C’était il y a trente ans : François MITTERRAND quittait le monde des vivants pour entrer dans celui des « forces de l’esprit », comme il le déclarait lui-même le 31 décembre 1994, à l’occasion de ses derniers vœux aux Français en tant que Chef de l’Etat.
Pour les croyants ces mots pouvaient faire référence à l’immortalité de l’âme. Pour les athées, ces « forces de l’esprit » sont les idées, les actions, les valeurs dont chaque individu est porteur et qui perdurent après sa disparition physique.
Il ne s’agit pas ici de se livrer à une analyse de la personnalité de celui qui a dirigé le pays pendant 14 ans mais davantage de s’inspirer de son action pour faire à nouveau du Parti Socialiste un parti de Gouvernement. Celui-ci avait montré, à plusieurs reprises, depuis sa création en 1905, sa capacité à mettre en œuvre des politiques de justice sociale. Avant la guerre de 39-45, ce fut Léon BLUM et le Front populaire qui ont enclenché un processus irréversible dont les bases sont, aujourd’hui encore, la référence. Sous la IVème République, entre 1946 et 1958, le fonctionnement de nos institutions et la guerre d’Algérie n’ont pas facilité l’action politique des socialistes de la SFIO. Cette organisation qui avait résisté à la scission de 1920, créatrice du Parti Communiste, voyait son influence diminuer. Plusieurs formations se créaient alors, regroupant les insatisfaits des initiatives des socialistes alors en responsabilité autour de Guy MOLLET, Secrétaire Général du parti et Président du Conseil en 1956. Après 1958 et le retour au pouvoir du Général DE GAULLE, les Socialistes, dans l’opposition dans laquelle ils allaient rester pendant 23 ans, prenaient conscience de la nécessité de se rassembler pour redevenir crédibles.
François MITTERRAND aura été l’acteur de ce rassemblement aidé considérablement par Pierre MAUROY qui, à l’intérieur de la SFIO s’employait activement pour permettre les conditions de l’alternance. Ce fut la préparation et la réussite du Congrès d’Epinay en 1971. Trois ans plus tard, en 1974, aux Assises du Socialisme, l’unité des socialistes était parachevée avec le retour du PSU de Michel ROCARD et l’engagement de chrétiens de gauche dans les rangs du PS.
Ce rassemblement des Socialistes d’alors, dû à l’opiniâtreté de François MITTERRAND et, surtout, de Pierre MAUROY, permettra la victoire sans équivoque de 1981. Le rassemblement est redevenu aujourd’hui, la première nécessité. Les dirigeants actuels du PS semblent l’avoir compris. Il faut cependant pour le réussir disposer de références crédibles. Les propositions programmatiques et le projet de société sont la base de ces références.
Comme le firent l’ensemble des socialistes pour désigner François MITTERRAND en 1974 puis en 1981, il faudra choisir celui ou celle qui leur permettra d’être présent au second tour d’avril 2027. On aura l’occasion d’en reparler.
