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lundi 22 juin 2026

République et Démocratie

Nous évoquions, le 19 juin dernier, la fin de la bipolarisation. Depuis 1958 et la Vème République, la vie politique française s’articulait autour de deux grandes sensibilités politiques, la Gauche et la Droite. L’article 7 de notre Constitution fixe les conditions de la présence au second tour de l’élection présidentielle des deux candidats ayant obtenu le plus de suffrages au premier tour, après retrait éventuel de candidats plus favorisés. La bipolarisation rendait logique cette organisation.

Devant les résultats électoraux obtenus par la candidate d’extrême-droite et par Jean-Luc MÉLENCHON, classé à l’extrême-gauche, il semble nécessaire de reconsidérer cette disposition de notre Constitution. Afin de préserver notre Démocratie, les électrices et les électeurs doivent avoir plus de choix. C’est dire qu’il faudrait permettre au candidat arrivé en 3ème position, voire en 4ème, d’être également candidat au second tour. Bien sûr, cette possibilité ne peut exister que si le nombre de suffrages obtenus atteint un certain pourcentage. Cela existe déjà pour d’autres scrutins uninominaux, pourquoi pas pour la présidentielle.

Une telle situation ne peut exister qu’à partir d’une modification de la Constitution. Il n’est pas imaginable que cela se fasse d’ici la prochaine élection présidentielle, dans dix mois. C’est donc un sujet à verser au débat. Une adaptation de notre Constitution à la pratique qui en est faite depuis 1958 paraît également souhaitable. Elle concerne le rôle et les pouvoirs du Président de la République. L’élection du Chef de l’Etat au suffrage universel direct lui confère une autorité politique qu’il conviendrait de préciser en regard de l’action du Gouvernement. Rappelons que c’est celui-ci qui « détermine et conduit la politique de la Nation » comme le précise l’article 20 de notre texte fondamental. Ce n’est pas le Président de la République qui, lui, n’est pas responsable devant le Parlement au contraire du Gouvernement.

Notre République est une Démocratie parlementaire. Députés et Sénateurs, représentants du peuple souverain, constituent le pouvoir législatif. A ce titre, ils votent les lois et contrôlent le pouvoir exécutif. Or, celui-ci est dual. Le Chef de l’Etat, responsable devant le peuple qui n’est consulté que tous les 5 ans, joue un rôle de plus en plus important dans la conduite de la politique. Une clarification des responsabilités et du contrôle des composantes de l’Exécutif pourrait faire l’objet d’une réflexion plus approfondie. Ce serait une bonne chose pour la République et pour la Démocratie.