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jeudi 14 mai 2026

Le sens des responsabilités

Depuis  la  dissolution  ratée  de  l’Assemblée  Nationale  en  juin  2024, on  a  pu  constater  le  rôle  secondaire   du  Président   de  la République dans  l’action  politique  nationale. On  l’avait  déjà  observé lors  des « cohabitations » et notamment entre 1997 et 2002. Durant ces cinq années là, c’est bien le gouvernement et son Premier Ministre, Lionel JOSPIN, qui ont conduit la politique de la France. Depuis deux ans, ce n’est pas tout à fait le même cas de figure. Il n’y a pas de majorité parlementaire ce qui a conduit à deux chutes des Gouvernements BARNIER puis BAYROU. Le Premier Ministre LECORNU est supposé être en phase avec le Chef de l’Etat. Il a cependant été contraint à des compromis pour que la France ait un budget pour 2026. Qui plus est, les députés macronistes sont minoritaires. Ils sont amenés à s’allier avec la Droite pour faire passer certains textes de loi.

Cette situation démontre à l’évidence que la France est bien une Démocratie parlementaire. On peut donc s’interroger sur l’importance accordée à l’élection présidentielle par les organisations politiques, par les médias et, par voie de conséquence, l’intérêt que lui porte l’opinion publique. Cette élection au suffrage universel direct depuis la modification constitutionnelle de 1962 et son premier effet en 1965 a assurément suscité un regain d’intérêt pour la fonction.

Les candidats se présentent en porteur d’un projet politique, voire d’un programme législatif, et celui qui est élu sollicite alors le vote des électrices et des électeurs en faveur de députés qui lui permettront de mettre en œuvre ses propositions. C’est une raison suffisante pour que les partis politiques, dont le rôle est défini dès l’article 4 de notre Constitution, élaborent et fassent connaître leurs intentions en matière d’actions gouvernementales.

Le Parti Socialiste s’est engagé dans cet exercice. Dans quelques semaines, les adhérents du PS décideront de ce qu’ils souhaitent pour le pays et ses habitants dans tous les domaines de la vie collective. Le texte soumis au débat interne porte le nom de « Vivre libres » et décline toutes les conditions politiques, économiques, sociales, culturelles, environnementales, sociétales qui garantiront l’exercice de la liberté. 

Lorsque le texte du projet sera définitivement adopté, il deviendra la référence pour les Socialistes. Il faudra cependant en discuter avec les organisations susceptibles de participer à une majorité parlementaire de gauche et donc à une action gouvernementale. Ce ne sera pas chose aisée. Cependant, si on veut bien considérer que la Gauche est pluraliste et que, pour gouverner, elle a besoin de se rassembler, il est possible d’y parvenir. On entrerait alors dans une nouvelle ère d’union de la Gauche et de programme commun comme celle qui a permis l’élection de François MITTERRAND en 1981 ou de François HOLLANDE en 2012.

L’Histoire ne se répète pas mais elle nous éclaire pour préparer l’avenir. Celui-ci est entre les mains des responsables politiques, des candidates et candidats plus ou moins déclarés. Souhaitons que parmi ceux-là, toutes et tous aient bien le sens des responsabilités.

lundi 11 mai 2026

Ecarter le danger de l’extrême-droite

Les militants du Parti Socialiste, les électrices et les électeurs des candidats de ce parti s’interrogent certainement en ce début de semaine sur les conséquences des divergences qui se sont exprimées au sein du PS. Boris VALLAUD qui soutenait le Premier Secrétaire Olivier FAURE depuis le congrès de Nancy, en juin 2025, a manifesté son désaccord quant à l’organisation d’une primaire en démissionnant de la direction du PS.

Est-ce à dire qu’Olivier FAURE, désormais minoritaire au bureau national et au conseil national, doit démissionner ? La réponse est non. Il a été élu par les militants lors du dernier congrès. Sa légitimité démocratique n’est pas remise en cause par cette nouvelle situation. Il devra désormais tenir compte du nouveau rapport de force au sein du PS.

Est-ce à dire que la primaire contestée est abandonnée ? Très vraisemblablement, même si elle est demandée encore par d’autres, notamment par les écologistes et plusieurs candidats ou candidates potentiels qui ne représentent qu’eux-mêmes.

Pour l’heure, le PS est engagé dans un débat programmatique et c’est assurément la chose la plus importante. Il est en effet indispensable pour bien préparer les échéances électorales à venir que nos concitoyens sachent clairement ce que ferait un gouvernement de gauche dirigé par les Socialistes pour répondre à leurs attentes. Ce programme sera définitivement adopté début juin. Il faudra alors en discuter avec les partenaires d’une action gouvernementale afin d’élaborer un programme commun et partagé.

C’est alors sur cette base que pourra être recherché celui ou celle le mieux à même de franchir le cap du premier tour de la présidentielle en rassemblant sur son nom le plus grand nombre d’électrices et d’électeurs de gauche, ceux notamment qui ont voté pour les mélenchonistes. Cela ne sera pas suffisant. La Gauche n’est pas majoritaire. Il faudra aussi recueillir le soutien de celles et de ceux qui ont, pendant quelque temps, soutenu la macronie et qui aspirent à davantage de justice sociale.

Il faudra aussi se mettre en situation d’enrayer la montée de l’audience de l’extrême-droite. Cette dernière n’a pas réellement de programme politique, économique, social ou sociétal. Elle ne sait que désigner à la vindicte de l’opinion des boucs-émissaires : les étrangers. Elle ressort ses vieux arguments de racisme et de xénophobie qui ouvrent la porte au fascisme tel que nous l’avons connu à la fin des années 30. Le pétainisme en a constitué la branche française en 1940. Il a encore ses représentants au sein du RN.

Récemment, c’était le 1er mai dernier, la condamnée en première instance, Marine LE PEN, a dénoncé « un assistanat endémique, entretenu et encouragé », conséquence d’une « subversion migratoire ». De tels propos marquent les dangers qui découleraient d’une victoire de l’extrême-droite lors des prochaines élections. La Gauche, dans son pluralisme, doit s’organiser pour écarter ces dangers.