L’accord électoral conclu entre les Socialistes, les Communistes, les Écologistes et les Insoumis suscite de nombreux commentaires, interrogations et des insatisfactions quant au nombre de circonscriptions attribuées à telle ou telle formation politique. Cela entraînera forcément des candidatures dissidentes. Ce n’est pas le plus important.
La phase électorale que nous connaissons en ce printemps 2022 aura été marquée par des résultats en « trompe-l’œil » comme quasiment jamais on en a connus.
Les 21,95 % des suffrages obtenus par Jean-Luc MÉLENCHON au premier tour de l’élection présidentielle ne traduisent absolument pas l’adhésion d’un Français sur cinq aux thèses des insoumis sur l’Europe, l’Ukraine, l’OTAN, la laïcité.
Les 58,55 % d’Emmanuel MACRON au second tour lui permettent d’être à nouveau Président de la République. C’est incontestable au regard du fonctionnement démocratique de nos institutions. N’oublions pas cependant que seulement 20,07 % des électeurs inscrits ont approuvé ses propositions au premier tour.
Dans un autre domaine, l’accord conclu entre les partis de gauche a été approuvé par 60 % des membres du Conseil National du Parti Socialiste. Ceux qui connaissent le fonctionnement interne du PS savent que la majorité se constitue à l’occasion des congrès. A Villeurbanne, en septembre dernier, Olivier FAURE, Premier Secrétaire avait obtenu le soutien de 73,5 % du vote des militants. Force est de constater une évolution interne du rapport de force à l’occasion de ce dernier vote.
En réalité, le paysage politique français, sur la base des résultats du premier tour du 10 avril, c’est une Gauche qui représente 32 % des votants. Rassemblée dans le cadre de l’accord électoral que ses composantes ont conclu, elle peut prétendre à un nombre de députés qui constitueront une force significative dans les débats qui suivront.
Contrairement à ce qu’a tenté de faire croire Jean-Luc MÉLENCHON, ce ne sera pas un Premier Ministre qui sera élu les 12 et 19 juin mais des députés de différentes sensibilités, à droite comme à gauche. C’est dans les rangs de la majorité qui sortira des urnes que le Chef du Gouvernement sera choisi.
Si la Gauche se présente rassemblée devant les électrices et les électeurs, c’est d’abord dans le but d’obtenir un maximum de députés pour chacune des composantes de l’accord électoral. Il n’y a malheureusement pas de programme commun de gouvernement et trop de divergences demeurent entre les projets politiques des uns et des autres. Les cinq années écoulées n’ont pas été mises à profit pour élaborer un projet politique. Il faudra le faire sans délai dès le lendemain des élections législatives. Ce sera le meilleur moyen pour formuler des propositions alternatives à celle de la droite libérale macronienne.
Les Socialistes, à partir de leur expérience et de leur histoire, doivent redevenir une force de propositions. C’est à cette condition que la Gauche retrouvera sa crédibilité dans l’opinion.