Depuis la dissolution ratée de l’Assemblée Nationale en juin 2024, on a pu constater le rôle secondaire du Président de la République dans l’action politique nationale. On l’avait déjà observé lors des « cohabitations » et notamment entre 1997 et 2002. Durant ces cinq années là, c’est bien le gouvernement et son Premier Ministre, Lionel JOSPIN, qui ont conduit la politique de la France. Depuis deux ans, ce n’est pas tout à fait le même cas de figure. Il n’y a pas de majorité parlementaire ce qui a conduit à deux chutes des Gouvernements BARNIER puis BAYROU. Le Premier Ministre LECORNU est supposé être en phase avec le Chef de l’Etat. Il a cependant été contraint à des compromis pour que la France ait un budget pour 2026. Qui plus est, les députés macronistes sont minoritaires. Ils sont amenés à s’allier avec la Droite pour faire passer certains textes de loi.
Cette situation démontre à l’évidence que la France est bien une Démocratie parlementaire. On peut donc s’interroger sur l’importance accordée à l’élection présidentielle par les organisations politiques, par les médias et, par voie de conséquence, l’intérêt que lui porte l’opinion publique. Cette élection au suffrage universel direct depuis la modification constitutionnelle de 1962 et son premier effet en 1965 a assurément suscité un regain d’intérêt pour la fonction.
Les candidats se présentent en porteur d’un projet politique, voire d’un programme législatif, et celui qui est élu sollicite alors le vote des électrices et des électeurs en faveur de députés qui lui permettront de mettre en œuvre ses propositions. C’est une raison suffisante pour que les partis politiques, dont le rôle est défini dès l’article 4 de notre Constitution, élaborent et fassent connaître leurs intentions en matière d’actions gouvernementales.
Le Parti Socialiste s’est engagé dans cet exercice. Dans quelques semaines, les adhérents du PS décideront de ce qu’ils souhaitent pour le pays et ses habitants dans tous les domaines de la vie collective. Le texte soumis au débat interne porte le nom de « Vivre libres » et décline toutes les conditions politiques, économiques, sociales, culturelles, environnementales, sociétales qui garantiront l’exercice de la liberté.
Lorsque le texte du projet sera définitivement adopté, il deviendra la référence pour les Socialistes. Il faudra cependant en discuter avec les organisations susceptibles de participer à une majorité parlementaire de gauche et donc à une action gouvernementale. Ce ne sera pas chose aisée. Cependant, si on veut bien considérer que la Gauche est pluraliste et que, pour gouverner, elle a besoin de se rassembler, il est possible d’y parvenir. On entrerait alors dans une nouvelle ère d’union de la Gauche et de programme commun comme celle qui a permis l’élection de François MITTERRAND en 1981 ou de François HOLLANDE en 2012.
L’Histoire ne se répète pas mais elle nous éclaire pour préparer l’avenir. Celui-ci est entre les mains des responsables politiques, des candidates et candidats plus ou moins déclarés. Souhaitons que parmi ceux-là, toutes et tous aient bien le sens des responsabilités.