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jeudi 2 décembre 2021

Cet homme est dangereux

L’évènement politique que l’on peut  retenir  en  ce  milieu  de  semaine  réside  assurément dans l’annonce  officielle  de  sa  candidature  par  le « polémiste » ZEMMOUR. Le dénommer ainsi est d’ailleurs lui faire trop d’honneur. Dans une démocratie, il importe que la critique soit libre et favorise ainsi le choix des citoyens. Il y a cependant une condition indispensable, il ne faut pas qu’elle propage des idées mensongères ou qu’elle invite au retour de méthodes de gouvernement ignobles comme on les a connues il y a quatre-vingt ans, une vie d’homme.

Faut-il d’ailleurs parler de ce triste personnage ? C’est la question que doivent se poser beaucoup de commentateurs. Le fait qu’aujourd’hui l’individu en question retienne l’intérêt de 15 % des intentions de vote justifie au contraire qu’il faille en parler. Mais là encore, une condition s’impose, celle de démontrer la dangerosité des propos tenus par celui qui semble décidé à détruire la République, la Démocratie, les libertés, la laïcité.

Comment faire pour endiguer ces menaces qui résultent d’une idéologie que l’on croyait définitivement éradiquée ? Nombreux sont celles et ceux qui pourront, qui devront, dans les semaines à venir défendre une conception de la société fondamentalement à l’opposé de ce que suggèrent les propos de l’olibrius dont il est question. Les partis politiques, les syndicats, les associations ont des choses à dire qui rappelleront leur attachement aux valeurs de la République. 

On peut s’inquiéter de certaines déclarations formulées par les candidats à la primaire de L.R., formation politique supposée être l’héritière du gaullisme. Pas un d’entre eux ne s’est démarqué nettement des théories portées par l’ancien chroniqueur du journal Le Figaro. Pire même : chacun des cinq candidats putatifs a repris à son compte l’un des thèmes développés par le sinistre personnage. Au moment de mettre en ligne ce billet, nous apprenons que c’est Monsieur CIOTTI qui arrive en tête du premier tour de cette primaire. C'est incontestablement le plus réactionnaire parmi les cinq. Son argumentation a été souvent comparable à celle de Monsieur ZEMMOUR. S’il était désigné au second tour, nous aurions deux « zémmouriens » pour le prix d’un. C’est deux de trop.

A gauche, le Parti Socialiste, fondé par Jean JAURÈS et Jules GUESDE au début du siècle dernier selon les valeurs de justice, de liberté, de solidarité, doit participer activement à la dénonciation des dangers qui menacent la République. Nul doute que sa candidate, Anne HIDALGO, marquée dans sa famille par les conséquences de la dictature franquiste en Espagne, saura trouver les arguments pour convaincre des risques encourus en soutenant le grand retour en arrière « zémmourien ».

Les médias sont évidemment aux avant-postes pour éclairer l’opinion. Il ne s’agit pas de limiter la liberté d’informer. Un journaliste dispose du droit de rendre compte de ce qui se passe dans notre société. S’il est attaché à cette liberté, il a le devoir de rappeler l’Histoire et de souligner les périls du retour au passé.