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jeudi 25 juin 2026

Une canicule politique

La canicule que nous connaissons depuis quelques jours en France et dans plusieurs pays européens, est-elle politique ?

Assurément non si on ne considère que son existence factuelle qui perturbe notre vie quotidienne. Elle n’est le résultat d’aucune décision politique arrêtée démocratiquement. Elle ne résulte d’aucun diktat imposé par un dictateur. Elle est la conséquence des réactions de la nature, à un moment « M ».

Elle devient cependant éminemment politique si on considère les causes de cette canicule, d’une part et, d’autre part, la manière dont les responsables politiques gèrent les conséquences de ce phénomène climatologique qui affecte la population.

Si la canicule résulte des réactions de la nature et si les scientifiques expliquent de façon incontestable les raisons qui créent cette situation, il est normal que l’on déplore une certaine forme d’inaction de la part des décideurs politiques. Les mesures nécessaires manquent à l’appel.

Le réchauffement climatique est devenu un lieu commun depuis plusieurs décennies. Les moyens mis en œuvre ne sont pas à la hauteur des enjeux. On a bien conscience que ce problème n’est pas seulement propre à notre pays. La France a cependant la possibilité, en montrant l’exemple, d’agir auprès des instances européennes et internationales. Nous n’avons pas relevé de telles intentions chez l’actuel Chef de l’Etat pourtant très actif dans les affaires étrangères ces derniers temps.

Rappelons qu’en 2015, à l’initiative de François HOLLANDE et de son Ministre des Affaires Etrangères, Laurent FABIUS, la Cop 21 s’est déroulée à Paris. Cette conférence de l’ONU réunie pour lutter contre les changements climatiques a conclu ses travaux par un accord unanime sur le climat des 150 chefs d’Etats présents ou représentés. Il eut fallu que ces conclusions soient suivies d’effets qui tardent à venir. En cette période de pré-campagne présidentielle et alors que le Parti Socialiste se prépare à adopter son programme, il n’est pas inutile de rappeler que c’est un Président socialiste avec un Gouvernement socialiste qui a suscité une décision internationale de cette ampleur.

La canicule revêt également un caractère politique à travers la gestion de ses conséquences sur la vie de nos concitoyens. La vie professionnelle de nombreux salariés est affectée. La scolarité des enfants et des adolescents est confrontée à des dysfonctionnements. La santé et notamment le suivi des personnes dans les hôpitaux deviennent très préoccupants. C’est évidemment l’insuffisance des moyens financiers qui est mise à l’index.

Alors que la Cour des Comptes nous annonce un rapport intermédiaire alarmant quant à l’importance du déficit et de la dette publique jamais égalée, se pose, une nouvelle fois, la question des choix budgétaires. Ceux-ci concernent les dépenses et la répartition des moyens. Ils concernent aussi les recettes et c’est à cela qu’il faut se consacrer en priorité.

lundi 22 juin 2026

République et Démocratie

Nous évoquions, le 19 juin dernier, la fin de la bipolarisation. Depuis 1958 et la Vème République, la vie politique française s’articulait autour de deux grandes sensibilités politiques, la Gauche et la Droite. L’article 7 de notre Constitution fixe les conditions de la présence au second tour de l’élection présidentielle des deux candidats ayant obtenu le plus de suffrages au premier tour, après retrait éventuel de candidats plus favorisés. La bipolarisation rendait logique cette organisation.

Devant les résultats électoraux obtenus par la candidate d’extrême-droite et par Jean-Luc MÉLENCHON, classé à l’extrême-gauche, il semble nécessaire de reconsidérer cette disposition de notre Constitution. Afin de préserver notre Démocratie, les électrices et les électeurs doivent avoir plus de choix. C’est dire qu’il faudrait permettre au candidat arrivé en 3ème position, voire en 4ème, d’être également candidat au second tour. Bien sûr, cette possibilité ne peut exister que si le nombre de suffrages obtenus atteint un certain pourcentage. Cela existe déjà pour d’autres scrutins uninominaux, pourquoi pas pour la présidentielle.

Une telle situation ne peut exister qu’à partir d’une modification de la Constitution. Il n’est pas imaginable que cela se fasse d’ici la prochaine élection présidentielle, dans dix mois. C’est donc un sujet à verser au débat. Une adaptation de notre Constitution à la pratique qui en est faite depuis 1958 paraît également souhaitable. Elle concerne le rôle et les pouvoirs du Président de la République. L’élection du Chef de l’Etat au suffrage universel direct lui confère une autorité politique qu’il conviendrait de préciser en regard de l’action du Gouvernement. Rappelons que c’est celui-ci qui « détermine et conduit la politique de la Nation » comme le précise l’article 20 de notre texte fondamental. Ce n’est pas le Président de la République qui, lui, n’est pas responsable devant le Parlement au contraire du Gouvernement.

Notre République est une Démocratie parlementaire. Députés et Sénateurs, représentants du peuple souverain, constituent le pouvoir législatif. A ce titre, ils votent les lois et contrôlent le pouvoir exécutif. Or, celui-ci est dual. Le Chef de l’Etat, responsable devant le peuple qui n’est consulté que tous les 5 ans, joue un rôle de plus en plus important dans la conduite de la politique. Une clarification des responsabilités et du contrôle des composantes de l’Exécutif pourrait faire l’objet d’une réflexion plus approfondie. Ce serait une bonne chose pour la République et pour la Démocratie.