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lundi 21 janvier 2019

La France à l’heure du « Quiz »


« Il n’est jamais trop tard pour bien faire » nous dit l’adage. C’est ce que pratiquent aujourd’hui le Président de la République et sa majorité pour faire face au mouvement social initié par les gilets jaunes.

Le grand débat annoncé le 10 décembre par Monsieur MACRON est lancé. Celui-ci y participe en organisant, par région, une rencontre avec les maires. L’intérêt de l’opinion est attiré désormais sur la durée de la performance macronienne : sept heures dans l’Eure, un peu moins dans le Lot. Qui dit mieux ?

En réalité, c’est bien la méthode de gouvernance du Chef de l’État qui doit être analysée et critiquée.

La rencontre avec les maires et, d’une façon plus générale avec les corps intermédiaires, syndicats, associations, élus locaux et nationaux de toutes les sensibilités et pas seulement ceux qui le soutiennent ne faisait pas partie de sa culture politique.

On voit ce que cela a donné. Il aura fallu que des citoyens exacerbés par les décisions fiscales de la majorité se manifestent pour que l’Exécutif se préoccupe réellement de l’attente des Français.

Et encore !

C’est aujourd’hui la procédure du « quiz » qui est utilisée, certaines questions étant même, comme dans les tests de connaissances, des Q.C.M. (Questions à Choix Multiples). Malheureusement, les déclarations présidentielles et gouvernementales ne peuvent que nous faire douter de suites. « Répondez à mes questions et je vous dirai, quelles que soient vos réponses, ce que j’ai décidé de continuer à faire ».

Il n’y a pas de sujets tabous nous dit-on encore. Mais tout ce qui ne correspondra pas aux thèmes fixés n’aura pas sa place dans ce « grand débat ».

De qui se moque-t-on ?

Il faut pourtant s’inscrire dans la démarche proposée. L’occasion est offerte aux Français de dire qu’ils aspirent à davantage de justice sociale, à davantage de solidarité. Ces revendications sont d’autant plus fondées qu’elles s’expriment au moment où le rapport annuel de l’O.N.G. Oxfam nous apprend que les 26 milliardaires les plus riches de la planète concentrent autant de richesses que 3,8 milliards de personnes, la moitié de l’humanité. Parmi ces 26 fortunes, quelques français sont en bonne place.

C’est aussi au même moment que Monsieur MACRON réunit, à Versailles (!) 140 patrons pour les inciter à investir en France. Pourquoi pas ? Cherchez cependant la différence : François HOLLANDE réunissait, lui, chaque année, pendant le quinquennat précédent, une conférence sociale, à Paris, au Conseil Economique, Social et Environnemental. Les chefs d’entreprises y avaient leur place, les syndicats de salariés aussi et surtout.

Mais, nous sommes en 2019. Cela fait 20 mois que Monsieur MACRON et les marcheurs sont au pouvoir. Ce grand débat doit permettre de démontrer que la politique qu’ils mènent ne convient pas à la France et aux Français.


jeudi 17 janvier 2019

Europe


C’est le 26 Mai prochain, dans un peu plus de quatre mois, qu’auront lieu les élections européennes.

Trop nombreux sont les citoyens qui ne mesurent pas l’importance de ce rendez-vous démocratique, tant en regard de l’Europe elle-même que pour ce qui concerne la situation politique en France.

Pour ce qui est de l’Europe, les Français (mais c’est vrai également pour d’autres pays de l’Union Européenne) n’ont pas conscience de la chance que nous avons de pouvoir désigner un parlement démocratique pour un ensemble géographique et politique qui était à feu et à sang il y a 74 ans.

Soixante-quatorze ans, à peine une vie d’homme aujourd’hui, nous séparent d’une période de l’histoire que chacun devrait se jurer de ne jamais permettre qu’elle se reproduise.

Alors, quand on observe la situation politique en Italie, en Hongrie, en Pologne, quand on constate la résurgence d’un néonazisme en Allemagne sous la forme d’un parti, l’AfD, quand on sait que ce mouvement recueille la sympathie de l’extrême-droite française et de Madame LE PEN en particulier, on ne peut qu’être saisi d’effroi.

Est-ce cela que l’Europe nous réserve ? Non, bien sûr. Encore faut-il être déterminé à enrayer cette fuite en avant de nationalismes locaux dangereux pour tout le monde.

Pour ce qui est de l’Europe encore, l’occasion est donnée aux électrices et électeurs de dire quelle Europe ils veulent. « Cette nouvelle dimension de notre avenir » comme le déclarait François MITTERRAND est loin d’être achevée dans sa construction. Il faut s’y mettre dès maintenant et le 26 Mai sera l’occasion pour les Européens d’avancer dans sa mise en œuvre.

Ce rendez-vous électoral revêt également une très grande importance pour la France et pour les Français.

Sans doute y aura-t-il un nombre conséquent de listes de candidats qui souhaiteront devenir députés européens. Cela diminuera considérablement les chances d’avoir des élus puisqu’il faut obtenir 5 % des votants pour prétendre à un siège au moins sur les 79 à pourvoir.

Parmi ces listes on en découvrira certainement quelques-unes dont le caractère farfelu n’échappera à personne. Les « gilets jaunes » par exemple, si d’aucuns se lançaient dans la bataille politique sous ce vocable, y figureraient en bonne place.

Restent les sensibilités politiques telles que nous les connaissons et, parmi elles, la Gauche. Tout est encore possible pour qu’un rassemblement se produise, même si le positionnement de Messieurs JADOT et HAMON le rende improbable.

Ce rassemblement est tellement impérieux qu’on ne peut pas renoncer à le voir se réaliser. Il y va de la crédibilité de la Gauche et de la responsabilité de ses dirigeants.