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jeudi 9 juillet 2026

Défendre la morale politique

Depuis deux jours, les médias nous « bassinent » à propos de la candidature de Madame LE PEN à l’élection présidentielle et cela, malgré sa condamnation. Nombreuses sont les erreurs d’interprétation de la situation judiciaire. 

La décision de se pourvoir en cassation ne fait pas de Madame LE PEN une personne présumée innocente. Cet acte juridique, le pourvoi en cassation, n’annule pas la condamnation, elle en suspend l’application. La condamnation demeure. Madame LE PEN a été reconnue coupable des actes délictueux qui lui sont reprochés de détournement de fonds publics. Deux instances judiciaires, le tribunal de première instance puis la Cour d’Appel, ont reconnu les faits et ont prononcé des condamnations.

La Cour de cassation désormais saisie ne jugera pas sur le fond les faits reprochés. Son rôle est de vérifier que la forme juridique du procès a été respectée, que la Loi a bien été appliquée. Si elle « cassait » la décision du tribunal, en l’occurrence la Cour d’Appel, là, Madame LE PEN redeviendrait « présumée innocente » jusqu’à ce qu’un nouveau jugement soit prononcé par un nouveau tribunal.

C’est dire qu’à ce jour, le Rassemblement National, parti d’extrême-droite, présente une personne coupable et condamnée à la magistrature suprême de notre République. L’éthique, la morale politique, voudraient qu’un élu reconnu coupable et condamné se retire de la scène publique. Ces deux valeurs, l’éthique et la morale, ne font pas partie des références de Madame LE PEN.

Cette situation suscite des réactions diverses. On sait que des électrices et des électeurs demeurent dans l’état d’esprit de voter malgré tout pour la candidature du RN. Ce sont les mêmes qui fustigent une justice accusée d’être laxiste, trop indulgente vis-à-vis des auteurs de délits. Dans le cas présent et bien que le délit soit avéré et condamné, cette accusation de la Justice est oubliée.

Ce sont les mêmes également qui dénonceront par principe les responsables politiques, « tous pourris » à leurs yeux. Or, dans le cas présent, on a bien affaire à une candidate qui, pendant plusieurs années, a utilisé des fonds publics pour des intérêts partisans, ce qui est interdit par la Loi.

La campagne présidentielle devrait amener tous les autres candidats à réprouver cette pratique qui vient aggraver encore le fait que l’extrême-droite est porteuse d’idées dangereuses pour la Démocratie et pour la République.