Il y aurait des élections législatives dans dix-sept jours. Je dis bien « il y aurait » car jamais campagne électorale n’a été aussi terne.
Au plan national, les médias consacrent davantage de place dans leurs éditions à la situation d’un ministre du nouveau gouvernement accusé d’agressions sexuelles mais qui demeure en fonction. Cet état de fait relègue au second plan, si ce n’est au troisième, les débats sur le bilan du quinquennat 2017-2022. Il ne permet pas non plus de mener la confrontation entre les projets de gouvernement portés par les différentes sensibilités politiques.
Sur le bilan comme sur les intentions macroniennes pour les cinq ans à venir, il y aurait pourtant beaucoup à dire. Mais qui s’en préoccupe ?
Au plan local, et pour ce qui me concerne, sur le territoire où j’ai mené des campagnes électorales à chaque fois victorieuses pendant quarante ans au nom du Parti Socialiste, l’accord électoral passé entre les quatre composantes de la NUPES a pour conséquence de laisser sur le côté le PS pourtant bien présent par ses élus dans toutes les communes de la circonscription.
Néanmoins, il ne s’agit pas de baisser les bras mais, au contraire, de préparer l’avenir. En politique, rien n’est jamais définitif ai-je l’habitude de dire. L’important est de demeurer fidèle aux valeurs auxquelles on croit et de les défendre avec acharnement et conviction, quel que soit le contexte.
Le temps qui s’est écoulé entre l’élection présidentielle et la nomination de la Première Ministre puis du nouveau gouvernement a été savamment utilisé par le Chef de l’Etat réélu pour occulter la campagne législative et éviter que l’on évoque devant l’opinion toutes les injustices créées par la politique du précédent quinquennat.
Peu de commentaires ont également été formulés sur la reconduite dans ses fonctions d’un ministre de la Justice mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » par la Cour de Justice de la République. Ce cas, comme quelques autres, démontre le peu de considération du Président de la République vis-à-vis de l’institution judiciaire et des magistrats.
C’est une illustration parmi d’autres des risques qui pèsent sur nos institutions quand ceux qui en sont garants les adaptent à leurs ambitions.
C’est dire l’importance des élections des 12 et 19 juin. Ce sera l’occasion pour les Françaises et les Français de marquer leur désapprobation de la politique macronienne en votant contre les candidats qui la portent. A l’inverse, ils pourront exprimer leur volonté de changement en participant à l’élection du plus grand nombre possible de députés de Gauche.