Lorsque l’extrême-droite est battue dans une élection, les démocrates, adversaires de la xénophobie, du racisme, ne peuvent que s’en réjouir. Cependant, ce sentiment a un goût amer en regard de l’audience toujours forte que conserve cette extrême-droite dans de nombreux pays où la Démocratie demeure la base du fonctionnement de ces pays. L’élection de LULA au Brésil, ce dimanche, en est l’illustration. Le faible écart de voix qui le sépare du président sortant, bien identifié comme relevant de cette idéologie exécrable que l’on qualifie d’extrême-droite, témoigne d’une présence toujours forte de ces thèses dangereuses pour notre vie collective.
Plus près de nous, au sein de l’Union Européenne, l’Italie après la Suède ou la Hongrie, a confié son destin à une néo-fasciste.
En France, l’élection présidentielle a éliminé la candidate d’extrême-droite. Les élections législatives qui ont suivi ont amené à l’Assemblée Nationale 89 députés dont l’objectif est de mettre à mal les grands principes de notre République. La situation devient préoccupante. Ce ne sont pas les vociférations de certains ou les coups de boutoir sans effet des motions de censure à répétition qui mettront fin à cette montée du danger pour la Démocratie à laquelle on assiste.
L’Histoire de nos Institutions a toujours été marquée par des remises en question de certaines valeurs. Il faut conserver en mémoire les violentes manifestations du 6 février 1934 et des jours qui ont suivi, organisées par l’extrême-droite d’alors et qui ont causé la mort d’une trentaine de personnes. Il importe de se rappeler la collaboration des mêmes avec les nazis entre 1939 et 1945. Le « putsch des généraux », inspiré par l’extrême-droite à Alger, en avril 1961, n’avait d’autre objectif que d’installer un régime militaire dans notre pays. Les 89 Députés RN sont les héritiers de cette idéologie. Ce ne sont pas les tenues vestimentaires BCBG qu’ils portent aujourd’hui qui peuvent occulter leurs références historiques ni faire oublier le danger qu’ils font peser sur notre Démocratie.
Il est donc impensable qu’il puisse y avoir une collusion quelconque avec ce groupe parlementaire. Il est heureux que le Parti Socialiste ait marqué sa différence, à Gauche, avec ceux pour qui la fin justifierait les moyens. S’il s’agit de combattre la politique menée par le Président de la République et son gouvernement avec détermination, cela ne peut se faire à partir de compromissions dans la rédaction de textes soumis au vote des Députés.
Par ailleurs, il devient de plus en plus urgent d’arrêter une stratégie d’éradication, dans le paysage politique français, de ce fascisme larvé qui ne fait que progresser depuis un demi-siècle. Dans ce domaine, le PS se doit d’être à l’avant-garde. Si l’union nationale ne se justifie pas en regard des politiques à mettre en œuvre pour résoudre les problèmes politiques, économiques, sociaux et environnementaux qui se posent aujourd’hui, une réflexion collective élargie, non seulement à toute la Gauche, mais également à celles et ceux qui, à droite, se réclament des valeurs de la République, s’impose. Cela relève d’une urgente nécessité.