« Plus jamais ça ». De nombreuses fois, cette formule a été prononcée dans l’histoire de l’humanité : au lendemain de guerres fratricides, à la suite de catastrophes ou lorsque des évènements dramatiques ont affecté la vie collective. Aujourd’hui, cette formule traduit l’état d’esprit de nombreux Français qui, depuis quelques semaines, vivaient dans la crainte, l’angoisse parfois, de voir la France élire une présidente d’extrême-droite. Il convient de saluer la sagesse de la majorité de nos concitoyens qui les a amenés à choisir le moindre mal, plutôt que le pire, comme je l’écrivais le 14 avril dernier.
Il appartient désormais aux responsables politiques de tout mettre en œuvre pour que la France ne connaisse plus l’épreuve que nous venons de traverser.
C’est d’abord le Président élu qui devra s’employer à mener une politique qui tienne compte du fait que ses électeurs du second tour, qui pour beaucoup d’entre eux, n’ont pas voté pour lui mais contre son adversaire. C’est dire que ses propositions de campagne, s’il prétend les mettre en œuvre sans nuance, se heurteront à une forte opposition.
C’est ensuite à la Gauche de se mettre en situation de reconquête de l’opinion en se présentant rassemblée pour le prochain rendez-vous démocratique que seront les législatives des 12 et 19 juin prochains. C’est la condition essentielle pour espérer entraîner un vote favorable de l’électorat de gauche. Socialistes, communistes, écologistes, insoumis ont le devoir impérieux de proposer ensemble une plate-forme programmatique commune.
Cela sous-entend qu’il n’y ait pas d’exclusive prononcée à l’encontre de telle ou telle composante de la Gauche. Les résultats du premier tour, bien sûr, mais aussi ceux obtenus dans les élections intermédiaires depuis 2017 et les mesures économiques, sociales, sociétales, institutionnelles mises en œuvre par des Gouvernements de Gauche depuis plusieurs décennies, serviront de base à l’élaboration d’un accord politique pour la législature à venir.
Parallèlement à cet accord programmatique, des candidatures communes dans certaines circonscriptions ne sont pas à exclure.
Ailleurs, la concurrence au premier tour permettra un plus large rassemblement au second. Il faudra cependant tenir compte de l’obligation d’obtenir les voix d’au moins 12,5 % des inscrits le 12 juin pour être présent le 19.
Une nouvelle page de notre histoire s’est ouverte hier. Des sujets d’importance seront à la base d’analyses et de propositions qui devront répondre aux attentes de nos concitoyens. Le Parti Socialiste, malgré la situation très difficile dans laquelle il se trouve, a un rôle important à jouer. Il a une Histoire. Il est à l’origine de mesures qui ont transformé positivement la vie des Français et qu’il faudra rappeler. Il est porteur , comme l’écrivait Pierre MAUROY en 1977, des héritiers de l’avenir.