Réagissez !

jeudi 6 juillet 2017

Vigilance



Je n’ai jamais, ni entendu, ni lu un discours de Jupiter. C’est normal puisqu’il appartient à la mythologie et qu’il n’a donc pas d’existence.

Par contre, j’ai écouté puis lu dans la presse les propos tenus par celui que se prend pour le roi des dieux et qui préside désormais aux destinées de notre République. C’était lundi après-midi, devant le Congrès des Parlementaires réunis à Versailles pour entendre la « Parole ».

Les observateurs s’accordent pour reconnaître le caractère insipide du trop long discours prononcé. Nous n’avons rien appris qui n’ait été présenté par le candidat Macron au cours de la campagne électorale qui a conduit à son élection dans les conditions que l’on connaît.

S’exprimer devant le Congrès, envisager de le faire chaque année ne suffit pas à définir une politique et à répondre à l’attente des Français.

Très habilement, le locataire de l’Elysée procède à un enfumage en règle en réaffirmant son intention de diminuer le nombre de Parlementaires. Dans le contexte actuel, c’est une annonce démagogique par excellence. Elle alimente l’antiparlementarisme qui anime tant de nos concitoyens.

De plus, quand un responsable politique envisage de diminuer le nombre d’élus de la République, je ne peux pas ne pas être inquiet sur les intentions véritables de celui qui porte ce projet. M. SARKOZY en son temps avait créé le conseiller territorial qui entraînait la suppression des assemblées départementales et régionales. Fort heureusement, en 2012, la Gauche a rétabli les bases de la démocratie locale.

Mardi, c’était au tour du Premier Ministre de dérouler ses intentions. Là encore, nous restons dans le vague. Certes M. PHILIPPE a énuméré les dossiers qu’il entend traiter, mais beaucoup d’inconnus et d’incertitudes demeurent quant à la méthode qui sera utilisée.

Ainsi, ces deux temps que l’on espérait être des moments forts de notre vie politique se sont avérés décevants en définitive.

C’est dire que, plus que jamais, la vigilance s’impose.  Chaque initiative de l’Exécutif, projets de lois, de décrets, déclarations d’intentions, devra être étudiée et analysée en référence aux grands principes de la Gauche de responsabilité dont je me réclame.

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La période estivale dans laquelle nous sommes désormais entrés, celle des vacances, m’amènera à suspendre la publication de mes réflexions politiques jusqu’au début du mois de septembre.

Bonnes vacances à celles et ceux qui me lisent.

lundi 3 juillet 2017

Des valeurs indéfectibles




Alors que Jupiter se prépare à délivrer son message à son peuple, un événement m’a semblé bien plus important que cette mise en scène programmée par le nouveau Président de la République. C’est la décision de Benoît HAMON qui a, non seulement décidé de créer son mouvement, mais en même temps, de quitter le Parti Socialiste.

Je me sens une nouvelle fois trahi, aujourd’hui par celui dont mon parti avait décidé de faire son candidat à la récente élection présidentielle.

Que n’a-t-il pris cette initiative il y a deux ou trois ans quand, avec les députés socialistes « frondeurs » il a manifesté concrètement son opposition à la politique conduite par François HOLLANDE ? La situation aurait été alors bien plus claire et la social-démocratie aurait ainsi marqué nettement sa capacité à gouverner dans la réalité de notre environnement politique et économique.

Mais, c’est ainsi.

Je ne peux m’empêcher de penser à tous ces militants fidèles à leur engagement au sein du Parti Socialiste qui, sans approuver la ligne politique que représentait Benoît HAMON, lui ont apporté leur suffrage.

Je pense aussi à celles et ceux qui, se réclamant de la sensibilité incarnée par HAMON et quelques autres, se trouvent aujourd’hui devant ce dilemme : celui de suivre leur leader dans son aventure qui risque d’être sans lendemain ou celui de rester au sein de l’organisation qui porte les valeurs de démocratie, de liberté, de justice sociale auxquelles ils sont attachés et qui sont à l’origine de leur engagement.

Le Parti Socialiste a connu, au cours de son histoire, à plusieurs reprises, des ruptures.
En 1920, ce sont les communistes qui ont quitté la SFIO d’alors pour adhérer à l’Internationale de Moscou.

Pendant la guerre 39-45, des renégats ont choisi le camp de Vichy et la collaboration avec les nazis.

Il y a une soixantaine d’années, la guerre d’indépendance algérienne en a conduit quelques-uns à créer de nouvelles organisations. Parmi eux, Alain SAVARY qui deviendra Premier Secrétaire du Parti Socialiste, en 1969 et Michel ROCARD qui se retrouvera même Premier Ministre de François MITTERRAND.

C’est dire que cette situation n’est pas nouvelle. Il faudra du temps, de la patience, de la détermination pour rassembler celles et ceux qui aspirent à organiser notre vie collective à partir des valeurs que porte et continuera de porter le Parti Socialiste.
Elles sont indéfectibles.