Lundi dernier, je déplorais le peu d’intérêt suscité dans l’opinion par les élections législatives qui auront lieu dans six jours. Cet état de fait est relevé par de nombreux observateurs et plusieurs médias le développent. Tous s’accordent pour souligner, dénoncer parfois, le rôle joué par le président, réélu certes, mais qui fait tout ce qu’il faut pour faire accroire que sa réélection a tout réglé pour les cinq ans à venir.
On a souvent évoqué sa gouvernance jupitérienne en raison de ses méthodes et son comportement. Elle s’est affirmée encore davantage depuis sa réélection. Le temps écoulé entre celle-ci et la nomination du Gouvernement témoignait à l’évidence que pour Monsieur MACRON, les Ministres n’ont qu’un rôle secondaire et qu’il est le seul détenteur du pouvoir.
Pas un seul candidat ou candidate macroniste ne se présente aux suffrages sans avoir été adoubé par lui. A ce propos, il vient d’enregistrer un échec symbolique : l’élimination, dès le premier tour, de Manuel VALLS qui ambitionnait de redevenir député, candidat dans la circonscription « Espagne-Portugal » des Français de l’étranger. C’est la confirmation que la trahison en politique finit par être sanctionnée. « Le bac se retourne toujours sur le pourchau » dit-on dans le Nord.
Dans sa pratique de ces derniers jours, le Chef de l’Etat s’est employé à occuper de nombreuses fonctions ministérielles, un véritable homme-orchestre en même temps qu’un directeur de campagne électorale pour les candidats macronistes.
C’est ainsi qu’à Marseille, on l’a entendu présenter son programme en matière d’Education Nationale, le Ministre concerné à ses côtés mais jouant le rôle du « muet du sérail ». S’il persévère dans son projet anti-démocratique, il faudra une très forte mobilisation pour défendre notre système éducatif universel et la laïcité, tous deux menacés dans leurs fondements.
De la même façon, Monsieur MACRON a endossé le costume du Ministre de la Santé à Cherbourg en annonçant le lancement d’une « grande conférence » sur la santé, les urgences, l’hôpital public, oubliant qu’il est au pouvoir depuis cinq ans. Il nous refait le coup du « grand débat » initié après la crise des gilets jaunes et dont on ignore toujours les conclusions.
Ministre des Sports, Monsieur MACRON a convaincu Kylian MBAPPÉ de rester en France plutôt que de « s’exiler » en Espagne.
Ministre des Affaires Etrangères, il demande qu’on « n’humilie pas POUTINE », rejoignant ainsi les thèses de l’extrême-droite et des insoumis.
Toutes ces annonces qui devraient relever du Gouvernement et de ses membres sont accompagnées de la part du Chef de l’Etat de déclarations d’intention quant à sa manière de gouverner. Des intentions à la réalité, il faudra sûrement attendre encore…un certain temps.
Si la campagne électorale se caractérise par son absence de dynamisme, cela n’empêche pas certains candidats macronistes de tromper les électrices et les électeurs. Certains, et c’est le cas dans la circonscription que j’ai représentée pendant 34 ans, se réclament de « la gauche dans la majorité présidentielle ». C’est une escroquerie intellectuelle. On ne peut pas soutenir la politique de Monsieur MACRON et se prétendre de gauche. Je ne veux pas rappeler toutes les mesures mises en œuvre depuis 2017 et démontrer combien elles ont porté atteinte à la justice sociale et au fonctionnement démocratique de nos institutions. On les connaît. L’opportunisme n’autorise pas un tel mensonge.