Faire mentir les sondages, c’est l’objectif que doivent se fixer toutes celles et tous ceux qui veulent que la social-démocratie exerce des responsabilités gouvernementales en France comme c’est le cas en Allemagne, au Portugal, en Espagne, pour ne citer que nos plus proches voisins. Ce fut le cas en France pendant vingt des quarante années écoulées et cela permet de rappeler un bilan dont les Socialistes français doivent être fiers.
On constate malheureusement que les mesures de justice sociale, d’avancées sociétales, d’équilibre économique, de protection de l’environnement que nous devons à François MITTERRAND, Lionel JOSPIN et François HOLLANDE sont trop vite oubliées. On ne retient que ce qui n’a pas été réalisé ou les erreurs inévitables dans l’action politique. On ne prend pas suffisamment en compte ce que le président-candidat a remis en cause pendant son quinquennat : diminution significative de l’allocation logement, réduction qui vaut parfois suppression de l’impôt sur les grandes fortunes, annulation des critères de pénibilité pour les retraités pour n’en citer que quelques exemples.
C’est ce qu’a rappelé hier Anne HIDALGO dans un excellent discours, au Cirque d’Hiver à Paris. Elle a démontré sa capacité d’expression, d’analyse, de propositions qui devraient être davantage pris en considération par les électrices et les électeurs.
Anne HIDALGO a eu grandement raison de démontrer l’incohérence du prétendu vote utile, à gauche, en faveur de MÉLENCHON. C’est une voix perdue pour la recomposition de la Gauche à laquelle il faudra s’atteler dès le lendemain de la séquence électorale dans laquelle nous nous trouvons. En 2017, le même MÉLENCHON a obtenu un résultat plus qu’honorable dans le contexte d’alors. Cela lui conférait une légitimité pour rassembler les sensibilités de gauche sérieusement malmenées et affaiblies par la trahison macronienne. Or, il s’est consacré essentiellement à promouvoir sa propre personne en s’enfermant dans une forme d’anarchisme, prônant l’insoumission, vantant les qualités de régimes autoritaires comme au Venezuela ou en Russie.
Depuis cinq ans, il a passé plus de temps à théoriser la fin de la Gauche plutôt que de contribuer à son rassemblement. Dans les élections locales de 2020 et 2021, il a combattu tout le reste de la Gauche. On ne peut qu’être choqué de constater que des citoyens de gauche se préparent à voter pour un tel personnage.
Nous savons malheureusement que ce n’est pas en moins d’une semaine que les soutiens d’Anne HIDALGO assureront sa présence au second tour. Ce n’est pas une raison pour ne pas défendre le projet qu’elle porte en soulignant son courage et sa détermination. Cela, personne ne peut le nier.