Si l’on en croit les informations qui circulent depuis la désignation du candidat EELV, mardi dernier, cette organisation n’échappe pas aux travers qui sont souvent reprochés aux partis politiques. Les désaccords deviennent des sujets de zizanie.
Après que 122 000 citoyens ont départagé les prétendants à la candidature à l’élection présidentielle, le faible écart de voix entre les deux candidats au second tour de cette consultation ne facilite pas le rassemblement. Les thèses fortement contradictoires développées pendant la campagne interne ont montré les limites d’une action politique consacrée essentiellement à la protection de notre environnement. L’organisation de notre vie collective sous-entend que l’on accorde autant d’importance aux problèmes économiques et sociaux, sans négliger non plus les valeurs de la République. Or, ceux qui n’ont que le mot « écologie » à la bouche entraînent sur ce thème des Françaises et des Français à qui il faut proposer des solutions dans tous les domaines. De plus, cette primaire a montré qu’il y avait deux lignes antinomiques, l’une bien plus radicale que celle qui l’a emporté d’une courte tête. Il est évident que le candidat désigné devra faire face à une fracture de sa famille politique.
L’emploi, et donc les activités économiques, la formation, la santé, la protection sociale, les relations internationales et de nombreux autres sujets doivent être traités tout autant que le réchauffement climatique.
Il est vrai que trop de dérèglements apparaissent ces dernières années, inondations, tempêtes, canicule. Ils contribuent à la prise de conscience collective indispensable. Ils suscitent cependant un sentiment de peur dans les populations qui ont alors tendance à ne s’en remettre qu’à ceux qui ne traitent que de ces problèmes. Cela explique les résultats électoraux favorables aux Verts depuis quelques temps.
A cela, il faut ajouter les nombreux rapports alarmistes produits par des organismes divers qui annoncent les pires catastrophes.
Comme le disait un journaliste à la télévision en 1976 : « La France a peur ». A l’époque, cela concernait l’enlèvement et l’assassinat d’un enfant. Aujourd’hui la peur est la conséquence de l’évolution climatique.
La peur n’évite pas le danger et c’est celui-ci qu’il faut traiter. Cela ne peut pas se faire à partir de belles démonstrations ou de savantes mises en garde telles qu’on les entend chez celles et ceux qui ont fait de l’écologie un fonds de commerce.
L’écologie est une science. Ce n’est pas une politique. Elle doit permettre aux responsables politiques chargés de proposer un projet de société de traiter la préservation de notre environnement au même titre que les autres sujets qui nous concernent. Prétendre que pour garantir l’avenir de la planète il suffit de mettre fin à certaines activités industrielles est une escroquerie intellectuelle.
Des solutions réalistes, rationnelles existent. Elles n’apporteront les résultats escomptés que si elles sont mises en œuvre dans tous les pays du monde en même temps.
C’est sous cet angle qu’il faut d’abord traiter ce problème.