Depuis hier soir, la Gauche est rassemblée pour aborder les élections législatives dans cinq semaines. C’est l’élément positif qu’il faut retenir de ces journées de discussions entre les quatre composantes de la Gauche française, Socialistes, Communistes, Ecologistes et Insoumis. Nombreux sont les militants socialistes et les partisans de la social-démocratie qui ne sont pas satisfaits de l’accord passé avec les mélenchonistes. C’est la conséquence d’une antipathie portée à l’encontre de Jean-Luc MÉLENCHON et d’un refus de souscrire au programme qu’il a proposé dans sa campagne présidentielle.
Mais, car il y a un « mais » de taille : une grande partie des électrices et des électeurs de Gauche souhaitent un rassemblement des différentes composantes de cette Gauche. Ils l’ont montré à travers leurs votes du 10 avril dernier qui ont donné les résultats que l’on connaît. La radicalité des propositions du leader des insoumis en a convaincu quelques-uns. Les sondages en ont amené d’autres vers le vote « utile ».
Plusieurs observateurs parlent d’union de la Gauche. C’est aller un peu vite en besogne. Il y aura rassemblement derrière des candidats uniques dans chacune des 577 circonscriptions du pays sous l’appellation de Nouvelle Union Populaire. Les Socialistes, comme les autres partis de gauche, feront tout pour faire élire les candidats qu’ils présenteront.
Il manque cependant un accord programmatique complet pour que l’on puisse parler d’Union de la Gauche. C’est le prochain objectif qu’il faudra se fixer, dès le lendemain des élections législatives. Cela nécessitera en préalable que les Socialistes se donnent une direction capable de mener le débat idéologique et de projet indispensable avant toute discussion avec nos partenaires électoraux. C’est parce que cela n’a pas été fait depuis 2017 que le PS est aujourd’hui en position de faiblesse.
Un accord n’est jamais pleinement satisfaisant. Il faut forcément faire des concessions et laisser de côté, pour un temps, quelques-uns des objectifs dont les Socialistes sont porteurs. J’ai bien dit « pour un temps ». Cette période prendra fin le 19 juin au soir, après le constat des résultats obtenus par les composantes de l’Union populaire. Le Parti Socialiste aura fait ce qu’il fallait en démontrant son attachement au rassemblement des forces de gauche. Le nombre des députés socialistes qui seront élus contribuera à l’appréciation qu’il faudra porter tant sur la stratégie retenue que sur l’action de la direction du PS et de son Premier Secrétaire au cours des cinq années écoulées.
Mais, chaque chose en son temps. La majorité sortante sera-t-elle reconduite ? Personne ne peut le dire de manière sûre. Les Françaises et les Français qui n’ont pas voté pour le candidat MACRON au 1er tour de l’élection présidentielle représentent 72,4 % des électeurs. C’est à eux que revient la décision de changer de politique.