Réagissez !

lundi 9 février 2026

Combattre l’extrême-droite

Commencer la semaine avec une aussi bonne nouvelle que la victoire écrasante (67 %) du socialiste Antonio SEGURO à l’élection présidentielle portugaise est assurément réconfortant pour les défenseurs d’une social-démocratie responsable. Cette élection a vu la présence, au second tour, du candidat d’extrême-droite. Ce phénomène sociologique et politique, celui de la résurgence dans de nombreux pays, en Europe, aux Etats-Unis, ailleurs dans le monde, de l’idéologie d’extrême-droite doit amener tous les défenseurs de la Démocratie et des libertés à se mobiliser pour enrayer ce mouvement.

Faudra-t-il  revenir  à  la  formulation  de  SAINT-JUST  pendant  la Terreur, au moment de la Révolution ? « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». Nous n’en sommes pas là. Cela ne doit pas empêcher de dénoncer avec force ceux qui avancent masqués et qui touchent l’opinion par des propositions séduisantes pour résoudre les problèmes de société. Ils adhèrent, et parfois les masques tombent, à cette idéologie défendue il y a moins d’un siècle par le fascisme et le nazisme. Les millions de morts qui ont suivi l’avènement d’HITLER au pouvoir en Allemagne, et cela dans une procédure démocratique, doivent être rappelés en permanence.

L’Histoire ne se répète pas, certes. La propagation des idées qui en ont fait ses années les plus noires est susceptible de créer tous les excès dramatiques que l’on a connus. C’est dire combien il est indispensable de se donner les moyens de dissuader ceux de nos concitoyens qui votent pour les candidats d’extrême-droite d’apporter leurs suffrages à ces porteurs d’idées dangereuses pour la République.

La Gauche, et les Socialistes en son sein, doit être davantage offensive pour proposer des réponses aux préoccupations de nos concitoyens. La sécurité, le pouvoir d’achat, la santé, la protection de la planète figurent parmi ces préoccupations. L’extrême-droite les évoque à longueur d’interventions de ses porte-parole. Poser le problème est une chose, le résoudre en est une autre. Or là, c’est l’embrouille ou la contradiction d’un discours à l’autre.

Les campagnes électorales pour les municipales puis pour la présidentielle seront de bonnes occasions de démontrer l’argumentation fallacieuse de l’extrême-droite.

jeudi 5 février 2026

Des conditions pour gagner

Encore un !

Ce matin, c’est Jérôme GUEDJ, député socialiste de l’Essonne, qui a annoncé son intention d’être candidat à l’élection présidentielle de 2027. Pourquoi pas. Parmi les 25 ou 30 000 militants que compte encore le PS, chacune et chacun d’entre eux peut ambitionner cette candidature. Encore faudra-t-il que certaines conditions soient remplies. On n’y est pas encore.

Il faut d’abord régler le problème de la « primaire », non pas en l’organisant et en y participant mais en abandonnant l’idée même. Le Premier Secrétaire, Olivier FAURE, en a cautionné l’hypothèse, aux côtés de responsables d’autres organisations comme les écologistes, à Tours, il y a quelques jours. Cependant, il n’avait pas de mandat du Parti pour ce faire. C’est cette question qui se pose en premier lieu.

Il revient aux adhérents du PS de désigner leur candidate ou leur candidat. C’est  l’application  des  règles  de  fonctionnement  du  parti. La « primaire », d’inspiration américaine, n’est absolument pas adaptée aux institutions françaises. Aux Etats-Unis, les partis, notamment le Démocrates et les Républicains, sont organisés différemment de ce que nous connaissons en France depuis plus d’un siècle. Dans notre pays, la Constitution précise dès son article 4 que « les partis concourent à l’expression du suffrage ». Appliquons simplement ces règles.

En  2017,   lorsqu’il  s’est  agi  de  désigner  le  candidat  socialiste,   une « primaire ouverte » avait été organisée. Tous les citoyens pouvaient voter soit pour Benoît HAMON qui fut finalement désigné mais qui quitta le PS peu de temps après, soit pour Manuel VALLS qui, battu, rejoignit la macronie. On mesure le « succès » du recours à ce mode de désignation. 

Il faut ensuite définir la politique que le candidat du PS, ou soutenu par le PS, conduira. Pour ce faire, l’élaboration d’un projet et d’un programme constitue la deuxième condition à remplir. Ce ne sera pas suffisant car les Socialistes ne prétendent pas à eux seuls représenter toute la Gauche de Gouvernement. Les communistes, les écologistes, d’autres organisations qui ont vu le jour ces dernières années doivent être parties prenantes du projet et du programme. C’est dire qu’il faudra discuter afin d’arriver à ce que l’on a appelé en d’autres temps un programme commun de gouvernement.

Enfin, et si le Parti Socialiste veut retrouver le soutien de l’opinion publique de Gauche, il faudra, les élections municipales passées, rappeler le bilan des avancées sociales, économiques, culturelles, sociétales réalisées par les Gouvernements socialistes qui se sont succédés depuis 1981. Dès l’échec de son candidat en 2017, échec amplifié encore en 2022, la direction du PS a choisi de mettre sous l’éteignoir le bilan de la législature 2012-2017 et du quinquennat de François HOLLANDE. Tout n’a pas été parfait mais c’est l’histoire du verre à moitié vide et du verre à moitié plein. Le temps est venu de valoriser ce qui a été décidé dans cette période. Les valeurs de démocratie, de solidarité, de justice n’ont jamais été reniées. Elles se sont traduites dans les politiques menées alors. 

Parce que trop d’énergie et de temps ont été consacrés à un inventaire négatif, le moment est venu de considérer les choses avec la volonté de tirer avantage des actions politiques positives.