Pourquoi ? Question lancinante que se posent les électrices et électeurs socialistes à un peu plus de deux semaines du 1er tour de l’élection présidentielle. Pourquoi les sondages font-ils apparaître des intentions de vote aussi faibles pour la candidate de la social-démocratie ? Les observateurs, les commentateurs nous livrent leurs analyses, leurs explications. Elles méritent d’être connues, d’être prises en considération afin de préparer la période post-élection, celle qui débutera après le 2ème tour, le 24 avril et, surtout, après les législatives prévues en juin.
Il est en effet une donnée fondamentale à prendre en considération : la vie politique ne s’arrêtera pas après la séquence présidentielle et cela, en particulier, pour la Gauche de responsabilité, celle qui a gouverné la France pendant plus de vingt ans au cours des quatre dernières décennies, celle qui dirige de nombreuses collectivités territoriales, celle qui conduit des politiques nationales dans plusieurs pays d’Europe et du Monde.
En même temps qu’un soutien sans faille de leur candidate, les Socialistes français doivent imaginer la suite. C’est cette théorie que défend François HOLLANDE et qu’il a développée mercredi dernier dans un meeting à Limoges aux côtés d’Anne HIDALGO.
Si plusieurs raisons peuvent expliquer les résultats annoncés par les sondeurs, il en est une évidente dont il faudra tirer les conséquences : après son échec retentissant de 2017, le PS et sa direction ont passé plus de temps à se lamenter et à critiquer la politique du quinquennat de François HOLLANDE plutôt que de préparer l’échéance de 2022. Il eut fallu mettre le Parti au travail, inciter les militants à proposer des politiques de justice sociale, de santé, de logement, de formation, de protection de l’environnement qui tiennent compte des insuffisances du passé mais surtout qui permettent de corriger les conséquences du libéralisme macronien.
Alors, engageons sans tarder la préparation d’une alternance qui arrivera inéluctablement et infailliblement.
Bien entendu, cela commence par mener la bataille électorale engagée jusqu’aux 10 et 24 avril prochains. Les propositions d’Anne HIDALGO sont sur la table. Si on veut bien les analyser de près, elles ne sont ni démagogiques ni irresponsables comme le sont celles de ses concurrents de gauche, écologiste ou insoumis.
Mettre dans l’urne, le 10 avril, un bulletin portant le nom de la candidate socialiste n’est pas une voix perdue. Cela placera le PS dans de bonnes conditions pour affronter les élections législatives qui suivront. Plus le nombre de députés se réclamant de la social-démocratie sera élevé, plus les Français seront assurés d’avoir des porteurs de leurs aspirations fondamentales, déterminés à défendre les valeurs de la Démocratie et la République.