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lundi 10 janvier 2022

Quel rassemblement ?

Pour se rassembler, pour s’unir, il faut être deux, trois, quatre, plusieurs. Il faut surtout que tous les acteurs du rassemblement soient d’accord, ne fût-ce que sur le principe, pour s’unir. La démarche d’un certain nombre d’intellectuels et de personnalités du monde culturel et social, appelant à la candidature unique, au nom de la Gauche, pour l’élection présidentielle d’avril prochain, est éminemment sympathique. Elle se heurte à la réalité : des responsables politiques préfèrent l’échec annoncé à l’union. La question se posera alors de savoir s’ils sont vraiment attachés aux valeurs de la Gauche ou si leur ego leur fait perdre tout esprit de rationalité. 

Anne HIDALGO, désignée par les Socialistes pour être candidate à cette élection, a pris une bonne initiative. Je le disais le 9 décembre dernier. A ce jour son appel à une primaire est repoussé par au moins trois des postulants déclarés. Pire même, Christiane TAUBIRA, bien qu’elle s’en défende, vient s’ajouter à ce panel déjà bien fourni. Qu’en sortira-t-il ? Dans quelques jours, on pourra faire le constat de l’échec ou de la réussite de la proposition d’union.

Si tous les candidats connus à ce jour ne sont pas d’accord pour se soumettre à ce vote citoyen, toute initiative, aussi louable soit-elle, d’organiser malgré tout un vote (de qui ? comment ?) comme l’envisagent les tenants d’une « primaire populaire » n’a aucune légitimité et ne peut être considérée comme le moyen démocratique de référence.

Il faudra alors se résoudre à considérer le premier tour de l’élection présidentielle elle-même comme cette primaire de « départage ». Nos règles constitutionnelles sont telles que l’on sait d’avance que la Gauche n’aura pas de candidate ou candidat au second tour. On saura alors la représentativité des différentes sensibilités se réclamant des valeurs de la Gauche. 

La Parti Socialiste n’a rien à craindre de cette épreuve. Il a une histoire de plus d’un siècle. Il a une expérience de gouvernement et de gestion des collectivités territoriales qui lui permet de rappeler toutes les avancées politiques et sociales qu’il a permises. Il porte des valeurs de liberté, de solidarité, de démocratie, d’écologie qui lui confèrent un rôle déterminant dans l’organisation de notre vie collective. 

La référence à ces valeurs, le projet politique proposé permettent à Anne HIDALGO, aujourd’hui et pour les trois mois à venir, de s’adresser aux Françaises et aux Français. Elle est confrontée à des difficultés bien identifiées. La première émane de certains socialistes eux-mêmes dont les arguments sont sans fondement. Les sondages ne sont pas l’élection et il est ridicule de s’y référer pour juger de la qualité d’une candidature.

Le peuple de gauche doit se ressaisir et faire connaître sa volonté de mettre fin à la politique antisociale qui nous est imposée depuis cinq ans.