Rien n’autorise le Président de la République, réélu il y a deux mois, à se prévaloir de « l’intérêt supérieur de la nation » pour appeler à voter pour les candidats qu’il soutient. Cet « intérêt supérieur » est défendu avec autant de légitimité par la Gauche et par la Droite. Il n’est pas la propriété de Monsieur MACRON. Sa réélection incontestable ne lui permet pas pour autant de prétendre être le seul porteur de cette obligation.
Depuis dimanche soir, la panique semble s’être installée dans le camp macronien. Des déclarations contradictoires sont formulées par ses responsables, Première Ministre en tête. Il y aurait, parmi les candidats de gauche, des républicains acceptables et d’autres qui seraient aussi dangereux que l’extrême-droite. Cette dernière a, on le sait, une conception étriquée de la nation. C’est elle l’adversaire des valeurs de la Démocratie et de la République. C’est elle qu’il faut éliminer le plus possible du paysage politique français. Pour ce faire, il n’y a pas d’autre solution que de voter au second tour pour la candidate ou le candidat qui affronte un adversaire du rassemblement national. On rencontre cette situation dans un grand nombre de circonscriptions comme on l’a connue au second tour de l’élection présidentielle. Le Chef de l’Etat ne devrait pas oublier celles et ceux à qui il doit sa reconduction dans ses fonctions.
Le comportement jupitérien de Monsieur MACRON l’a amené à retarder le plus possible le débat indispensable pour permettre le choix démocratique entre deux politiques. C’est lorsqu’il a compris le danger qui pèse sur son camp en analysant les résultats du premier tour, qu’il a revêtu ses habits de directeur de campagne de la macronie. On se serait cru à l’époque où le Général DE GAULLE lançait sa célèbre formule : « Moi ou le chaos ». Dans le cas présent, il manquait le panache du fondateur de la Ve République.
L’intérêt supérieur de la nation est aujourd’hui entre les mains des citoyennes et des citoyens. A celles et ceux qui n’ont pas voté au premier tour il faut dire que ces élections sont déterminantes pour apporter davantage de justice sociale. La retraite retardée à 65 ans, la dégradation de notre système de santé, les dysfonctionnements dans l’Education Nationale et, d’une manière générale, le projet porté par les candidats macroniens ne sont pas les éléments d’une politique de justice sociale.
L’accord électoral passé entre les différentes composantes de la Gauche a comme conséquence une candidature unique dans les circonscriptions où les résultats du 1er tour ont placé en tête ou en seconde position le représentant de cette gauche rassemblée. C’était le souhait des électrices et des électeurs socialistes, communistes, écologistes ou insoumis. Comme dans une compétition sportive, la première étape a été gagnée. Il faut désormais obtenir le meilleur résultat possible dimanche prochain.