Pourquoi autant d’électrices et d’électeurs ont-ils apporté leurs suffrages aux candidats mélenchonistes, au premier tour des élections municipales ?
Cette question était dans beaucoup de têtes hier soir. L’analyse de cette situation nécessite d’être approfondie et de s’en donner le temps. Pour l’heure, il s’agit de préparer le second tour de dimanche prochain et de se donner les moyens de battre la droite et l’extrême-droite.
Néanmoins, on peut d’ores et déjà considérer que ces résultats obtenus par LFI démontrent que la Gauche, et en son sein les Socialistes, n’a pas réussi à retrouver la confiance des citoyennes et des citoyens. Un nombre important d’entre eux n’a pas tenu compte des propos outranciers tenus par MÉLENCHON ces dernières semaines. Ils n’ont pas non plus trouvé de réponse satisfaisante à leurs attentes dans le projet politique du PS pour la France et pour l’Europe. Les résultats constatés ce dimanche soir nous entraîneraient vers un second tour de l’élection présidentielle où s’affronteraient les deux candidats extrémistes.
Au premier tour, on choisit, au second, on élimine. Cette maxime à laquelle on fait souvent référence dans notre système électoral à deux tours est plus que jamais d’actualité. Dans de nombreuses communes où il y aura un second tour, la Gauche doit éliminer la droite et l’extrême-droite. Pour les Socialistes, cet objectif est clair. Pour ce faire, il faudra passer soit par des fusions de listes, soit par des retraits avec ou non appel à voter pour la liste de Gauche qui resterait en compétition.
Pour la Gauche de Gouvernement, socialistes, communistes, écologistes, la fusion des listes doit être recherchée afin de créer les conditions de la victoire dimanche prochain. Ceux qui dérogeraient à cet objectif prendraient le risque de favoriser l’adversaire. Ces fusions devront se réaliser dans la clarté des alliances. Le Parti Socialiste a clairement défini sa position quant à sa relation avec LFI : pas d’accord national transposable partout en France. Les écologistes, bien que connaissant un net recul de leur audience par rapport aux scrutins précédents, peuvent, pour le second tour, confirmer leur attachement à la Gauche de Gouvernement et ne pas se tourner vers les extrémistes. C’est incontestablement ce que souhaitent leurs électrices et électeurs. Tous les sondages le confirment.
Dès que seront connus les éventuels accords passés entre les candidats du premier tour, on pourra mener la campagne électorale de la semaine pour permettre, in fine, la victoire de la Gauche responsable. On ne peut que déplorer que MÉLENCHON ne cesse d’invectiver les socialistes depuis hier soir parce que, ici et là et à Marseille en particulier, le PS n’envisage pas une alliance électorale avec les Insoumis. Dans certains cas, leur refus de se retirer au second tour ne pourrait que favoriser la droite et l’extrême-droite.
En politique, rien n’est jamais définitif. Tout est donc possible.