En ce début de semaine, le paysage politique français, à quatre mois de l’élection présidentielle, se clarifie. La Droite républicaine a désormais sa candidate, les candidats extrémistes se sont exprimés à l’occasion de meetings. Ce n’est pas pour autant, je le disais lundi dernier, que la campagne électorale est terminée. La prochaine épreuve à franchir par les candidats réside dans l’obtention des cinq cents parrainages minimum indispensables pour affronter le suffrage universel. Anne HIDALGO et Valérie PECRESSE les obtiendront sans problème : il y a suffisamment d’élus socialistes ou se réclamant de L.R. pour se déclarer en faveur de l’une ou l’autre de ces candidates. Pour les autres, rien n’est sûr.
Il faudra regarder de près les noms de celles et de ceux qui signeront pour ZEMMOUR. Ce sont des fascistes en puissance qui veulent voir ressurgir les drames qui ont découlé de la persécution de millions d’hommes, de femmes, d’enfants au seul prétexte de leurs différences.
Le déroulement du meeting zemmourien de Villepinte, ce dimanche, doit aussi nous interpeller. Les propos tenus par le candidat, dans un discours fleuve dans lequel l’agressivité, l’invective, la calomnie constituaient la trame, doivent être dénoncés avec force par les défenseurs de la Liberté, de la Démocratie et de la République. Nous ne sommes pas en 1940 et ce n’est pas dans la clandestinité qu’il faut organiser une véritable résistance pour neutraliser les effets dramatiques des théories racistes et xénophobes instillées dans les esprits par le sinistre ZEMMOUR.
Cela me coûte d’écrire son nom car il me semble lui faire ainsi trop de publicité. Cependant, on ne peut pas n’utiliser que la première lettre de son patronyme. Elle rappellerait le « Z » de Zorro, ce justicier californien de légende qui passionne encore aujourd’hui toutes les générations.
Or le personnage considéré est loin d’être un justicier, lui qui prône l’exclusion de plusieurs millions de nos concitoyens au prétexte que leurs parents ou eux-mêmes sont nés dans un autre pays ou se réclament d’une croyance qui ne serait pas liée à l’Histoire de la France.
« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » déclarait SAINT-JUST en 1792. En écoutant ZEMMOUR, on peut se demander si le héros de la Révolution Française n’avait pas raison.
La Démocratie doit cependant demeurer la valeur de référence. A condition d’être vigilant.