Réagissez !

jeudi 27 octobre 2022

Attention aux récifs !

Ce mercredi soir, les téléspectateurs qui se plaisent à regarder ce feuilleton sans fin, « Un si grand soleil », ont eu droit à une nouvelle série de remplacement. Pour la seconde fois en quelques jours, le Président de la République a occupé nos écrans pour convaincre les Français qu’il était bien aux commandes de l’Etat. Pourtant c’est l’inquiétude, l’angoisse parfois, qui l’emportent sur la confiance dont devrait normalement bénéficier un président réélu pour un second mandat.

En pareil cas, la recette est connue : faire étalage de sa maîtrise des dossiers, avec graphiques à l’appui, avec une avalanche de chiffres, le tout pour démontrer qu’en France, grâce à lui, les choses vont mieux qu’ailleurs.

Monsieur MACRON n’a pas hésité à utiliser les mêmes arguments que ceux affirmés par ses ministres et les responsables de sa majorité (relative !) pour dénoncer, dans une colère feinte, une pseudo-collusion entre l’extrême-droite et l’opposition de Gauche. Celle-ci ayant déposé une  motion  de  censure  pour  dénoncer  l’usage  du  désormais  fameux  « 49.3 », reproche lui est fait d’avoir recueilli le vote favorable de cette motion des députés du Rassemblement National en édulcorant le texte soumis au vote de toute référence à des sujets que les lepenistes n’auraient pas acceptés. Si cela était le cas comme en rapportent certains médias, ce serait bien entendu inacceptable. Le premier fautif en la matière n’est-il pas celui qui, entre 2017 et 2022, malgré ses promesses en la matière, n’a rien fait pour diminuer l’audience des thèses racistes, xénophobes, anti-républicaines portées par l’extrême-droite ? Au contraire, il s’est même employé à faire en sorte que son élection soit facilitée au second tour en ayant comme adversaire la représentante de ces thèses condamnables. 

Les Socialistes ont été la cible préférée du Chef de l’Etat en les accusant de cynisme et de partisans du désordre. C’est assurément le signe que le macronisme a plus à craindre de la social-démocratie que du radicalisme porté par les mélenchonistes.

C’est vrai que cette motion de censure aurait pu être adoptée à 50 voix près, celles notamment des députés LR (sarkozystes ?). On sait qu’il n’y avait aucun risque, la Droite, en fin de compte, se retrouvant parfaitement dans la politique libérale du Président de la République, de son gouvernement et de la majorité actuelle. 

Les macronistes ont senti le « vent du boulet », ce qui a amené leur chef, hier soir, à lancer un appel à la droite dite républicaine à soutenir le gouvernement. Ainsi, les choses se clarifient et le « en même temps » à gauche et à droite est bien en train de confirmer qu’il est bien à droite et à droite.

Quant à la motion de censure qui fait suite à l’usage du 49.3, elle découle d’une application des dispositions de notre Constitution que Monsieur MACRON nous a dit bien connaître. Dans son propos, il est clair qu’il fallait y voir une menace à peine voilée de dissolution de l’Assemblée Nationale en cas de censure du Gouvernement. En arrivera-t-on à cette situation ? Personne n’y aurait à gagner, ni la Gauche, ni la Droite, ni la majorité relative actuelle. Seule, l’extrême-droite pourrait en profiter.

On voit bien la nécessité pour la Gauche de se rassembler sur un programme de gouvernement et donc d’alternance à la politique menée à ce jour. Non, Monsieur MACRON, la Gauche n’est pas le désordre. Le cap qui est le vôtre nous mène tout droit vers les récifs de l’inflation, de la remise en cause de nos retraites, de la dégradation de notre environnement. Il est temps d’en changer.