bonne chose.

Les 22 joueurs, sur le terrain de Budapest ont bien travaillé. Il s’agit bien d’un travail, particulièrement bien rémunéré, sans comparaison possible avec les salaires que perçoivent un grand nombre d’ouvriers et de techniciens exerçant un métier tout aussi pénible, sinon plus. 

C’est ainsi. Les enjeux financiers, économiques, politiques, culturels sont tels qu’on peut difficilement imaginer qu’il en soit autrement. Il ne faut donc retenir d’un évènement de cette nature que le plaisir qu’il suscite chez les supporters ou la qualité technique des joueurs sur le terrain qui séduit les amateurs de foot. On ne peut que déplorer les débordements provoqués intentionnellement par des fauteurs de troubles.

Après avoir reçu l’équipe du PSG à l’Elysée, le Président de la République se consacre aujourd’hui à un autre challenge, celui d’accueillir des investisseurs étrangers sur le territoire français. C’est l’opération « Choose France » qui amène le Chef de l’Etat à recevoir, à Versailles, des chefs d’entreprises français et étrangers qui ont fait le choix de développer des activités économiques dans notre pays. A l’heure du mondialisme et du libéralisme économique triomphant, le fait que la plus haute autorité de l’Etat se préoccupe de défendre les intérêts du pays n’est pas critiquable. Monsieur MACRON est sans doute plus à l’aise dans cette fonction que pour mettre en œuvre la justice sociale et la justice fiscale. Mais, là encore, c’est ainsi.

C’est cependant possible pour les citoyens, dans notre Démocratie, d’influencer les choix des responsables politiques. Les élections, présidentielle et législatives à venir, le permettront.

Une information d’importance est diffusée ce jour par la Confédération syndicale internationale (CSI) : les travailleurs voient leurs droits reculer, en France notamment qui connaît son plus mauvais classement, signe d’un déclin des droits des travailleurs. Rappelons que l’acquisition de ces droits s’est faite à partir de l’organisation du monde ouvrier dans les syndicats et les partis de gauche. Les Socialistes ont joué un rôle déterminant dans la satisfaction des revendications du monde du travail. C’est dès la fin du XIXème siècle, dans les années 1880, qu’à l’initiative de Jean JAURÈS et Jules GUESDE, l’action politique a été menée et permettra les premières avancées sociales. Il importe de toujours bien retenir que dans ce domaine rien n’est jamais définitivement acquis. La CSI le constate.

Aujourd’hui, le Parti Socialiste élabore un programme d’action gouvernementale qui apportera des réponses aux attentes de nos concitoyens. Il appartiendra à ces derniers de faire le choix de la responsabilité et de ne pas succomber aux sirènes de la démagogie des partis extrémistes.

jeudi 28 mai 2026

Les conditions de l’alternance

L’élection présidentielle à venir fera couler encore beaucoup d’encre, suscitera de nombreux commentaires durant les dix mois qui nous séparent de cette échéance. Les candidatures fleurissent jour après jour. Elles sont franchement déclarées ou plus ou moins évoquées au détour de la publication d’un livre-programme.

Nous   l’avons   déjà   dit   :   laissons   la   droite   s’organiser   avec   ses « champions ». Préoccupons-nous de la gauche qui demeure l’alternance possible et souhaitable après les dix années de libéralisme macronien et le pouvoir vertical exercé par l’inventeur du « ni-ni ». L’objectif final sera, in-fine, d’éliminer l’extrême-droite qui sera vraisemblablement en lice au second tour. Jean-Luc MÉLENCHON ne pourra pas être élu dans l’hypothèse où il serait l’un des deux candidats arrivés en tête au 1er tour. La conflictualité qu’il entretient comme méthode d’action politique entraînera un rejet à son égard de la part d’un électorat modéré qui préfèrera prendre le risque d’avoir un Président de la République d’extrême-droite.

Il importe donc pour la Gauche responsable de s’organiser en conséquence et de proposer un programme partagé et un ou une candidat(e) de rassemblement. La Gauche a un bilan positif qu’elle n’a pas su valoriser suffisamment. Cela a eu pour conséquence de lui faire perdre les élections qui suivaient son passage au gouvernement.

La référence au Front Populaire de 1936 dont on célèbre en cette période le 90ème anniversaire, ne doit pas être négligée. C’est cette action gouvernementale conduite alors par Léon BLUM qui a jeté les bases des avancées sociales dont on bénéficie encore aujourd’hui. La présidence de François MITTERRAND pendant 14 ans puis celle de François HOLLANDE pendant 5 ans avec, entre les deux, le Gouvernement de Lionel JOSPIN pendant 5 ans, ont été des périodes au cours desquelles des décisions d’une très grande importance ont été prises. Cela concerne la protection sociale mais aussi l’éducation, l’environnement, la santé, le développement économique, la culture. C’est tout cela qu’il faut rappeler encore et toujours à nos concitoyens qui oublient le rôle de la Gauche, et des socialistes en particulier, dans ces avancées. 

Des propositions programmatiques commencent à circuler. C’est une bonne chose. L’étape suivante devra être consacrée à la mise en commun de ces propositions. Il sera alors de la responsabilité des porteurs de ces programmes de faire les concessions nécessaires pour aboutir à un accord.

La période estivale dans laquelle nous entrons sera mise à profit pour la réalisation de ce travail.

