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jeudi 9 juin 2022

Bâtir un projet

Bien que certains s’y livrent déjà, il ne serait pas responsable d’analyser des résultats d’élections qui ne se dérouleront que dans trois jours, pour le premier tour et dans dix pour le second. 

Cependant, il ne faudrait pas que ces résultats, quand nous les connaîtrons, ne relèguent au second plan le contexte politique qui aura précédé le scrutin. Le Parti Socialiste, en particulier, qui a été l’un des acteurs déterminants de la vie politique française depuis plus d’un siècle, aura l’ardente obligation de tirer toutes les conséquences de ses décisions, et surtout de ses non-décisions, au cours des années écoulées.

Il faudra ranger au magasin des regrets les conditions de l’accord électoral conclu dans le cadre de la NUPES, accord dont le PS ne pouvait pas en être absent même si on ne peut que déplorer le très faible nombre de circonscriptions dans lesquelles il soutiendra une ou un candidat(e) socialiste, 70 sur 577 pour la France dont 2 sur 21 dans le Nord. Les résultats obtenus par Anne HIDALGO à l’élection présidentielle ont servi de base de calcul sans que soit pris en compte la représentativité du Parti Socialiste dans les villes, départements et régions qu’il dirige.

Il ne faut pas vivre sur des regrets mais avec de la mémoire. La direction dont s’est doté le PS au lendemain de son échec de 2017 n’a pas su ou pas voulu engager un processus de reconquête du soutien de l’opinion. Il ne s’agissait pas de tomber dans le radicalisme tel que l’ont exprimé les insoumis. Il convenait de porter des propositions alternatives à celles du libéralisme macronien. La recherche d’un accord programmatique avec le parti communiste et les écologistes était indispensable. Au lieu de cela, le quinquennat écoulé n’aura été qu’un temps de contrition, d’excuses, de regrets par rapport aux choix politiques des gouvernements de François HOLLANDE.

Les électrices et les électeurs de gauche sont attachés au rassemblement, à l’union entre les différentes sensibilités qui ont toujours existé au sein de la Gauche française. Ils ont voté utile au premier tour de l’élection présidentielle afin d’avoir un candidat qui les représenterait au second tour. Cet objectif n’a pas été atteint mais il a permis à Jean-Luc MÉLENCHON de jouer le rôle de rassembleur. Le projet de société défendu par le chef des insoumis, son programme d’action gouvernementale sont passés au second plan. Quels que soient les résultats, que les candidats de gauche soient ou non majoritaires à l’Assemblée Nationale, le Parti Socialiste aura l’impérieux devoir de définir ou redéfinir sa position sur les grandes questions qui seront forcément posées dès le début de la prochaine législature. Les mouvements sociaux auxquels on assiste ces jours-ci montrent à quel point il y a urgence d’y apporter des réponses. Ce ne sont pas les promesses présentées par les membres du gouvernement et par le Chef de l’Etat réélu qui doivent être entendues. Elles ne servent qu’à essayer de conserver une majorité. 

La justice sociale, la santé, le logement, l’éducation, la démocratie, l’Europe, les équilibres internationaux n’ont pas besoin de promesses mais d’un projet politique différent et ambitieux. Le Parti Socialiste doit y contribuer.