Réagissez !

lundi 10 octobre 2022

Refondation

Le rassemblement de la Gauche doit demeurer l’objectif permanent des Socialistes. Leur histoire vieille de 120 années démontre que c’est ce rassemblement qui a permis à la Gauche d’être majoritaire, dans les communes, les départements, les régions et dans le pays. C’est dire que tout doit être toujours mis en œuvre pour y parvenir.

Pour atteindre cet objectif, la première condition réside dans une réponse à cette double question : pour faire quoi et comment le faire ? La réponse passe évidemment par un programme d’actions partagé par toutes les composantes du rassemblement.

Après les résultats globalement satisfaisants obtenus aux élections législatives de juin dernier par les candidats soutenus par la NUPES, il devient urgent de définir ce programme que l’on avait appelé « commun » en 1972. Le Parti Socialiste, en signant l’accord électoral, ne doit pas avoir abandonné la référence à ses valeurs fondamentales et aux orientations politiques qui ont toujours été les siennes. On sait que certaines d’entre elles ne sont pas partagées par telle ou telle autre organisation de gauche. Ce n’est pas nouveau. De tous temps, la Gauche française a été « plurielle » ce qui ne signifie pas « divisée ». La signature du programme commun de gouvernement, il y a 50 ans, n’avait pas pourtant gommé toutes les différences, notamment entre Socialistes et Communistes.

Aujourd’hui, les esprits ont évolué et, avec eux, les réponses à apporter aux préoccupations de nos concitoyens. L’actualité nous oblige à réfléchir sur la méthode et les moyens d’action à mettre en œuvre. Jean-Luc MÉLENCHON et les Insoumis organisent une « marche contre la vie chère et l’inaction climatique ». C’est dommage que cette action symbolique n’ait pas été décidée collectivement mais proposée unilatéralement par LFI à ses partenaires. La déclaration de son leader à « faire mieux que la marche des femmes sur Versailles en octobre 1789 » a entrainé une bonne réaction d’Olivier FAURE, Premier Secrétaire du PS, dénonçant le caractère provocateur des propos tenus et le risque de recours à la violence qui pourrait en découler. Faut-il aller jusqu’à suspendre la participation du PS à cette manifestation ? Certains le réclament. Très vraisemblablement, ils ne seront pas entendus. Il importera alors de bien se démarquer et de montrer la différence d’approche. 

Celle-ci est d’ailleurs apparue, il y a quelques jours, lorsque les députés socialistes ont déposé une résolution demandant de renforcer les aides financières et militaires en faveur de l’Ukraine et de maintenir les sanctions contre la Russie. Cette initiative a immédiatement suscité des réserves de la part des mélenchonistes. 

Ainsi, l’on voit bien que l’accord électoral de la NUPES aura été un point de passage obligé qui aura permis aux électrices et électeurs de gauche de retrouver ce à quoi ils aspirent : le rassemblement. On voit aussi les limites d’un tel accord s’il n’est pas suivi d’une pratique garantissant un respect réciproque de chacune des organisations. Après l’élection présidentielle d’avril dernier, le PS a plus que jamais une nécessité de refondation. Ce sera l’enjeu de son Congrès de janvier.