Réagissez !

vendredi 23 juin 2017

J’attends

Avec la nomination du nouveau gouvernement qui a fait suite aux élections législatives, la France est quasiment en ordre de marche.

Elle le sera définitivement le 4 juillet prochain lorsque le Premier Ministre aura présenté les grandes lignes de son action à venir à l’occasion d’un discours de politique générale assorti d’un engagement de la responsabilité de son gouvernement devant le Parlement.

Là, nous saurons plus précisément, du moins je l’espère, ce qui attend les Français en matière de lois à venir.

Depuis bientôt deux mois nous sommes dans une sorte de nébuleuse politique, éclairée faiblement par les déclarations d’intentions du candidat Macron.

On peut également tirer quelques enseignements de la composition des deux gouvernements installés depuis le 7 mai. Ils sont constitués de Ministres de droite et d’anciens socialistes qui ont fait le choix de trahir leur famille d’origine.

Lorsque Monsieur Sarkozy, en 2007, a nommé au gouvernement Fillon d’alors, messieurs Kouchner, Jouyet, Besson, tous trois anciens socialistes, il n’en a pas mis en place pour autant un gouvernement de gauche. Il en est de même pour Monsieur Macron, aujourd’hui.

Nous sommes donc bien devant une forme de social-libéralisme dont on attend qu’elle soit davantage sociale que libérale. Mais, de cela je doute, compte tenu de certains ministres, Monsieur Philippe en tête, qui se sont opposés aux avancées sociales mises en œuvre entre 2012 et 2017.

L’action politique n’est pas chose facile car elle dépend des hommes et que les hommes sont faillibles. On l’a constaté à travers les « exfiltrations » du gouvernement de Messieurs Ferrand, Bayrou et de ses deux amies du MODEM.

Manifestement, le Président de la République ne disposait pas de toutes les informations nécessaires sur les libertés prises par quelques-uns de ses supporters avec la loi et la morale.

Loin de moi l’idée d’être un censeur ou un juge. Je ne fais qu’observer des situations confirmées, jour après jour, par des témoignages concordants.

Qu’en aurait-il été si ces situations avaient été dévoilées plus tôt ? On ne le saura jamais. Cependant, là encore, j’observe que la candidate macroniste dans la 2ème circonscription du Nord, reprise de justice et menteuse récidiviste, a été sévèrement éliminée au 2ème tour quand ont été connues entre les deux tours seulement, malheureusement, les malversations auxquelles elle s’était livrées.

Je le disais : l’action politique n’est pas chose facile. Encore faut-il la mener dans la rigueur et la fidélité à ses engagements.

Nous verrons si ces principes sont respectés par la nouvelle majorité.

lundi 19 juin 2017

Le présent éclaire l’avenir

Plusieurs faits retiennent l’attention au lendemain du 2ème tour de ces élections législatives. J’en retiendrai trois : le taux démesuré de l’abstention, l’élection insupportable de députés d’extrême-droite, la grande faiblesse de la représentation des idées socialistes.

Ainsi, 6 électeurs sur 10 ne se sont pas rendus au bureau de vote. C’est une situation inédite si on regarde seulement les chiffres. C’est un élément d’analyse politique considérable qui doit être pris en compte tant par la majorité macroniste que par les formations politiques républicaines.

Toutes les explications nous sont données : le désintéressement des électeurs pour le monde politique, la saturation des rendez-vous électoraux depuis quelques mois, les commentaires et les sondages au lendemain du 1er tour donnant une majorité écrasante au nouveau Président de la République, les conditions météorologiques favorables aux sorties familiales.

Qu’importent les raisons : les résultats sont là. Des députés sont élus. Ils sont juridiquement légitimes. Ils ne le sont pas pour prétendre porter les attentes du peuple. La très forte abstention rend forcément moins crédibles les intentions de l’exécutif.

Par ailleurs, notre système électoral aura permis à 8 députés d’extrême-droite de siéger à l’Assemblée Nationale pour la législature à venir. Parmi ces huit, cinq sont élus dans ma région.

C’est un sentiment de honte que j’éprouve. Comment les hommes et les femmes de cette région ouvrière ont-ils pu oublier les atrocités commises il y a moins de 80 ans, une vie d’homme, et que l’extrême-droite d’aujourd’hui considère comme « un détail de l’histoire » ?

Je ne me résoudrai jamais à accepter cette situation, sans réagir, sous prétexte du vote démocratique.

Il devient urgent de dénoncer le fascisme rampant porté par le Front National.

Enfin, c’est une grande peine qui m’attriste au vu de l’élimination d’un trop grand nombre de députés socialistes sortants qui, loin s’en faut, n’avaient pas démérité.

Je l’ai vécu directement dans la 2ème circonscription du Nord avec l’éviction d’Audrey Linkenheld au 1er tour.

La justice électorale n’existe pas toujours.

De bonnes voix s’élèvent pour dénoncer les responsables de cette situation. Pour certains, c’est la politique menée au cours du précédent quinquennat. Pour d’autres, le comportement des députés socialistes frondeurs aura contribué à décrédibiliser la Gauche de gouvernement.

Cela ne sert à rien de vouloir à tout prix régler des comptes. On ne fait pas de la politique avec de la rancœur mais avec de la mémoire.

Que cette mémoire nous serve dans la reconstruction du Parti Socialiste plus indispensable que jamais.