Il est incontestable que les électrices et les électeurs de gauche sont attachés à une union des forces politiques qui s’opposent au conservatisme, au libéralisme économique qui caractérise le capitalisme. Ils l’ont manifesté lors de la dernière élection présidentielle et cela dès le premier tour, plaçant le plus radical des candidats de gauche largement en tête. Ils ont confirmé leur intérêt pour ce rassemblement en votant très nombreux pour les candidates et candidats « labélisés » NUPES aux élections législatives qui ont suivi.
Cependant, sans minimiser l’intérêt d’une union, à gauche, il importe, en référence à l’Histoire de la Gauche française de bien déterminer les conditions de cette union.
Lorsqu’en 1905, les Socialistes se sont rassemblés dans un même parti, la S.F.I.O., le débat s’est engagé entre les leaders d’alors, notamment Jean JAURES et Jules GUESDE, pour arrêter une position en regard de l’action gouvernementale.
En 1920, Socialistes et Communistes se sont séparés parce qu’une minorité conduite par Léon BLUM n’a pas accepté les 21 conditions imposées par le Parti Communiste soviétique. Cela concernait entre autres le fonctionnement démocratique et du pays et du parti.
Sans dérouler toute l’histoire de la Gauche durant plus d’un siècle, retenons la signature d’un programme commun de gouvernement, en 1972, qui engageait les signataires, Socialistes, Communistes, Radicaux de gauche pour mettre en œuvre une politique de transformation de la société. La conséquence en fut le succès de 1981 et les alternances qui ont suivi. On a pu observer au fil des ans que la Gauche gagne les élections et gouverne lorsque le Parti Socialiste en est le fédérateur.
Aujourd’hui, la NUPES n’a pas proposé un programme de gouvernement. Des divergences subsistent, en particulier avec les Insoumis. Elles ne sont pas insurmontables. Encore faut-il en débattre en toute transparence et, s’il le faut, s’en remettre à la décision des citoyens dans les élections à venir.
Dans les rangs du PS, certains font peu de cas des divergences et ne voient que l’intérêt, à court terme de l’accord électoral conclu en mai dernier. C’est dire l’importance d’un débat entre socialistes pour confirmer les orientations qui ont été celles du PS depuis toujours. Ce sera l’enjeu du prochain congrès. Lorsque ce sera fait, une liste exhaustive des questions pour lesquelles il importera de vérifier que les positions sont partagées devra être établie. Dans les discussions à mener, toutes les composantes de la NUPES devront être à égalité de droits et de devoirs. C’est la condition des succès futurs.
A l’interne, il importera d’éviter une « querelle entre les anciens et les modernes ». Nous ne sommes pas à la fin du XVIIème siècle quand une polémique a agité le monde littéraire et artistique. Les avis et analyses des anciens Premiers Ministres, Lionel JOSPIN, Jean-Marc AYRAULT, Bernard CAZENEUVE, de François HOLLANDE malgré tous les reproches injustes qui lui sont faits doivent éclairer les choix à arrêter.
Une refondation s’impose. Le passé éclaire l’avenir, c’est bien connu. Le renier peut nous entraîner dans des impasses. Evitons de nous y enfermer.