Réagissez !

jeudi 7 mai 2026

Unissez-vous…

Adhérer à un parti politique, c’est d’abord vouloir participer à l’organisation de la vie collective. Cela concerne aussi bien le plan local, la commune, le département, la région, que le plan national et européen.

Adhérer à un parti politique, c’est s’engager à porter et à défendre les valeurs de référence de ce parti. Pour les Socialistes c’est la Démocratie, les libertés, la justice sociale et la solidarité, la laïcité et la protection de notre environnement.

Adhérer à un parti politique, c’est apporter sa contribution à l’élaboration et au choix des projets qui deviendront réalisations si une majorité de citoyennes et de citoyens le décident par leur vote.

Adhérer à un parti politique, c’est enfin désigner les candidats aux élections, là encore, qu’elles soient locales ou nationales, pour un scrutin de listes ou uninominal et même lorsqu’il n’y a qu’un seul candidat qui porte les valeurs ou le programme du parti considéré.

L’élection présidentielle à venir est l’occasion de démontrer le bien-fondé de ces dispositions de base, conséquences de l’engagement politique. C’est en tout cas ce qu’il faut souhaiter pour la Gauche et, en son sein, pour le PS.

On mesure la difficulté de l’exercice compte-tenu du pluralisme des sensibilités tel qu’il a existé et qui existe encore. Le parti unique n’est pas concevable en démocratie. A partir de ces évidences, il appartient à celles et à ceux qui ont été désignés pour diriger telle ou telle formation politique qui s’inscrit dans la perspective d’une politique de gauche de rechercher les voies et moyens qui permettront la victoire électorale.

Mardi dernier, un meeting organisé à Paris a rassemblé quelques-uns de ces responsables. Il y a quelque temps, l’idée d’une primaire ouverte était apparue sans que l’on sache la composition du corps électoral appelé à voter. Des réserves se sont exprimées. « La primaire a du plomb dans l’aile » a même déclaré une oratrice. Au sein du PS, le Premier Secrétaire Olivier FAURE, porteur de cette hypothèse, n’est pas suivi par une majorité de dirigeants du Parti. Il faut donc imaginer rapidement des modalités de désignation d’un ou d’une candidat(e) de rassemblement de toutes les sensibilités de la Gauche de Gouvernement.

Si l’on veut bien se rappeler que ce sont les adhérents qui désignent leur candidat, l’organisation de cette désignation peut revêtir différentes formes. Il appartient aux responsables de rechercher et de trouver un accord pour présenter ce candidat ou cette candidate unique capable d’être au second tour. Car tel est l’objectif prioritaire. Si, comme nous l’avons connu en 2002 lorsque Lionel JOSPIN n’a pas pu être présent au 2ème tour, la Gauche est représentée par plusieurs personnalités, elle est quasiment assurée qu’aucune ne passera le cap du premier tour.

En s’inspirant de la formule de Karl MARX qui invitait les prolétaires de tous les pays à s’unir, on pourrait dire : adhérents de tous les partis de gauche, unissez-vous pour demander à vos responsables de se mettre d’accord pour proposer au vote des électrices et des électeurs la personne qui portera un projet commun. 

lundi 4 mai 2026

Un épiphénomène

Surprise ! Jean-Luc MÉLENCHON est candidat à l’élection présidentielle…

Surprise ? Pas vraiment. Le personnage s’emploie, depuis plusieurs années, à occuper le devant de la scène politique avec un comportement qui ne peut que choquer celles et ceux qui s’inscrivent réellement dans une action politique de gauche. Nous ne le répèterons jamais assez, LFI et la « mélenchonie » ne sont pas une organisation politique qui défend les valeurs de la Gauche. Les discours régulièrement tenus visent d’abord à déstabiliser les institutions pour mener des actions politiques dont on ignore véritablement le contenu et, surtout, leur possibilité de réalisation.

On ne s’attardera pas sur l’engagement non tenu de ne plus être candidat après son échec, pour la 3ème fois, en 2022. Cela illustre bien le caractère du personnage, persuadé qu’il est, d’incarner ce qu’il appelle la nouvelle France. « Il n’est pas de sauveur suprême » clame l’Internationale. Bien qu’il en soit un interprète fréquent, il n’en fait pas sa doctrine de référence.

Les dictateurs d’Amérique du Sud, en fonction ou déchus, sont ses modèles. Il est vrai que le fonctionnement même de son mouvement est loin d’être un exemple de démocratie. C’est le « guide suprême » qui dicte la conduite de ses affidés. Plus grave encore aura été le refus de qualifier de terroriste le Hamas, auteur de la tuerie d’octobre 2023 en Israël.

L’annonce de cette candidature n’est qu’un épiphénomène en regard de l’importance de la campagne électorale présidentielle qui a démarré au lendemain des élections municipales. Elle doit cependant motiver davantage la Gauche responsable à se mettre en ordre de marche. Tout laisse à penser que la primaire envisagée n’aura pas lieu. C’est une bonne chose. Encore faut-il que les responsables des organisations politiques qui souhaitent sortir du libéralisme macronien s’emploient à trouver le candidat qui portera un projet commun. 

Le Parti Socialiste prépare son programme si l’on se réfère à la présentation qui en a été faite à travers une conférence de presse le 23 avril dernier. Les militants sont invités à en discuter et à le voter. Encore faudrait-il qu’ils l’aient en leur possession, ce qui ne semble pas être le cas.

A moins d’un an, désormais, de cette élection présidentielle dont on attend tellement que les déceptions ne manqueront pas, la clarification dans les candidatures, à droite comme à gauche, devient de plus en plus nécessaire.

L’opinion publique s’interroge et c’est aux responsables politiques d’y répondre. Un commentateur annonçait une trentaine de candidatures plus ou moins déclarées. Cette inflation est préoccupante après deux quinquennats du président encore en fonction. Celui-ci aura donné à la fonction un sens inédit par la pratique qui fut la sienne. Ce fut au détriment de la justice sociale qui fait tant défaut en France aujourd’hui. La rétablir devra être le principal objectif de la Gauche responsable.