Le Président de la République vient de passer quatre jours dans les Hauts de France. Pour y faire quoi, sinon sa campagne électorale pour sa réélection telle qu’il la souhaite, et tout cela avec les moyens de sa fonction actuelle. C’est un lieu commun que de constater l’usage abusif de sa fonction pour tenter de s’y faire reconduire. Monsieur GISCARD d’ESTAING n’y était pas parvenu en 1981. Monsieur SARKOZY, malgré des dépenses de campagne considérables qui lui valent d’être poursuivi par la justice, n’avait pas, lui non plus, réussi.
Il ne faut donc pas accorder plus d’importance qu’il n’en faut à ces procédés déloyaux et regarder sérieusement les propositions formulées par les candidats. Deux d’entre eux doivent être suivis avec attention, le sortant et Anne HIDALGO. Elle et il représentent les deux politiques que la France connaît depuis quarante ans.
L’actuel Chef de l’Etat nous a montré, pendant les cinq années écoulées, son orientation libérale et mondialiste. En d’autres termes, il est le représentant de la droite française telle qu’on l’a pratiquée depuis plus d’un siècle. Il est le théoricien des « premiers de cordée », du « ruissellement », de l’enrichissement… des riches, de la diminution du pouvoir d’achat des titulaires de faibles revenus, tout cela avec la suffisance qui n’est pas l’un des moindres traits de sa personnalité.
Certains se préparent à voter pour lui et à lui permettre de continuer, pendant cinq années de plus, cette politique d’injustices sociales que nous subissons. S’ils sont culturellement de droite, on les comprend. Ils ont là un porte-parole bien plus qualifié que tous les autres, qu’il s’agisse des participants à la primaire des « Républicains », de l’extrême-droite et de quelques autres.
S’ils se réclament de la Gauche parce qu’ils en ont partagé les valeurs des années durant, avant 2017, il leur faut rapidement se ressaisir et prendre en compte les différences entre une politique de gauche et une politique de droite.
Anne HIDALGO, à l’inverse, incarne la gauche responsable, celle qui a permis les avancées significatives en matière sociale et sociétale, en 1936, à la Libération puis avec François MITTERRAND, Lionel JOSPIN et François HOLLANDE.
Depuis son discours de Lille, le 23 octobre dernier, il y a un mois, les Français n’ont pas encore suffisamment pris en considération les premières grandes lignes de son projet. Elles se résument, pour l’heure, à dix propositions qui concernent les salaires et les revenus, le logement, la protection de la planète, la santé, l’emploi, la sécurité. Ces propositions seront développées et enrichies tout au long de la campagne. L’enjeu consiste aujourd’hui à convaincre une majorité d’électrices et d’électeurs que les Socialistes ont tiré toutes les leçons des expériences gouvernementales qu’ils possèdent pour mener dans quelques mois une politique réellement fondée sur les principes de notre République : Liberté, Egalité, Fraternité.