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jeudi 10 mars 2022

Non au recul

Le masque est tombé : le candidat-président propose ouvertement aux Français de fixer l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Nous voici retournés plusieurs décennies en arrière. Il y a quarante ans, en effet, en 1982, Pierre MAUROY, Premier Ministre de François MITTERRAND, son gouvernement, sa majorité parlementaire permettaient aux salariés de bénéficier « d’un droit au repos » dès l’âge de 60 ans. C’était une mesure de justice sociale très attendue et qui marquait nettement la différence entre la Gauche et la Droite. Elle apportait une grande satisfaction aux ouvriers sidérurgistes et aux ouvrières du textile de ma région qui arrivaient complètement usés, à 65 ans, lorsqu’ils pouvaient enfin s’arrêter d’aller à l’usine pendant 40 heures par semaine.

Rappelons au passage que cette durée hebdomadaire de 40 heures est également due à un gouvernement socialiste, celui de Léon BLUM en 1936. Elle était auparavant de 48 heures.

Avec Monsieur MACRON, nul doute : la réaction est de retour. On nous dira que l’espérance de vie, grâce aux progrès de la médecine, est prolongée de vingt années et que, pour des raisons économiques, on doit maintenir plus longtemps au travail celles et ceux qui pourront quand même profiter d’un temps de retraite plus long qu’il y a un demi-siècle. C’est vrai pour l’espérance de vie. Ça ne l’est pas pour une prolongation du temps de vie professionnelle pour limiter la dépense des retraites.

Quand on voit aujourd’hui des prétendus socialistes déclarer leur soutien au candidat MACRON et à son projet, on reste abasourdi par ce reniement d’un passé pourtant récent. Comment peut-on faire aussi peu de cas de ce qui constitue l’essence même du socialisme : la justice sociale. Voter MACRON c’est assurément voter pour la droite libérale. 

La  campagne  présidentielle,  à  un  mois  du  premier  tour, nous  fait  entendre, à  gauche,  une petite  musique  pernicieuse. Il  faudrait  voter  « utile ». Traduisez : les sondages font apparaître des pourcentages de voix à venir pour les différents candidates et candidats classés à Gauche. Le vote du 10 avril devrait donc se porter sur le détenteur du meilleur score annoncé. Anne HIDALGO déclarait ce matin que « le vote utile est celui de ses convictions ». JADOT ou MÉLENCHON ne sont en rien porteurs d’un avenir pour la France. 

Les Socialistes ont un bilan qui est la conséquence de la confiance que leur ont apportée les électrices et les électeurs, en 1936 comme en 1981, pour ne prendre que ces deux dates liées à l’âge de la retraite. 

Oublier cela aujourd’hui c’est ne faire aucun cas de l’action des socio-démocrates dans l’Histoire de notre pays. Une nouvelle page est à écrire. Anne HIDALGO devra tenir la plume.