Réagissez !

lundi 23 février 2026

Clarification

Depuis un peu plus de quatre mois, avec la nomination de l’actuel Premier Ministre, Sébastien LECORNU, le 10 octobre dernier, la France est entrée dans une nouvelle ère de sa vie politique. L’absence de majorité à l’Assemblée Nationale a changé la donne. Depuis 1958, la Constitution de la Vème République définissait l’action politique dans notre pays à partir des décisions de la majorité des députés, elle-même soutenant le Gouvernement.

Est-ce à dire qu’il faut changer la Constitution ? Certainement pas. Ce serait ajouter de la confusion à une situation rendue particulièrement difficile par la méthode de gouvernance pratiquée par le Chef de l’Etat. Même si quelques adaptations de notre texte fondamental sont souhaitables, le plus important est de s’inscrire désormais dans la recherche du compromis qui permet de gouverner le pays.

C’est ce que nous avons connu au moment du débat budgétaire. C’est ce qu’il nous faut encourager jusqu’à la prochaine consultation du peuple souverain. Dans une Démocratie, l’expression des idées, des propositions est généralement contradictoire. Cela n’empêche pas, sans pour autant renoncer à défendre une politique, de trouver un accord avec l’autre partie. Nous ne sommes plus à une confrontation entre la Gauche et la Droite. La présence de mouvements extrémistes dans le paysage politique français oblige à diminuer au maximum l’audience que peuvent recueillir dans l’opinion ces mouvements. Ils font peser de graves dangers sur la Démocratie, les libertés, les institutions, la République.

A gauche, la clarification est engagée. L’époque semble révolue où les mélenchonistes, forts des résultats obtenus par leur leader en 2022, voulaient imposer leurs théories. On attend d’eux qu’ils se déterminent plus clairement qu’ils ne l’ont fait jusqu’alors en regard de l’assassinat d’un jeune à Lyon. Il y a encore trop d’ambiguïté qui demeure dans les déclarations des responsables de LFI et dans le soutien apporté à certains de leurs membres, députés et collaborateurs.

A droite, la confusion continue d’être entretenue par Bruno RETAILLEAU, président de LR, candidat à la présidentielle et qui reprend de plus en plus à son compte les positions du RN. Des voix se font entendre pour dénoncer cette orientation, celle de Xavier BERTRAND notamment. Il en faudrait d’autres afin que les libéraux redeviennent partenaires du front républicain nécessaire pour lutter contre l’extrême-droite lepéniste.

Dans trois semaines, nous serons au lendemain du premier tour des élections municipales. On disposera d’éléments d’appréciation qui découleront à la fois des résultats obtenus par les organisations politiques mais aussi des alliances qui se concluront pour le second tour. En attendant cette échéance, continuons de porter et de défendre les valeurs de tolérance, de liberté, de solidarité qui font défaut dans les rangs extrémistes.

jeudi 19 février 2026

Contre l’outrance

L’émotion soulevée par la mort d’un jeune militant d’extrême-droite, assassiné par d’autres militants, d’extrême-gauche ceux-là, continue d’être très vive dans l’opinion. Comment peut-on aller jusqu’à tuer un adversaire politique dans un pays démocratique ? C’est la question qui se pose aujourd’hui aux responsables politiques et à tous les citoyens défenseurs des libertés individuelles et collectives.

La mort de ce jeune homme est inadmissible et insupportable. L’est tout autant l’exploitation qui est faite de ce drame par certains. Le Gouvernement est concerné au premier chef. Les déclarations du Ministre de la Justice, Gérald DARMANIN, ou de la porte-parole sont inappropriées ? En vertu du principe fondamental de séparation des pouvoirs, l’Exécutif doit s’en tenir à rappeler que c’est à la justice qu’il revient désormais de rechercher, de juger et de punir les coupables.

Parce que la victime est issue de ses rangs, l’extrême-droite récupère à son avantage ce drame. Il faudrait un peu plus de retenue de la part de ceux dont l’idéologie trouve ses fondements dans le pétainisme, lui-même complice du nazisme et du fascisme. Le Rassemblement National, son président, BARDELLA, peut-être candidat à l’élection présidentielle de l’an prochain, pensent tirer un bénéfice à leur profit. Les citoyennes et les citoyens qui se laisseraient convaincre que leur sécurité et leur avenir passent par un vote pour l’extrême-droite se tromperaient lourdement. Celle-ci n’a qu’un seul objectif, celui de mettre à mal nos institutions, la Démocratie, la République.

Le comportement, les déclarations des responsables mélenchonistes ne sont pas davantage acceptables. Continuer à soutenir le mouvement extrémiste dissous en juin 2025 et dont des responsables sont très vraisemblablement impliqués dans cet assassinat, c’est se rendre complice d’un crime. Les Insoumis se disent victimes d’un complot à leur encontre, pensant sans doute que se victimiser leur permettra de ne pas être éclaboussés.

On observe pourtant que ce comportement extrémiste (de Gauche ?) se traduit par des attaques permanentes contre le Parti Socialiste. La campagne électorale des municipales en fournit de nombreuses illustrations. Les candidats LFI n’ambitionnent qu’une seule chose, battre les élus socialistes lorsqu’ils sont sortants, imposer leurs méthodes totalitaires en reniant leur appartenance supposée à la Gauche.

François HOLLANDE a eu raison de déclarer que la relation avec LFI est rompue. Olivier FAURE, au nom du PS, a dénoncé les outrances des Insoumis et leur refus de renoncer à une relation avec un groupe dont certains de ses membres ont été condamnés pour violences volontaires. C’est une clarification nécessaire dans le contexte du moment. 

Il faut désormais que la Gauche attachée à la Démocratie et au débat dénué de violence s’emploie à se rassembler et à retrouver le soutien de l’opinion.