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lundi 12 octobre 2026

Au lendemain d’une désignation

La désignation de Raphaël GLUCKSMANN, hier, par les votants à la primaire pour être le candidat des sociaux-démocrates (et donc des Socialistes) à l’élection présidentielle de 2027 ne constitue qu’une étape dans un processus de reconquête politique pour la Gauche de Gouvernement. Il y a encore beaucoup à faire avant d’arriver au second tour de cette élection. Il faut d’abord se rassembler et, surtout, se mobiliser car, cette fois, contrairement à 2011 et ses 2,8 millions de votants, la primaire elle-même n’offre pas cette dynamique. 

Les résultats de ce vote doivent être analysés avec circonspection, notamment pour ce qui concerne le nombre de voix obtenues par Olivier FAURE, Premier Secrétaire du PS. Une majorité de membres du PS n’a manifestement pas voté pour lui. Cela ne remet pas en question sa fonction sauf si lui-même en décidait autrement. L’heure est à l’organisation de la campagne électorale et à l’observation attentive des intentions de vote qui apparaîtront dans les sondages qui vont fleurir dans les jours à venir. C’est à partir de cela que l’on pourra apprécier les chances du candidat GLUCKSMANN d’être présent ou non au second tour de la présidentielle.

Une conclusion évidente peut cependant être tirée de ces résultats : une très large majorité des votants ne veulent pas d’un accord avec LFI. Pour autant, il y a parmi les électrices et les électeurs de cette organisation des personnes de gauche qu’il faut convaincre d’adopter une position rationnelle. Jean-Luc MÉLENCHON ne sera pas élu Président de la République. Dans le cas d’un duel de second tour entre lui et la candidate d’extrême-droite, l’électorat de droite soutiendra cette dernière ou s’abstiendra. Il importe donc de tout faire pour qu’il y ait un candidat de la Gauche de Gouvernement présent au second tour.

En politique, rien n’est jamais définitif. Raphaël GLUCKSMANN a été désigné. A lui de démontrer ses capacités et son sens politique pour résister aux attaques dont il va être l’objet. Cela a commencé avec les commentaires de la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine TONDELIER, qui considère que la désignation de Raphaël GLUCKSMANN est celle du « candidat du repli ». La défense de l’environnement et la protection de la planète n’est pas l’apanage du parti écologiste. Le PS en particulier en a fait un de ses thèmes prioritaires dans ses propositions programmatiques. L’intérêt collectif doit l’emporter sur les ambitions personnelles et le rassemblement de la Gauche est la priorité.

Six mois nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle. Utilisons ce temps pour défendre les valeurs de solidarité, de démocratie, de libertés, de laïcité dont le Parti Socialiste est porteur depuis plus d’un siècle.

jeudi 8 octobre 2026

Répondre aux revendications des lycéens

« Nous  sommes  dans  une  situation  difficile ».  C’est  par  ces  mots d’une   grande   évidence   que  le  Premier  Ministre   a  commencé  son « discours », hier  soir. Il  s’agissait  bien  d’un  discours, sans interpellation, sans  demande  de  précision,  sans  contradiction. C’est la méthode  « LECORNU ». Pourquoi pas. Un responsable politique, a fortiori un Premier Ministre, peut choisir sa méthode de communication. Celle qu’il a choisie, dans un contexte de crise grave, n’était pas adaptée à la « situation difficile » reconnue d’entrée de jeu.

On avait le sentiment qu’il assurait un « service minimum », à la demande du Président de la République qui choisissait de partir en Croatie au prétexte d’un sommet des pays du Sud de l’Union Européenne. Courage, fuyons !...

Il ne faudrait pas oublier que la situation de la France, aujourd’hui, est la résultante d’une politique conduite depuis dix ans par Monsieur MACRON qui aura « usé » pas moins de sept Premiers Ministres. Oui, nous sommes dans une « situation difficile ». Le mouvement des lycéens a mis l’accent sur le bilan catastrophique de notre système éducatif. La responsabilité de la macronie en la matière est lourde de conséquences. L’Education Nationale aura été particulièrement malmenée ces dernières années. Les moyens de l’Etat, la considération à l’égard des enseignants, l’intérêt des enfants et des adolescents, tout cela n’a jamais été pris en compte par les différents gouvernements qui se sont succédé depuis dix ans. Aujourd’hui, les lycéens sont dans la rue et le gouvernement leur répond par des actions de maintien de l’ordre violentes.

Face à cette réalité, le Premier Ministre n’a apporté aucune réponse concrète renvoyant à plus tard les suites que le gouvernement entend donner aux revendications des lycéens. Il lui a paru plus important d’annoncer des mesures relatives au prix des carburants. Cela pèse en effet lourdement sur le budget des ménages.

Les Députés ont commencé l’examen du projet de budget du gouvernement. La copie est loin d’être satisfaisante et le débat parlementaire fera apparaître les aspects négatifs d’une politique libérale qui pèse sur la solidarité et qui refuse de trouver des recettes auprès des détenteurs des plus hauts revenus.

C’est un sujet sur lequel nous aurons l’occasion de revenir. Se posera, à un certain moment, le problème de l’adoption indispensable de ce budget sous une forme ou sous une autre, et celui d’une motion de censure qui ne manquera pas d’être soumise au vote des députés.

Mais, chaque chose en son temps. Pour l’heure, c’est la situation dans les lycées qui doit être traitée.