Au moment où j’écris ces lignes, les discussions ne sont pas terminées entre Socialistes et Mélenchonistes. Un accord a été conclu entre les insoumis et les écologistes. Je laisse le soin à celles et ceux qui ont fait confiance à Yannick JADOT de recenser les sujets pour lesquels EELV a renoncé à ses positions antérieures.
En refusant que tous les partenaires potentiels d’une stratégie d’union se retrouvent ensemble autour de la même table, Jean-Luc MÉLENCHON s’est placé d’emblée dans la position autoritaire qui le caractérise. Il a ainsi interdit que socialistes, communistes, écologistes puissent faire entendre un point de vue partagé sur de nombreux sujets.
Dans les rangs du PS, des voix s’élèvent pour souligner les risques d’une telle pratique. Cela ne signifie pas une fracture interne comme on peut l’entendre ou le lire dans les médias. Il s’agit simplement de rappeler qu’un accord politique ne peut être conclu sur la base d’un renoncement.
Les Socialistes ont fait campagne en soutenant leur candidate courageuse, Anne HIDALGO. Cette dernière a rappelé régulièrement les différences entre son projet et celui de son concurrent insoumis. Il serait malvenu de reconsidérer ces positions qui découlent des valeurs portées par le Socialisme.
Les Socialistes ont accompagné François HOLLANDE entre 2012 et 2017 à l’exception de quelques frondeurs dont l’Histoire mesurera les conséquences dévastatrices de leur comportement. Il ne serait pas acceptable que pour arriver à un accord, il faille rejeter globalement les décisions d’alors.
Chacun s’accorde à dire que l’accord programmatique doit prévaloir. Les écologistes se sont vus accorder cent circonscriptions sur les 577 sièges de députés à pourvoir. On a l’impression qu’en définitive c’est cette dimension qui a revêtu plus d’importance qu’un projet politique partagé.
Tout aussi important sera la gestion de la suite des discussions en cours. Il ne s’agit pas d’anticiper sur leur résultat. On peut cependant bâtir des hypothèses. Si un accord est trouvé entre les délégations (j’ai bien dit les délégations) du PS et des insoumis, les règles de fonctionnement interne au PS devront être scrupuleusement respectées. Après une analyse approfondie du texte de l’accord, les membres du parti devront se prononcer expressément. C’est une demande formulée par de nombreux militants, demande à laquelle j’ai souscrit.
N’anticipons pas sur une suite totalement inconnue. Six semaines nous séparent du premier tour des élections législatives. C’est dire que le temps est suffisant pour ne pas se précipiter. La Gauche doit se rassembler pour ambitionner des résultats plus satisfaisants que pour l’élection présidentielle. Faisons tout pour y parvenir dans le respect des valeurs et des principes qui sont la base du combat des Socialistes depuis plus d’un siècle.