Le second tour de l’élection présidentielle, dans deux semaines, verra s’affronter les mêmes qu’il y a cinq ans. Ce n’est pas véritablement une surprise eu égard à l’omniprésence des sondages pendant les semaines, les mois même qui ont précédé ce scrutin. Cette donnée constitue d’ailleurs un problème politique tant elle fausse la dimension démocratique du vote.
Mes premiers mots seront pour saluer le courage d’Anne HIDALGO qui, dans un environnement hostile, a tenu bon tout au long de sa campagne. Les regrets ne servent à rien. Cependant, on ne peut que déplorer que le débat n’ait pas permis une comparaison objective des projets des candidats.
Désormais, les objectifs doivent être fixés clairement. D’ici le second tour, tout doit être mis en œuvre pour éliminer l’extrême-droite, aujourd’hui aux portes du pouvoir. Il faudra faire tomber le masque derrière lequel s’est cachée jusqu’alors la candidate du fascisme et du racisme. Plus grave encore, son projet politique pour la France, pour l’Europe, pour les relations internationales provoquerait de grands déséquilibres qui augmenteraient considérablement les injustices sociales déjà présentes. De plus, il est évident que voter LE PEN, c’est voter POUTINE.
Dans le même temps la préparation des élections législatives de juin prochain doit mobiliser les responsables politiques de gauche dont aucun de ses représentants n’est en lice pour la présidentielle. C’est à l’Assemblée Nationale, avec les Députés élus dans deux mois, que les actes politiques du prochain quinquennat seront décidés.
Les résultats électoraux de ce dimanche ne placent pas la Gauche en bonne position même si le score de Jean-Luc MÉLENCHON et les résultats des autres candidats de gauche démontrent à l’évidence qu’un rassemblement aurait créé une situation différente. Il eût fallu pour cela que le leader des insoumis s’inscrive dans une démarche d’union de la Gauche et qu’il ne pratique pas l’ostracisme qu’il manifeste à l’égard du Parti Socialiste. Mais avec des « si », on mettrait Paris en bouteille, nous dit l’adage. Regardons donc l’avenir avec l’optimisme qui doit toujours prévaloir en politique.
Cet avenir, pour les Socialistes, doit passer en priorité par la volonté de reconstruire ce qui a été mis à mal depuis cinq ans. Les résultats obtenus par Anne HIDALGO sont le coup de semonce qui doit entraîner une refondation désormais vitale. Les orientations de la direction nationale du PS ont montré leur incapacité à préparer l’élection présidentielle du moment. On aura consacré trop de temps et trop d’énergie à la critique du quinquennat de François HOLLANDE au détriment d’une mobilisation des militants socialistes pour élaborer un projet qui aurait répondu aux attentes de nos concitoyens.
Aujourd’hui, les Socialistes ont un devoir impérieux, celui de se rassembler. Ses responsables d’hier qui sont demeurés fidèles à leur parti comme ceux d’aujourd’hui ont l’avenir du PS entre leurs mains.
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Au lendemain de sa disparition, je veux rendre hommage à Michel DELEBARRE qui fut un compagnon fidèle dans les combats politiques menés avec Pierre MAUROY et qui fut aussi un ami. Je m’associe à la peine de sa famille et de ses proches.