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vendredi 19 juin 2026

La bipolarisation est terminée

Fini le temps ou une électrice ou un électeur se déclarait, ou en tout cas votait, pour la Gauche ou pour la Droite. Il y avait bien ce que l’on pourrait appeler une « mouvance centriste » qui se prononçait pour un côté ou pour l’autre de l’échiquier politique. Cela variait en fonction de situations locales ou de propositions politiques acceptées, voire souhaitées. C’est ainsi que pendant des décennies, le corps électoral s’est comporté, penchant d’un côté ou de l’autre et permettant des alternances. Les extrêmes, à droite ou à gauche, ne jouaient que les figurants lors des premiers tours et pouvaient assurer l’élection du second tour.

La campagne électorale d’Emmanuel MACRON, en 2017, a commencé à contrarier cette approche. Il prétendait être « ni de gauche, ni de droite ». On aurait pu alors considérer qu’il était centriste. Il a démontré rapidement qu’il n’était en réalité « ni de gauche, ni de gauche » mais bien porteur d’une politique libérale qui le rangeait à droite.

Aujourd’hui, la situation s’est considérablement modifiée. Il n’y a plus deux grandes sensibilités politiques, la Gauche et la Droite, mais quatre, les extrêmes recueillant des suffrages qui les placent en position telles que leurs candidats peuvent être présents au second tour. On a connu cela en 2002, en 2017 et en 2022. Dans les trois cas, le candidat de droite a été élu, celui ou celle d’extrême-droite ayant été éliminé.

Pour 2027, de nombreux observateurs estiment possible, sinon probable, un affrontement entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche au second tour. Ce cas de figure qui conduirait forcément à l’élection d’un Chef de l’Etat extrémiste serait d’une gravité considérable. La République, la Démocratie, l’Europe, nos Institutions seraient menacées de bouleversements difficiles à imaginer.

Le positionnement d’une partie de la Droite traditionnelle tendant à se rapprocher de l’extrême-droite rend la situation encore plus préoccupante. Les déclarations de RETAILLEAU, qui dirige le Parti LR, héritier du gaullisme, traduisent une évolution très inquiétante. L’accord politique passé entre BELLAMY, tête de liste LR aux dernières élections européennes et BARDELLA pour voter ensemble, au Parlement européen la révision du règlement « Retour » entraînant un durcissement de la politique migratoire témoigne d’une xénophobie voire d’un racisme partagés. Il y a de moins en moins de différence entre la Droite et l’extrême-droite.

La situation est grave mais pas désespérée pour reprendre le titre d’un film sorti en 1976. Il suffit que les organisations politiques et leurs responsables, leurs candidats à l’élection présidentielle (nombreux !) manifestent leur détermination à combattre les extrêmes. Des arguments, convaincants pour les citoyennes et citoyens susceptibles de voter pour les extrêmes, seront avancés afin de démontrer les dangers des mesures et des intentions présentées. Tel doit être l’objectif de tous les républicains pour les dix mois à venir. 

lundi 15 juin 2026

Appel à la sagesse

Le quotidien national Libération publie ce jour une tribune signée par les maires socialistes de Lille et de Nantes, écologiste de Grenoble et communiste de Nîmes, appelant la Gauche de Gouvernement à se rassembler en vue de l’élection présidentielle de 2027. Ils ont mille fois raison d’inviter les responsables politiques de cette Gauche à s’inspirer de ce que ce rassemblement aura permis dans de nombreuses villes lors des élections municipales de mars dernier.

Le rassemblement autour d’un programme partagé et d’une candidature est la seule voie possible à suivre pour être présent au second tour.

Rassemblement de la Gauche, certes, mais d’abord, pour le PS, rassembler les Socialistes doit être la priorité. Ce fut la ligne suivie par François MITTERRAND et Pierre MAUROY en 1971. Elle a conduit à la victoire de 1981. Si la direction actuelle du Parti Socialiste, avec Olivier FAURE, ne se fixe pas cet objectif, elle mènera à la désillusion, voire la désespérance que nous avons connue en 2017 et en 2022. 

L’extrême-droite, dont l’audience a progressé dans l’opinion dans des proportions angoissantes, obtiendra des résultats proches de ce que les sondages nous annoncent. Ces résultats permettront au candidat ou à la candidate du RN d’être présent au second tour comme ce fut le cas en 2017 et en 2022. Il faut donc tout mettre en œuvre pour que l’électorat de gauche trouve dans les propositions formulées des réponses à ses attentes.

Ces réponses ne figurent pas dans le projet porté par les Insoumis de Jean-Luc MÉLENCHON. Leurs suggestions pourraient figurer dans un registre des bonnes intentions. Elles ne tiennent pas compte de la différence à faire entre l’idéal et la réalité telle que nous l’a apprise Jean JAURÈS.

Dans ce contexte, le calendrier est évident. Le Premier Secrétaire du PS doit annoncer rapidement l’abandon de la procédure de la primaire. C’est la volonté de la majorité du Parti. Viendra, d’ici quelques jours, l’adoption du programme de gouvernement des Socialistes. Il servira de base à la recherche d’un accord avec toutes les organisations qui s’inscriront dans cette volonté commune d’une action politique fondamentalement différente de celle menée par la macronie libérale depuis neuf ans.

Alors, celui ou celle qui portera ces propositions partagées pourra être désigné. On ne le répètera jamais assez : cette désignation devra permettre à la personnalité retenue d’être présente au second tour. Pour la plupart de celles et de ceux qui, aujourd’hui, s’inspirant sans doute de ce que nous avons connu en 2017 avec Emmanuel MACRON, affichent une intention de candidature, souhaitons que la sagesse leur fasse prendre conscience de leurs limites.