On peut s’interroger : une gifle est-elle un évènement historique qui influence la politique ? C’est d’abord un acte de violence forcément condamnable comme doit l’être, dans une société moderne, toute action de brutalité qui affecte un être vivant, personne ou animal.
Lorsque le Dey d’Alger, en 1827, a porté un coup d’éventail au Consul de France, il s’en est suivi une tension entre les deux pays. On s’accorde à dire que ce geste a causé la conquête coloniale de l’Algérie par la France à partir de 1830.
Comparaison n’est pas raison et l’évènement rappelé à l’instant, vieux de près de deux siècles, n’a rien de semblable avec le geste inexcusable d’un responsable politique, geste qui agite pourtant le monde politique et médiatique de notre pays.
Ce geste est inadmissible. Il l’est s’il émane d’une personne, en général. Il l’est encore davantage lorsqu’il est le fait d’un élu national exerçant des responsabilités dans son parti. C’est l’une des raisons qui suscitent des réactions, autant à l’encontre de l’acte lui-même et de son auteur que par rapport aux prises de position de quelques insoumis, Jean-Luc MÉLENCHON lui-même.
Cela ne peut pas être sans conséquence sur les relations établies au sein de la NUPES, de la part des partenaires de cette alliance, vis-à-vis des Insoumis. Parmi ces partenaires, le Parti Socialiste et son Premier Secrétaire ont été trop discrets sur ces affaires. Olivier FAURE est même allé jusqu’à mettre en avant les circonstances atténuantes, en l’occurrence un divorce, pour expliquer le geste et en relativiser la gravité. Certes, nous sommes dans le domaine de la vie privée. Ces affaires sont cependant provoquées par des hommes publics. Elles prennent, de ce fait, une dimension politique. De plus, dans les rangs de LFI, ce n’est malheureusement pas le premier cas dans lequel les rapports homme-femme sont mis à l’index.
Un autre problème de violences faites aux femmes concerne un responsable des écologistes. Là encore, ce n’est pas le premier du genre. Dans ce cas présent, c’est des propres rangs d’EELV que viennent les critiques les plus dures. Un sujet aussi grave ne devrait pas servir une bataille d’influence interne.
Il ne s’agit pas d’être donneur de leçon ou de se draper dans un moralisme mal venu. Il s’agit de dire avec force que les propos tenus depuis quelques jours pour tenter de minimiser la faute sont inacceptables. Ensuite, il revient à chacune des personnes à l’origine des faits reprochés de décider de ce qu’elles doivent faire. Au bout du compte, c’est la justice qui tranchera et, puisqu’il s’agit d’élus, les électrices et électeurs, le moment venu, quand ils seront appelés à voter.
Une chose est certaine : la violence, verbale ou physique, n’a pas sa place en politique. Il faut que le Parti Socialiste le rappelle avec force, en particulier à ses partenaires de la NUPES.