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mercredi 18 mars 2026

Quel second tour ?

C’est toujours surprenant, parfois irritant, de voir certains analystes de la vie politique française ne pas prendre en compte le cadre juridique et ses conséquences. Ainsi, pour ces élections municipales, nous avons deux tours. Lors du premier, les sensibilités politiques, les contestataires de l’action menée par le maire sortant et son conseil, les porteurs d’un projet qu’ils pensent original présentent une liste. S’il n’y a pas élection au premier tour, un second scrutin est organisé le dimanche suivant. La période entre les deux tours permet, dans les heures qui suivent les résultats du premier scrutin, de rechercher d’éventuels accords en vue d’un second.

Cela se reproduit à chaque fois et certains semblent surpris que des alliances entre des listes qui s’opposaient puissent se réaliser pour le vote à venir. La progression de l’audience de l’extrême-droite est parfois une raison suffisante pour qu’un accord se fasse en vue d’éliminer les porteurs de ces théories fascistes qui ont fait tant de mal à l’humanité. Dans d’autres cas, pour la Gauche, c’est la Droite qu’il faut battre et pour y parvenir le rassemblement s’impose.

Les électrices et les électeurs de gauche ont eu généralement le choix entre des listes portées par des socialistes, des communistes, des écologistes et des mélenchonistes. Le Parti Socialiste a eu raison de prendre ses distances avec le premier responsable des Insoumis, MELENCHON lui-même. Ils ont condamné ses déclarations provocatrices, outrancières, marquées d’antisémitisme et d’approbation plus ou moins avouée d’actes terroristes. Cela s’est traduit par l’absence d’un accord national entre le PS et LFI qui aurait fixé une ligne générale pour toutes les communes, villes et villages.

Il fallait laisser une capacité d’appréciation aux responsables locaux pour préparer le second tour qui permettrait de gagner l’élection. C’est ce qui s’est produit, avec des conclusions différentes selon les cas. Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Nantes, Brest connaissent des situations adaptées au contexte local.

Dans certaines communes, les mélenchonistes ont délibérément tourné le dos au rassemblement de la Gauche. Ils préfèrent satisfaire des ambitions davantage personnelles que collectives. Pour ce faire, leur stratégie se traduit par de violentes attaques à l’encontre des municipalités sortantes de gauche qui ont pourtant mené, au cours du mandat écoulé, une politique de solidarité, de protection de l’environnement et du cadre de vie, de développement culturel incontestable. La campagne électorale des trois jours à venir devra permettre de dénoncer les mensonges et la tromperie pratiqués à l’égard des citoyens de gauche.

La Démocratie permet le débat, la confrontation de propositions contradictoires. Elle n’autorise pas le dénigrement et les attaques ad hominem. Ce genre d’actions est la pratique des dictatures. Nos concitoyens doivent être vigilants et ne pas encourager ce genre de déviance.

lundi 16 mars 2026

Tout est possible

Pourquoi  autant  d’électrices  et  d’électeurs  ont-ils  apporté  leurs suffrages aux candidats mélenchonistes, au premier tour des élections municipales ?

Cette question était dans beaucoup de têtes hier soir. L’analyse de cette situation nécessite d’être approfondie et de s’en donner le temps. Pour l’heure, il s’agit de préparer le second tour de dimanche prochain et de se donner les moyens de battre la droite et l’extrême-droite.

Néanmoins, on peut d’ores et déjà considérer que ces résultats obtenus par LFI démontrent que la Gauche, et en son sein les Socialistes, n’a pas réussi à retrouver la confiance des citoyennes et des citoyens. Un nombre important d’entre eux n’a pas tenu compte des propos outranciers tenus par MÉLENCHON ces dernières semaines. Ils n’ont pas non plus trouvé de réponse satisfaisante à leurs attentes dans le projet politique du PS pour la France et pour l’Europe. Les résultats constatés ce dimanche soir nous entraîneraient vers un second tour de l’élection présidentielle où s’affronteraient les deux candidats extrémistes. 

Au premier tour, on choisit, au second, on élimine. Cette maxime à laquelle on fait souvent référence dans notre système électoral à deux tours est plus que jamais d’actualité. Dans de nombreuses communes où il y aura un second tour, la Gauche doit éliminer la droite et l’extrême-droite. Pour les Socialistes, cet objectif est clair. Pour ce faire, il faudra passer soit par des fusions de listes, soit par des retraits avec ou non appel à voter pour la liste de Gauche qui resterait en compétition. 

Pour la Gauche de Gouvernement, socialistes, communistes, écologistes, la fusion des listes doit être recherchée afin de créer les conditions de la victoire dimanche prochain. Ceux qui dérogeraient à cet objectif prendraient le risque de favoriser l’adversaire. Ces fusions devront se réaliser dans la clarté des alliances. Le Parti Socialiste a clairement défini sa position quant à sa relation avec LFI : pas d’accord national transposable partout en France. Les écologistes, bien que connaissant un net recul de leur audience par rapport aux scrutins précédents, peuvent, pour le second tour, confirmer leur attachement à la Gauche de Gouvernement et ne pas se tourner vers les extrémistes. C’est incontestablement ce que souhaitent leurs électrices et électeurs. Tous les sondages le confirment.

Dès que seront connus les éventuels accords passés entre les candidats du premier tour, on pourra mener la campagne électorale de la semaine pour permettre, in fine, la victoire de la Gauche responsable. On ne peut que déplorer que MÉLENCHON ne cesse d’invectiver les socialistes depuis hier soir parce que, ici et là et à Marseille en particulier, le PS n’envisage pas une alliance électorale avec les Insoumis. Dans certains cas, leur refus de se retirer au second tour ne pourrait que favoriser la droite et l’extrême-droite.

En politique, rien n’est jamais définitif. Tout est donc possible.