Un observateur attentif de la vie politique de notre pays pourrait considérer que nous sommes engagés dans une impasse. A constater l’état de l’opinion et son désintérêt évident pour les élections législatives qui auront lieu dans moins de deux semaines, on en déduirait aisément que nos concitoyens considèrent que l’élection présidentielle, et elle seule, a fixé une ligne intangible pour les cinq années à venir.
Or, il n’en est rien et ce n’est que si une majorité de macronistes était reconduite à l’Assemblée Nationale qu’il nous faudrait subir à nouveau la politique d’injustices sociales qui caractérise l’action du Chef de l’Etat réélu. Il est donc possible de mettre en œuvre une autre politique.
On a connu ce qu’on appelle la cohabitation entre 1986 et 1988. Durant deux ans, une majorité parlementaire de droite a gouverné la France alors que François MITTERRAND demeurait Président de la République. Cette situation s’est reproduite entre 1993 et 1995 avec les mêmes protagonistes. Entre 1997 et 2002, la Gauche est majoritaire à l’Assemblée Nationale, avec Lionel JOSPIN Premier Ministre, qui instaure notamment la CMU, les 35 heures et le PACS bien que ce soit Jacques CHIRAC qui est installé à l’Elysée.
Ce rappel de notre histoire institutionnelle récente permet de considérer que c’est bien à partir des élections législatives qu’un gouvernement peut mener une politique, de droite ou de gauche selon le cas.
A un moment où les Françaises et les Français sont confrontés à de nombreux problèmes, l’opportunité d’un changement est à saisir.
Cela pourrait concerner le pouvoir d’achat des ménages, sujet particulièrement sensible pour tous les titulaires de revenus faibles ou moyens. Le passage à la caisse des supermarchés permet de constater une hausse significative du coût de la vie alors que les salaires et les retraites semblent figés à un niveau tel que l’inquiétude s’installe dans les familles.
Dans le domaine de la santé, il ne se passe pas de jours sans que des professionnels, médecins, infirmières et autres, n’expriment leurs craintes quant à l’avenir de notre système de soins. Pourra-t-on être accueilli dans un hôpital, en cas de besoin, alors que des lits sont supprimés par manque de moyens humains ?
Le même problème se pose dans l’enseignement. Des académies en sont réduites à publier des petites annonces pour recruter des enseignants. Les candidats, après un court entretien d’embauche se retrouveront devant des enfants ou des adolescents sans avoir reçu une formation approfondie qui leur permettrait de préparer notre jeunesse à un avenir que l’on souhaite meilleur.
Ce sont des centaines de milliers de personnes qui sont aujourd’hui dans l’attente d’obtenir un logement décent. Or, l’offre est particulièrement insuffisante en matière de logement social.
D’autres domaines pourraient encore illustrer un contexte qui justifie un changement rapide et en profondeur de la politique telle que nous la subissons depuis 2017.
« Gouverner, c’est prévoir » dit-on communément en faisant référence à plusieurs responsables politiques du passé. Aujourd’hui, nous avons l’opportunité de prévoir une politique de justice sociale, de démocratie, de libertés. Saisissons-là, le 12 juin prochain, en votant pour la Gauche.