Réagissez !

lundi 16 mars 2026

Tout est possible

Pourquoi  autant  d’électrices  et  d’électeurs  ont-ils  apporté  leurs suffrages aux candidats mélenchonistes, au premier tour des élections municipales ?

Cette question était dans beaucoup de têtes hier soir. L’analyse de cette situation nécessite d’être approfondie et de s’en donner le temps. Pour l’heure, il s’agit de préparer le second tour de dimanche prochain et de se donner les moyens de battre la droite et l’extrême-droite.

Néanmoins, on peut d’ores et déjà considérer que ces résultats obtenus par LFI démontrent que la Gauche, et en son sein les Socialistes, n’a pas réussi à retrouver la confiance des citoyennes et des citoyens. Un nombre important d’entre eux n’a pas tenu compte des propos outranciers tenus par MÉLENCHON ces dernières semaines. Ils n’ont pas non plus trouvé de réponse satisfaisante à leurs attentes dans le projet politique du PS pour la France et pour l’Europe. Les résultats constatés ce dimanche soir nous entraîneraient vers un second tour de l’élection présidentielle où s’affronteraient les deux candidats extrémistes. 

Au premier tour, on choisit, au second, on élimine. Cette maxime à laquelle on fait souvent référence dans notre système électoral à deux tours est plus que jamais d’actualité. Dans de nombreuses communes où il y aura un second tour, la Gauche doit éliminer la droite et l’extrême-droite. Pour les Socialistes, cet objectif est clair. Pour ce faire, il faudra passer soit par des fusions de listes, soit par des retraits avec ou non appel à voter pour la liste de Gauche qui resterait en compétition. 

Pour la Gauche de Gouvernement, socialistes, communistes, écologistes, la fusion des listes doit être recherchée afin de créer les conditions de la victoire dimanche prochain. Ceux qui dérogeraient à cet objectif prendraient le risque de favoriser l’adversaire. Ces fusions devront se réaliser dans la clarté des alliances. Le Parti Socialiste a clairement défini sa position quant à sa relation avec LFI : pas d’accord national transposable partout en France. Les écologistes, bien que connaissant un net recul de leur audience par rapport aux scrutins précédents, peuvent, pour le second tour, confirmer leur attachement à la Gauche de Gouvernement et ne pas se tourner vers les extrémistes. C’est incontestablement ce que souhaitent leurs électrices et électeurs. Tous les sondages le confirment.

Dès que seront connus les éventuels accords passés entre les candidats du premier tour, on pourra mener la campagne électorale de la semaine pour permettre, in fine, la victoire de la Gauche responsable. On ne peut que déplorer que MÉLENCHON ne cesse d’invectiver les socialistes depuis hier soir parce que, ici et là et à Marseille en particulier, le PS n’envisage pas une alliance électorale avec les Insoumis. Dans certains cas, leur refus de se retirer au second tour ne pourrait que favoriser la droite et l’extrême-droite.

En politique, rien n’est jamais définitif. Tout est donc possible.

vendredi 13 mars 2026

Un scrutin déterminant

Dans deux jours, les Françaises et les Français auront choisi la liste de candidats et le maire qu’ils souhaiteraient voir diriger leur commune, ville ou village. Dans de nombreux cas il faudra un deuxième tour et c’est là que les incertitudes demeureront. La présence d’une seule liste ou de deux garantit l’élection dès dimanche. Ailleurs, il faudra revoter le 22 mars. Entre-temps, des accords politiques interviendront entre les listes susceptibles d’être encore en lice pour le second tour. Ces accords seront portés dans la plupart des cas par les organisations politiques locales.

Pour les socialistes, les communistes et les écologistes, il n’y a pas d’ambiguïté : il faut battre la droite dans laquelle s’est rangée la macronie et éliminer l’extrême-droite. Cette dernière intention n’est pas la plus facile à réaliser. De plus en plus de nos concitoyens apportent leur suffrage aux candidats lepénistes ou à leurs alliés. Certains à droite, tel le président des Républicains, RETAILLEAU, reprennent à leur compte les thèses portées par l’extrême-droite et n’excluent pas des accords électoraux avec les héritiers du fascisme, du pétainisme, voire du nazisme. C’est inimaginable que l’on en soit arrivé à ce point de l’oubli des drames provoqués par ces idéologies et que l’on croyait à jamais disparus quatre-vingt ans plus tard.

Dans cette campagne électorale municipale, une autre organisation retient l’attention des médias : les mélenchonistes. Ceux-ci pratiquent un « culte du chef » qui les amène à défendre des positions en contradiction avec les valeurs républicaines, avec le respect de la Démocratie. Les Insoumis ne sont pas une organisation de Gauche. Leurs électeurs le sont assurément pour la plupart. Ce sont eux qu’il faut convaincre qu’ils ont été trompés. En présentant des candidats dans les villes dirigées par la Gauche, et par les socialistes en particulier, les Insoumis ont repris à leur compte la formule des staliniens en 1936 : il faut « plumer la volaille socialiste ». Il ne faut pas être à gauche pour afficher une telle intention.

Le Parti Socialiste a rejeté l’hypothèse d’un accord national avec LFI. C’est une bonne chose. Cela n’exclut pas les analyses locales des résultats du premier tour pour préparer le deuxième tour avec cet objectif déjà évoqué ici, battre la droite et éliminer l’extrême-droite.

Dimanche soir, on connaîtra le choix de nos concitoyens. C’est à partir de là que des décisions déterminantes devront être prises, pour le second tour des municipales d’abord, mais aussi pour la préparation de l’élection présidentielle de 2027.