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lundi 14 juin 2021

Imitons la Finlande

La bonne nouvelle nous arrive ce matin de Finlande. Ce pays, membre de l’Union Européenne, dont la superficie équivaut aux 2/3 de celle de la France, mais dont la population correspond à moins de 10 % de la nôtre, connaît, lui aussi, une progression de l’audience de l’extrême-droite. A l’occasion d’élections locales qui se déroulaient hier, les sondages prévoyaient qu’environ 18 % des Finlandais apporteraient leurs suffrages aux candidats d’extrême-droite alors, qu’en définitive, ils n’en ont obtenu que 14,5 %.

Mince consolation dira-t-on. C’est vrai mais il faut néanmoins se réjouir lorsque les citoyens d’un pays ont le bon réflexe, celui de ne pas favoriser la mouvance extrémiste.

Force est de constater, à travers le monde, et surtout en Europe, la progression dangereuse pour la Démocratie de ceux qui prônent une politique basée sur le racisme et la xénophobie. On a vu ce que cela produisait comme menace pour les libertés aux Etats-Unis, avec le sinistre TRUMP.

En France, on ne rappellera jamais assez que les LE PEN et consorts considèrent comme un « détail » de l’Histoire les génocides organisés par le nazisme et le fascisme. Des manifestations ont eu lieu ce samedi, dans différentes villes, organisées par des syndicats et partis de gauche. Il faut regretter que toute la gauche et même, tous les républicains n’étaient pas rassemblés pour crier leur opposition à cette extrême-droite. Il ne faut pas attendre qu’il soit trop tard et que les représentants d’une période dramatique de notre histoire se retrouvent en responsabilité de régions ou de départements comme ils le sont déjà dans quelques communes. 

On rétorquera que la démocratie permet le vote des citoyens et que ce sont ces derniers qui décident de ceux qui les représenteront. C’est vrai et la formule que l’on attribue à VOLTAIRE : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » demeure une référence. Néanmoins, depuis cette déclaration vieille de deux siècles et demi, l’humanité a connu de tels drames qui ont montré les limites de la liberté d’expression qu’il faut également citer SAINT-JUST : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».

Nous n’en sommes plus à instaurer des tribunaux révolutionnaires comme sous la Terreur. Nous avons cependant le devoir de rappeler l’Histoire qui doit éclairer l’Avenir.

Souhaitons qu’en Provence, dans les Hauts de France et dans toutes les régions et départements, dimanche prochain, les Français soient inspirés par l’exemple finlandais.

jeudi 10 juin 2021

Non à la violence. Oui à la justice sociale

Tout acte de violence est à bannir, qu’elle soit collective ou individuelle. Il est inacceptable quand elle se manifeste dans le domaine politique. L’agression physique dont a été victime le Président de la République, mardi dernier, est inadmissible. Ce l’est d’autant plus qu’à travers le Chef de l’Etat, c’est la République et la Démocratie qui sont agressées. Il appartient désormais à la Justice d’appliquer les sanctions prévues par la loi.

La condamnation quasi unanime du monde politique vis-à-vis de cet incident n’en alterne pas pour autant l’acuité des problèmes qui se posent à nos concitoyens. On prête à Monsieur MACRON l’intention de réouvrir le dossier de la réforme des retraites. On évoque notamment le report à 64 ans de l’âge de départ. Si je dis « on », c’est qu’il est difficile d’avoir un avis autorisé émanant de tel ou tel responsable de la majorité. Les membres du Gouvernement, Premier Ministre en tête, sont muets ou circonspects. Les Parlementaires macronistes, qui pourtant seront invités à voter la loi, sont partagés, voire hostiles à l’idée d’un débat sur cette question. Mais tous attendent la décision de « l’oracle jupitérien ». 

On reprochait à une certaine époque, au Général de Gaulle, d’user et même d’abuser d’un pouvoir personnel. Ce que nous connaissons aujourd’hui dépasse, de loin, la pratique gaullienne. Le panache en moins.

Personne ne conteste la nécessité d’adapter notre système de retraite, et notamment son financement, aux évolutions de la société depuis la libération. Beaucoup d’activités professionnelles ont évolué. On vit plus longtemps. On ne peut pas ne pas avoir cela à l’esprit quand on se penche sur cette question.

Néanmoins, cela ne justifierait pas un recul de la protection sociale que nous connaissons et qui est la résultante de revendications satisfaites et mises en œuvre par la Gauche lorsqu’elle est en responsabilité. Il faut toutefois se préparer et se mobiliser pour s’opposer à un éventuel mauvais coup porté par la droite macronienne à la justice sociale. Cela ferait suite aux nouvelles dispositions prises par décret, avec entrée en vigueur au 1er juillet, concernant les demandeurs d’emploi. Le Gouvernement et le Président de la République portent une nouvelle atteinte au principe d’égalité. Le Parti Socialiste, à qui il est reproché injustement de ne pas être suffisamment présent dans le débat politique, vient de rendre publique une étude des conséquences du dispositif décidé par l’Exécutif. La baisse moyenne de 17 % des sommes versées va pénaliser plusieurs centaines de milliers de personnes, environ 50 000 pour le seul département du Nord.

Ce ne sont pas les simagrées de Monsieur MACRON dans ses interviews « youtubesques » ou dans son tourisme électoral avec les moyens de l’Etat qui atténueront la portée dramatique pour un grand nombre de Français de cette politique prétendue sociale.

Le rendez-vous électoral des 20 et 27 juin prochains sera l’occasion d’enclencher un processus de changement de politique. Il faut en saisir l’occasion et apporter un soutien franc et massif aux candidats de Gauche.