Les propos tenus par Fabien ROUSSEL, à la fête de l’Humanité, invitant la gauche à « défendre le travail et ne pas être la gauche des allocations et minima sociaux », ont créé une polémique qui mérite d’être relativisée. A cette occasion, on a beaucoup parlé de « droit à la paresse ». Certains, peu nombreux, se sont souvenus qu’il s’agissait d’un manifeste rédigé en 1880, par Paul LAFARGUE. L’auteur, gendre de Karl MARX, député du Nord en 1891, membre du Parti Socialiste SFIO, dénonçait les conditions de travail de la classe ouvrière au XIXème siècle.
Au cours du XXème siècle, à force de luttes parfois très dures, la protection sociale des salariés a été mise en place et améliorée au fil des ans. Les Socialistes ont été très souvent à l’origine des lois qui ont contribué à changer la vie des ouvriers. Alors que l’on sort à peine de la période des vacances, rappelons que c’est Léon BLUM qui a décidé des congés payés en 1936, quinze jours. C’est Guy MOLLET, en 1956, qui les a fait passer à trois semaines, puis Pierre MAUROY, en 1982, qui fit voter des congés annuels de 5 semaines pour les salariés.
On sait qu’« un morceau avalé n’a plus de goût » et nos concitoyens ont oublié que toutes les avancées sociales dont ils bénéficient aujourd’hui sont à mettre à l’actif de la Gauche. C’est donc impensable qu’on les remette en question. A mon sens, ce n’est pas ce que demande Fabien ROUSSEL. En revanche, il est important que tout le monde trouve un travail et, qu’ainsi, le chômage disparaisse.
La situation économique particulièrement difficile que l’on connaît depuis plusieurs décennies, conséquence du libéralisme et de la mondialisation, a contribué à créer dans l’opinion l’idée selon laquelle l’accès à un emploi n’était plus considéré comme une condition d’épanouissement de l’individu. La protection sociale des demandeurs d’emplois, par ailleurs menacée par les macronistes, suscite chez certains une réaction négative. Cela favorise pour partie l’approbation des thèses fascistes de l’extrême-droite.
Alors que la Suède vient de voter pour ces thèses, que l’Italie se prépare à le faire, que la France a désormais plus de 15 % de ses députés qui sont porteurs d’une idéologie anti-républicaine, il est plus que temps que la Gauche se préoccupe de mieux communiquer avec les citoyens.
La déclaration brutale du secrétaire général du PCF ne doit pas faire oublier la priorité du rassemblement de la Gauche, non seulement pour un accord électoral de circonstance mais surtout pour jeter les bases d’une action gouvernementale alternative.
Gauche radicale (mélenchoniste) et gauche de Gouvernement, aujourd’hui rassemblées dans la NUPES, ont des divergences sur différents sujets. Il importe de vérifier si elles sont conciliables. Encore faut-il une volonté politique d’y parvenir. Existe-t-elle ?