Réagissez !

jeudi 17 février 2022

Deux sujets préoccupants

Deux sujets, parmi de nombreux autres, me semblent devoir retenir l’attention aujourd’hui. Il serait souhaitable qu’ils contribuent à éclairer l’opinion publique en cette période pré-électorale car ils illustrent parfaitement la médiocrité et l’inaptitude de l’Exécutif et, notamment, de l’actuel Président de la République.

Le premier de ces sujets réside dans le rapport annuel de la Cour des Comptes. Cette juridiction financière  indépendante constitue toujours un « poil à gratter » pour le pouvoir politique. Elle a le mérite de présenter des rapports dans lesquels les responsables mis en cause ont la possibilité de répondre aux critiques dont ils sont l’objet. Il n’empêche que l’analyse à laquelle se livrent les magistrats de la Cour des Comptes pose généralement de vrais problèmes.

Le rapport annuel qui vient d’être publié souligne entre autres les incertitudes qui pèsent sur les finances publiques, compte-tenu de la gestion financière des conséquences de la pandémie. « Quoi qu’il en coûte » a constitué l’une des lignes directrices de l’action du Gouvernement depuis deux ans. De ce fait, la plupart des activités économiques du pays ont pu supporter le ralentissement, parfois l’arrêt complet de leurs activités. Cela a été rendu possible par un usage important des finances publiques. On a connu ainsi une période, qui dure encore, d’économie dirigée.

La faiblesse du système mis en œuvre par le Chef de l’Etat et son gouvernement découle de la complète absence de propositions et d’intentions qui permettraient de rétablir la maîtrise de la dette publique estimée à ce jour à 113,5 % du P.I.B. C’est un sujet pour lequel les propositions des candidates et candidats à l’élection présidentielle, notamment celles de Monsieur MACRON, seront intéressantes à comparer. Il faudra apprécier leur réalisme et leur faisabilité. Les cadeaux faits aux riches par l’actuelle majorité devront forcément être reconsidérés.

Les nominations au Conseil Constitutionnel constituent le second sujet qui ne peut que soulever la réprobation. Même si les règles constitutionnelles sont respectées, convenons qu’il n’est pas normal que ces désignations interviennent moins de deux mois avant l’élection d’un nouveau Président de la République et quatre mois avant la fin de la législature. Cette question de calendrier devrait faire l’objet d’une précision dans la loi.

La Constitution prévoit une consultation des assemblées parlementaires avant que les personnes concernées soient effectivement nommées. L’une d’elle a un passé qui plaide contre elle. Il s’agit de l’actuelle directrice de cabinet du Garde des Sceaux, Monsieur DUPOND-MORETTI, procureure générale près la Cour d’Appel de Rennes en 2017 lorsque le procureur de Brest, sous son autorité, a décidé le classement sans suite de l’affaire des Mutuelles de Bretagne qui concernait le Président de l’Assemblée Nationale, Richard FERRAND, et qui vient d’être proposée par… Richard FERRAND.

L’avis que rendront les Commissions des Lois de l’Assemblée Nationale et du Sénat devrait rendre impossible ce qui s’apparente à un conflit d’intérêt, voire à une forme de prébende, assurément de clientélisme. Il y va de l’exemplarité de la République.