Un rapport sur la pédocriminalité dans l’Eglise vient d’être rendu public. On y découvre qu’au cours des 50 années écoulées ce sont plusieurs centaines de milliers d’enfants qui ont été victimes de ces actes abjectes. On y apprend aussi que de nombreux auteurs de ces crimes s’en sont confessés et que, très souvent, les évêques en ont été avertis. Déjà, un excellent film de François OZON, « Grâce à Dieu », a contribué, il y a deux ans, à sensibiliser l’opinion publique sur ces drames qui se déroulent autour de nous. A la suite de ce rapport, on aurait pu penser que les hauts responsables de l’Eglise catholique allaient s’indigner et s’engager dans la mise en œuvre de dispositions qui mettraient fin à ces drames. Malheureusement, on en est loin. Le président de la Conférence des évêques de France va même jusqu’à déclarer publiquement que le secret de la confession est plus fort que les lois de la République. De tels propos sont inadmissibles.
Alors que l’on engage des opérations militaires à travers le monde contre ceux qui considèrent la loi islamique, la charia, comme étant supérieure aux lois des Etats démocratiques, voilà que certains, dans l’Eglise catholique, reprennent à leur compte cette conception de la religion et de sa relation au monde qui l’entoure.
L’archevêque de Reims, auteur de cette déclaration scandaleuse est « invité » (pas convoqué !) par le Ministre de l’Intérieur pour s’expliquer sur ses propos. C’est devant un magistrat qu’il devrait comparaître car s’en prendre ainsi aux lois de la République est un délit.
L’article 40 du code de procédure pénale oblige tout officier public, tout fonctionnaire à alerter le procureur de la République lorsqu’il est informé d’un crime ou d’un délit. C’est une bonne chose. On constate cependant que cela ne concerne pas les personnes qui n’exercent pas les fonctions citées. Celles-ci deviennent alors complices des auteurs de ces actes criminels. Cette complicité ne sera établie que si la justice en est saisie. Le moyen le plus évident de mettre fin à cette « omerta » serait d’étendre l’article 40 à tous les citoyens.
Cette analyse, ces commentaires ne constituent pas une attaque contre une religion. Respectueux du principe fondamental de laïcité de la République, je ne prétends pas m’immiscer dans le fonctionnement rituel d’une pratique religieuse. Cela relève du domaine personnel des croyants. Le crime relève, lui, de la justice de notre Etat de droit.
A un moment de notre Histoire, aujourd’hui, où les citoyennes et les citoyens ont tendance à se désintéresser et à s’éloigner du fonctionnement de nos institutions, les responsables politiques ont une bonne opportunité de rappeler quelques règles fondamentales qui garantissent le bon fonctionnement de notre République.