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jeudi 6 octobre 2022

Circulez, il n’y a rien à voir

Elu une première fois en mai 2017, le Chef de l’Etat avait promis une rénovation de la vie politique et une République irréprochable. Perdu !

Dès juillet 2018, l’affaire BENALLA défrayait la chronique et enflammait les médias jusqu’à la condamnation du délinquant, trois ans plus tard.

Circulez, il n’y a rien à voir aurait pu dire alors Monsieur MACRON.

Son second quinquennat à peine commencé, deux nouvelles affaires impliquant des responsables de haut niveau qui exercent à ses côtés nous démontrent qu’il y a loin des déclarations solennelles à la réalité.

Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, est renvoyé devant la Cour de Justice de la République pour prises illégales d’intérêts dans une affaire qui s’apparente à un règlement de compte entre l’avocat DUPOND-MORETTI devenu membre important du gouvernement et des magistrats.

Le Secrétaire Général de l’Elysée, véritable deuxième personnage de l’Etat tant est grande son influence dans les décisions de l’Exécutif, est mis en examen pour, lui aussi, prise illégale d’intérêt dans une affaire à caractère financier. Déjà, en juin 2021, ce personnage avait refusé par deux fois d’être entendu par la Commission d’enquête de l’Assemblée Nationale pour expliquer son rôle dans l’OPA de Véolia sur Suez.

Michel PONIATOWSKI, qui sera par la suite Ministre de  l’Intérieur  de  Valéry  GISCARD  D’ESTAING, très  antigaulliste,  dénonçait, en 1972,  la  « République des Copains et des Coquins ». Que dirait-il aujourd’hui ?

Il ne s’agit pas de s’ériger en moraliste ou en censeur. Le monde politique, comme la société toute entière, compte dans ses rangs des personnes qui n’inscrivent pas la rigueur et l’éthique dans leur action. La Gauche comme la Droite en ont connus et, malheureusement, en connaîtront sûrement encore. 

Par contre, on ne peut qu’être choqué par la banalisation de ces deux affaires telle que la pratiquent le Président de la République, le Gouvernement et la majorité parlementaire (relative).

Là encore, comme en 2018, circulez, il n’y a rien à voir.

Quand, dans le même temps, les mêmes responsables s’en prennent aux demandeurs d’emploi en réduisant leurs droits à la solidarité, quand ils refusent d’abonder les recettes de l’Etat et des collectivités territoriales en taxant les superprofits, quand ils s’engagent dans un allongement de la durée du travail avant de pouvoir bénéficier de la retraite, on ne peut que s’interroger sur le positionnement de la macronie en charge de la gestion de la France. 

Alors qu’une récente enquête d’opinion réalisée par l’IPSOS et la Fondation Jean JAURÈS constate un regain de confiance de nos concitoyens envers le système politique, de telles affaires risquent de contrarier cette amélioration. Souhaitons que ce ne soit pas le cas.