La Démocratie, c’est d’abord le vote des citoyens. La Démocratie représentative, c’est la désignation par ces mêmes citoyens, de celles et de ceux qui agiront en leur nom pour mettre en œuvre une politique touchant à tous les aspects de notre vie collective. Mais l’élection, même si elle se déroule dans le respect des règles de droit comme c’est le cas en France, n’est pas la seule condition pour l’exercice du pouvoir. Il importe que soient respectés certains principes inhérents à la Démocratie.
Or force est de constater que, si le Président de la République a bien été réélu le 24 avril dernier, il fait peu de cas, lui et ceux qu’il a nommés pour diriger le pays, de la Démocratie en tant que valeur fondamentale de la République.
Les exemples sont nombreux de ministres mis en examen qui sont restés au gouvernement malgré les procédures judiciaires mises en œuvre à leur encontre. L’un d’entre eux ayant même été condamné. Le principe primordial de la présomption d’innocence doit bien entendu rester la référence. Pour un responsable politique, l’éthique qui devrait être sa référence devrait l’obliger à se retirer momentanément du devant de la scène. Avec l’actuel Chef de l’Etat, cette règle déontologique n’est pas la référence, au contraire.
Reconduire, comme cela vient de se faire, dans des fonctions de ministre régalien, en l’occurrence celui de la Justice, une personne mise en examen par la Cour de Justice de la République témoigne à l’évidence du peu de considération de l’Exécutif à l’égard de l’institution judiciaire et des magistrats.
En matière de comportement devant les graves évènements qui marquent notre société, comment ne pas être choqué par les déclarations mensongères du Ministre de l’Intérieur à la suite des graves incidents survenus au Stade de France samedi dernier. Affirmer et confirmer la circulation de plusieurs dizaines de milliers de faux billets d’entrée pour expliquer la mauvaise gestion du flux des supporters britanniques à l’entrée du stade, pourrait faire sourire s’il ne traduisait pas une conception de l’exercice du pouvoir contraire aux principes de la Démocratie.
Dans mon précédent billet, j’évoquais l’indifférence de l’opinion vis-à-vis des prochaines élections législatives. Tous les observateurs s’accordent à reconnaître que la manière selon laquelle Monsieur MACRON a géré son « après-réélection » est la cause principale de cette indifférence.
Sans aller jusqu’à dire que la République et la Démocratie sont en danger comme ce fut le cas au cours de notre Histoire, certains en ont une conception qui constitue incontestablement une dérive dangereuse. Pour enrayer cette dérive, le bulletin de vote des 12 et 19 juin prochain est un bon moyen pour y parvenir.