Ce jeudi 29 septembre est une journée d’action pour la défense du pouvoir d’achat et la revalorisation des salaires. Ce sont des sujets qui concernent tous les salariés et retraités. C’est dire que pour se faire entendre, les organisations représentatives de ces salariés et retraités doivent se rassembler et constituer un front uni. Ce ne sera malheureusement pas le cas aujourd’hui puisque trois syndicats seulement ont appelé à la grève et à des manifestations partout en France. La CFDT, l’UNSA et Force Ouvrière ne sont pas engagés dans ce mouvement. Il faut espérer que ce ne sera pas le cas, à l’avenir, si d’autres actions du même genre sont programmées. Comme pour les partis politiques de gauche, les organisations syndicales, dans leur diversité, doivent toujours rechercher l’unité d’action.
Journée noire pour les 2600 salariés de l’entreprise Camaïeu, société de prêt à porter féminin, qui ont perdu leur emploi, hier, par la décision de liquidation de l’enseigne par le tribunal de commerce de Lille. C’est une décision lourde de conséquences pour toutes ces femmes et tous ces hommes pour qui leur travail était l’assurance d’un revenu leur permettant de vivre. Ils ne vont plus bénéficier de ce droit fondamental qui est celui d’avoir un emploi. On n’avait pas connu une catastrophe économique et sociale d’une telle ampleur depuis quelque temps. Elle nous démontre une nouvelle fois les conséquences dramatiques du système économique libéral qui ne prend pas en compte la dimension humaine.
C’est dans ce contexte de revendications et de drame social que le Président de la République a arrêté une nouvelle stratégie pour sa réforme des retraites. Il a bien mesuré qu’un passage en force à travers un amendement à la loi de financement de la Sécurité Sociale, adopté si nécessaire sans vote à travers le recours au 49-3, risquait de susciter pas mal de réactions dans l’opinion, au Parlement et même dans les rangs de sa majorité.
Une large concertation sera engagée par le Gouvernement avant le dépôt d’un projet de loi. Qu’en sortira-t-il ? Il est trop tôt pour le dire. La référence aux « concertations » précédentes de Monsieur MACRON, grand débat faisant suite au mouvement des gilets jaunes, convention citoyenne pour le climat, n’est pas encourageante quant à la prise en compte des aspirations des « concertés ».
La gouvernance macronienne que nous subissons depuis bientôt six ans a montré le peu de cas, pour ne pas dire l’absence de considération, accordé aux partenaires, responsables syndicaux, élus, associations. C’est une raison suffisante pour justifier la méfiance qu’il convient d’avoir à l’encontre de cette majorité relative. Tant que demeurera l’idée que la retraite est d’abord une question comptable et non une obligation de solidarité, on ne peut craindre que le pire. Plus que jamais, la Gauche, le Parti Socialiste en son sein, ne doit pas se contenter de slogans pour dire son attachement à l’âge de la retraite mais proposer des formes de financement parmi lesquelles le recours à l’impôt. Là est la justice sociale.