Depuis un peu plus de quatre mois, avec la nomination de l’actuel Premier Ministre, Sébastien LECORNU, le 10 octobre dernier, la France est entrée dans une nouvelle ère de sa vie politique. L’absence de majorité à l’Assemblée Nationale a changé la donne. Depuis 1958, la Constitution de la Vème République définissait l’action politique dans notre pays à partir des décisions de la majorité des députés, elle-même soutenant le Gouvernement.
Est-ce à dire qu’il faut changer la Constitution ? Certainement pas. Ce serait ajouter de la confusion à une situation rendue particulièrement difficile par la méthode de gouvernance pratiquée par le Chef de l’Etat. Même si quelques adaptations de notre texte fondamental sont souhaitables, le plus important est de s’inscrire désormais dans la recherche du compromis qui permet de gouverner le pays.
C’est ce que nous avons connu au moment du débat budgétaire. C’est ce qu’il nous faut encourager jusqu’à la prochaine consultation du peuple souverain. Dans une Démocratie, l’expression des idées, des propositions est généralement contradictoire. Cela n’empêche pas, sans pour autant renoncer à défendre une politique, de trouver un accord avec l’autre partie. Nous ne sommes plus à une confrontation entre la Gauche et la Droite. La présence de mouvements extrémistes dans le paysage politique français oblige à diminuer au maximum l’audience que peuvent recueillir dans l’opinion ces mouvements. Ils font peser de graves dangers sur la Démocratie, les libertés, les institutions, la République.
A gauche, la clarification est engagée. L’époque semble révolue où les mélenchonistes, forts des résultats obtenus par leur leader en 2022, voulaient imposer leurs théories. On attend d’eux qu’ils se déterminent plus clairement qu’ils ne l’ont fait jusqu’alors en regard de l’assassinat d’un jeune à Lyon. Il y a encore trop d’ambiguïté qui demeure dans les déclarations des responsables de LFI et dans le soutien apporté à certains de leurs membres, députés et collaborateurs.
A droite, la confusion continue d’être entretenue par Bruno RETAILLEAU, président de LR, candidat à la présidentielle et qui reprend de plus en plus à son compte les positions du RN. Des voix se font entendre pour dénoncer cette orientation, celle de Xavier BERTRAND notamment. Il en faudrait d’autres afin que les libéraux redeviennent partenaires du front républicain nécessaire pour lutter contre l’extrême-droite lepéniste.
Dans trois semaines, nous serons au lendemain du premier tour des élections municipales. On disposera d’éléments d’appréciation qui découleront à la fois des résultats obtenus par les organisations politiques mais aussi des alliances qui se concluront pour le second tour. En attendant cette échéance, continuons de porter et de défendre les valeurs de tolérance, de liberté, de solidarité qui font défaut dans les rangs extrémistes.