Dans notre système politique, l’élection présidentielle est devenue le moment clé qui déterminera la suite de la vie politique française. Elle est généralement suivie des élections législatives puisque la durée des mandats du Président et des Députés, cinq ans, est la même. Les électrices et les électeurs sont alors enclins à donner au Chef de l’Etat élu, une majorité de députés qui voteront assurément les projets de loi issus du programme présidentiel. Cette situation ne contribue pas au bon exercice de la Démocratie qui voudrait un pouvoir législatif moins soumis au pouvoir exécutif.
Des propositions apparaissent pour contribuer à rétablir une véritable séparation des pouvoirs telle que la République l’a voulue depuis la Révolution de 1789. Pour certains, il faudrait changer la durée du mandat, soit pour le Président de la République, soit pour les Députés. Pour d’autres, la concomitance des deux élections le même jour serait dans la logique de la Ve République. Le débat n’est pas réellement ouvert sur cette question, sauf si l’un ou l’une des candidats ou candidates qui peuvent prétendre à la fonction en faisait un thème de son projet.
Prenons donc en considération la réalité de notre calendrier électoral : en avril, l’élection présidentielle, quelques semaines après, les élections législatives
Malgré les « certitudes » affichées par quelques observateurs, on ne peut pas raisonnablement considérer à ce jour que l’élection présidentielle est jouée. Il y a encore de nombreux faits qui doivent intervenir. Qui sortira vainqueur de la primaire à droite ? Comment l’affrontement à l’extrême-droite se terminera-t-il ? Dans quelles conditions la Gauche de Gouvernement pourra-t-elle ou non s’entendre sur une candidature commune ? Tous les prétendants connus obtiendront-ils les cinq cents signatures d’élus qui les parraineront ? On le voit, il faut laisser encore du temps au temps, même si un fait est assuré : le Président actuel sera candidat à sa succession.
Pour celles et ceux qui, nombreux dans notre pays, désapprouvent, souffrent même parfois de la politique menée depuis 2017, la stratégie est évidente. Il faut convaincre le plus grand nombre de la nécessité de battre le président-candidat. Il faut, dans le même temps, mener la bataille politique qui permettra l’élection d’une majorité de députés au sein de laquelle la Gauche responsable aura un rôle déterminant. Les Socialistes doivent donc désigner rapidement leurs candidates et candidats dans les 577 circonscriptions de notre pays. Ces femmes, ces hommes seront alors les premiers porte-parole d’Anne HIDALGO en même temps qu’ils défendront un projet de gouvernement au service de la justice sociale, de la Démocratie et de la République.