« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » déclarait Jacques CHIRAC au Sommet de la Terre à Johannesburg en 2002 à propos de l’avenir de la planète.
Au lendemain du premier tour des élections législatives, la même formule pourrait s’appliquer quant à l’avenir de notre Démocratie. Du fait d’une abstention de plus de 50 %, la Démocratie est menacée. On pourrait même dire qu’elle est en danger. Lorsque plus d’un Français sur deux ne participe pas à la désignation de ses représentants, nos institutions sont fragilisées dans leur essence même.
Ce n’est malheureusement pas la première fois que l’on constate un tel taux de non-participation. Jusqu’alors, les responsables politiques, quelles que soient les sensibilités, se sont contentés de le déplorer. Il est plus qu’urgent de mettre en place des dispositions institutionnelles pour corriger cet état de fait. Le vote obligatoire, le vote électronique, la préparation des enfants et des adolescents à devenir des citoyens, une information digne de ce nom des électeurs pour éclairer leur choix, toutes ces mesures, et d’autres encore, doivent être examinées.
Si le nombre des abstentionnistes constitue l’élément le plus important de l’analyse de ce premier tour de scrutin, les résultats obtenus par la Gauche démontrent l’intérêt de son électorat pour le rassemblement. Les conditions dans lesquelles l’accord électoral a été passé ne sont pas satisfaisantes pour les socialistes. Ce n’est malheureusement que la conséquence d’une impréparation, par la direction du PS, des échéances électorales de 2022, tant présidentielle que législatives.
Les résultats constatés au soir du premier tour obtenus par les candidats de la NUPES ne pourront pas servir de référence pour faire oublier cette impréparation. Le congrès qui, statutairement, doit être organisé dans les prochaines semaines sera le lieu du débat indispensable pour clarifier et rappeler les orientations toujours défendues jusqu’alors par le Parti Socialiste dans tous les domaines de la vie politique. Les ambiguïtés qui découlent de l’accord électoral conclu entre les quatre principales organisations de la gauche française devront faire l’objet d’éclaircissements indispensables. Ce sera le point de passage obligé pour arriver à un programme de gouvernement partagé par tous.
La composition de la prochaine Assemblée Nationale ne sera connue que dans une semaine. D’ores et déjà, la projection des résultats du premier tour donne des indications sur ce que pourraient être ceux du second tour. Ce ne sont que des supputations. Une élection n’est jamais ni gagnée ni perdue d’avance. Les candidats de gauche ont quelques jours pour convaincre, dans chaque circonscription, de leur capacité à infléchir les projets du candidat MACRON réélu Président de la République. Tel est le challenge.