C’est alors que pourra être choisi celui ou celle qui portera ces propositions devant les Françaises et les Français. Cette candidature devra permettre d’être présent au second tour. Pour obtenir ce résultat, les ambitions déjà exprimées ou sous-entendues ne le permettront pas pour beaucoup d’entre elles. Il faut souhaiter des prises de conscience individuelle chez celles et ceux qui n’ont manifestement pas le costume pour être Chef de l’Etat.

lundi 25 mai 2026

Dans moins d’un an…(2)

Le mois de mai s’achève, marqué par ses nombreux jours fériés, le pont de l’Ascension. Dans moins d’un an, la France aura un nouveau ou une nouvelle Président(e) de la République. Difficile de dire qui occupera ces fonctions parmi les candidatures déclarées ou susceptibles de l’être. Les sondages et, plus sûrement encore, les résultats électoraux des consultations de ces derniers mois permettent de penser que le candidat ou la candidate d’extrême-droite sera présent au second tour. On ne dira jamais assez que cette mouvance est dans le droit fil de ces théories fascistes, racistes, xénophobes qui ont provoqué des millions de morts il y a quatre-vingts ans.

Nos concitoyens semblent avoir oublié et beaucoup d’entre eux votent pour les candidats porteurs de ces idées néfastes. Le comportement et les prises de position des maires du Rassemblement National élus il y a deux mois devraient pourtant faire prendre conscience des dangers qui pèseraient sur la Démocratie et sur la République en cas d’arrivée au pouvoir du RN et de ses alliés.

Pour l’heure, on ne connaît pas précisément leur programme gouvernemental. Ils continuent sans cesse de cultiver l’idée que la présence d’étrangers sur notre territoire est à l’origine des problèmes auxquels sont confrontés les Français. C’est un peu court. Il faudra donc attendre de connaître plus précisément leurs intentions dans tous les domaines de notre vie collective : système éducatif, protection sociale et son financement, culture, fiscalité, protection de l’environnement, Europe, politique internationale pour alors démontrer l’irrecevabilité de leurs propositions.

Dans cette perspective, la Gauche et la Droite républicaine doivent se mettre en situation de contrarier l’audience de l’extrême-droite dans l’opinion. Laissons à cette dernière le soin de s’organiser.

A gauche, le Parti Socialiste disposera d’un programme dans quelques temps. Les militants en discutent, apportent leurs observations et complètent le projet élaboré par la direction du parti. Le processus démocratique mérite d’être rappelé et souligné. Dans un mois, après le vote interne au PS pour adopter ce programme, la discussion pourra s’engager avec les partenaires désireux de gouverner ensemble. Les socialistes, les communistes, les écologistes, toutes celles et tous ceux qui souhaitent une alternance au libéralisme macronien devront adopter un programme commun. 

Viendra alors le moment du choix de celui ou de celle qui portera ce programme. Ce ne sera pas la chose la plus aisée. La question à laquelle il faudra répondre est évidente : qui est en capacité d’être présent au second tour ? En politique, les ambitions sont le préalable à l’action. Elles ne doivent pas desservir les intérêts collectifs. La responsabilité de chaque candidat ou candidate, de chaque responsable de parti ou de mouvement sera de privilégier une candidature de rassemblement.

lundi 18 mai 2026

Protéger les avancées sociales

L’élection présidentielle au suffrage universel à une influence incontestable sur les élections législatives qui suivent, soit à l’échéance normale, soit après dissolution de l’Assemblée Nationale par le Président nouvellement élu. C’est dire combien il faut regarder de près les propositions des candidats aux fonctions de Chef de l’Etat car celui ou celle qui sera élu(e) voudra disposer d’une majorité parlementaire pour mettre en œuvre sa politique. 

Dans la « pré-campagne » qui s’est engagée au lendemain des municipales, plusieurs candidats dont l’appartenance à la Droite ou à l’extrême-droite ne fait aucun doute, envisagent de remettre en cause les avancées sociales de ces dernières décennies. C’est le cas de la retraite et de l’âge de départ. Cela concerne également la durée hebdomadaire du temps de travail puisque les 35 heures sont à nouveau la cible.

On connaît la position idéologique de la droite libérale vis-à-vis de tout ce qui concerne la solidarité et notamment la redistribution des richesses. Désormais l’extrême-droite lepéniste sous prétexte de mettre fin à l’assistanat dont profiteraient certains et pour donner des gages au patronat formule des propositions anti-sociales.

On sait l’attachement de nos concitoyens aux mesures qui ont visé, au fil des années à assurer une meilleure justice sociale. Cela a commencé en 1936 avec le gouvernement du Front Populaire de Léon BLUM. Par la suite, au fil des années, la situation des salariés français a continué à être améliorée. On observera qu’à chaque fois ce sont des Gouvernements et des majorités au sein desquels les Socialistes jouaient un rôle déterminant. 

L’extrême-droite a renforcé son audience dans l’opinion en se positionnant comme le meilleur défenseur des classes moyennes et populaires. Or elle montre actuellement son véritable visage anti-social. Il importe donc désormais non seulement de dénoncer ses positions fascistes, racistes et xénophobes mais aussi ses intentions réactionnaires en matière sociale. Les électrices et les électeurs qui ont voté à gauche dans un passé plus ou moins récent mais qui ont élu des candidats du RN, tant aux élections locales que nationales, doivent savoir ce qui se passerait si ce parti extrémiste arrivait au pouvoir.

Pour contrer cette perspective, il faut un projet ambitieux, crédible et réaliste qui apportera des réponses aux préoccupations des Français, non seulement dans le domaine économique mais aussi, et peut-être surtout, en matière sociale. C’est l’objectif que doit se fixer aujourd’hui le Parti Socialiste.