« Pour enterrer un problème, créez une commission » suggérait Georges CLEMENCEAU, Président du Conseil au début du siècle dernier. La méthode MACRON s’en inspire en usant d’une autre méthode : les états généraux ou le grand débat.
Cela a commencé à la fin de l’année 2018 lorsque le mouvement de contestation des « gilets jaunes » a été, semaine après semaine, l’occasion pour des dizaines de milliers de personnes de marquer leur opposition aux mesures gouvernementales. Le Président de la République a alors lancé le « grand débat national », lieu de défoulement qui, en réalité, aura permis au Chef de l’Etat de démontrer ses talents d’acteur et d’endormeur.
Après la santé, la sécurité et bien d’autres sujets, c’est aujourd’hui le tour de la Justice. Monsieur MACRON sera à Poitiers pour lancer les « Etats généraux de la Justice ». Comme si cette institution de la République avait besoin de ce processus pour mener à bien les missions que notre Etat de droit lui confie. Le vocabulaire a son importance et l’appellation d’Etats généraux devrait être utilisée avec prudence. En 1789, lorsque Louis XVI a convoqué les Etats généraux qui allaient devenir la première Assemblée Nationale de notre Histoire, il n’imaginait pas que cela le conduirait sur l’échafaud.
Nous n’en sommes plus là, bien entendu. Il n’empêche que de promesses en promesses, que d’annonces pour 2022, voire 2030, le peuple va se lasser et faire un bon usage des urnes dans six mois.
C’est un lieu commun que de dire que l’autorité judiciaire, comme la dénomme la Constitution, a des difficultés pour assurer ses missions de respect du droit et des libertés. Les solutions sont d’ores et déjà bien identifiées. Il n’est pas nécessaire de réunir des assemblées peu représentatives pour résoudre les problèmes posés. La nomination de l’actuel Garde des Sceaux, sans doute excellent avocat mais piètre responsable politique, est à mettre davantage au rang des coups médiatiques que de la recherche d’efficacité.
En réalité, on constate une fois de plus que Monsieur MACRON, candidat à sa succession sans le dire, est en campagne électorale avec les moyens de sa fonction actuelle. Il tente, mais ce sera vain, de convaincre nos concitoyens du bien-fondé de son action… à venir.
En matière de justice, les Français ont envie qu’elle soit rendue rapidement, pas de manière expéditive bien sûr, équitablement, la même pour tous. Il n’est pas normal en effet que des faits délictueux remontant à plus de dix ans, en l’occurrence les sondages décidés par Monsieur SARKOZY lorsqu’il était à l’Elysée, ne soient jugés qu’aujourd’hui. Plus grave, celui-ci refuserait de venir témoigner prétextant l’immunité dont il bénéficiait alors. Il convient de rappeler qu’il n’est pas accusé dans cette affaire, mais simplement bénéficiaire à l’époque, témoin aujourd’hui.
Il importe désormais, pour la justice comme pour tous les aspects de notre vie collective, que le Parti Socialiste, sa candidate Anne HIDALGO présentent leurs propositions. Ce sera le bon moyen de démontrer qu’une autre politique est possible.