L’accord électoral de rassemblement de la Gauche suscite de vives réactions d’opposition au sein du Parti Socialiste et dans son électorat. Cette opposition interne proclame sa volonté de rassemblement en même temps que son rejet d’un accord avec les mélenchonistes. Or, il faut bien considérer que les parties prenantes à l’accord que sont les communistes et les écologistes ont accepté cette Nouvelle Union Populaire Ecologiste et Sociale (NUPES) même si, dans leurs rangs, des oppositions se manifestent également. On ne peut que regretter la méthode imposée par les « insoumis » : celle de discuter séparément avec chacun des acteurs du rassemblement.
Le Parti Socialiste ne pouvait pas passer un accord électoral avec lui-même. Il n’avait pas d’autre choix que de se retrouver avec les trois autres signataires de cet accord.
Il est évident que le nombre de circonscriptions, soixante-dix, dans lesquelles c’est un candidat socialiste qui sera soutenu par la NUPES, est faible. Il semble que les négociateurs aient manqué de pugnacité. Ils ont surtout montré leur méconnaissance de la carte électorale.
Ainsi, dans le Nord, laisser la 3ème circonscription au PS au détriment d’une autre, la 2ème par exemple que j’ai eu l’honneur de représenter pendant 34 ans, n’a pas de cohérence politique. Il en est de même à Paris où la député socialiste Lamia EL AARAJE, élue en juin 2021 mais dont l’élection a été annulée par le Conseil Constitutionnel à la suite de la malversation d’un candidat se réclamant à tort du parti macroniste. La délégation socialiste a accepté que cette circonscription soit dévolue à la candidate mélenchoniste qui avait pourtant été battue il y a un an par la socialiste. C’est inacceptable.
D’autres cas pourraient être cités pour l’ensemble des 577 circonscriptions législatives. Cela amènera vraisemblablement des dissidences par rapport à l’accord de la NUPES. C’est courant à chaque élection. Ce n’est pas grave et surtout cela ne doit pas empêcher les Socialistes de réfléchir à la refondation de leur parti. Car après l’épisode des élections législatives il sera impératif pour le PS de préparer la suite et de tout mettre en œuvre pour regagner la confiance de l’opinion.
Un congrès en sera la première étape. Celui-ci devra désigner un Premier Secrétaire et une direction capables de mobiliser les militants. Cela passera par l’élaboration d’un projet de société et d’un programme gouvernemental préparés par les adhérents du Parti et ses sympathisants. Il faudra dans le même temps, la Gauche étant pluraliste, mener avec toutes ses composantes des discussions à caractère idéologique et programmatique. Ainsi, les Françaises et les Français qui aspirent à une autre politique que celles que nous proposent le Président de la République nouvellement réélu, la droite qui ne sait plus bien où sont ses repères (DE GAULLE, CHIRAC, GISCARD D’ESTAING ou SARKOZY), l’extrême-droite de plus en plus raciste, xénophobe et anti-européenne.
Celles et ceux qui, dans les rangs de la Gauche, n’acceptent pas l’accord passé avec Jean-Luc MÉLENCHON doivent patienter encore cinq semaines et se mobiliser pour faire élire le plus grand nombre possible de candidats socialistes. Après quoi, il faudra s’engager avec détermination dans la défense des valeurs du socialisme.