Réagissez !

vendredi 17 février 2017

Pas de résignation



Trop souvent, à mon gré, dans les conversations que je peux avoir avec des responsables politiques, de droite comme de gauche, je ressens une forme de résignation chez mes interlocuteurs: la candidate d'extrême droite pourrait être élue à la Présidence de la République.


Je me refuse à imaginer ce scénario tant il serait lourd de conséquences pour la France et pour les Français, mais aussi pour l'Europe.

Si, par malheur, on devait en arriver là, on sait à qui on le devrait, mais, fort heureusement, nous n'y sommes pas.

J'ai bien conscience que ne pas concevoir ce scénario n'est pas suffisant pour empêcher qu'il se réalise. C'est par une argumentation politique de fond que l'on peut s'y opposer.

Il importe d'abord que les électeurs et les électrices qui ont l'intention de voter pour la candidate FN au prétexte que tous les autres sont "tous pourris" intègrent bien les malversations de cette candidate quant à l'usage des fonds publics dont dispose chaque député européen. Si Monsieur Fillon peut encore bénéficier de la présomption d'innocence tant que la justice ne s'est pas prononcée, Madame Le Pen est condamnée, elle, à rembourser les sommes indûment perçues, avant qu'elle ne fasse l'objet de sanctions pénales.

Il convient ensuite de démonter la théorie de l'anti-système telle qu'elle est défendue par la candidate fasciste.

J'observe que la personne chargée de l'élaboration de son programme est un "énarque", c'est à dire un pur produit du système, comme l'est d'ailleurs Monsieur Macron, lui aussi grand pourfendeur de ce même système.

Un éminent historien rappelait hier, dans le journal Libération, que dans les années 20, la presse nazie s'en prenait violemment au "système". Cela concernait alors les juifs. Aujourd'hui, pour l'extrême droite française fortement inspirée par le nazisme, les boucs émissaires ont changé mais les mêmes attaques demeurent.

Il y a, bien entendu, beaucoup d'autres arguments de fond pour faire tomber l'aura dont bénéficie la candidate d'extrême droite. Les candidats républicains devront s'en charger.

Pour l'heure, à deux mois du 1er tour de l'élection présidentielle, la priorité est de ne pas tomber dans la résignation.

N'oublions jamais qu'une bataille politique n'est jamais perdue tant qu'elle n'est pas arrivée à son terme. C'est d'abord de détermination dont il faut faire preuve.

vendredi 10 février 2017

Danger !

La France est en danger. Cette formulation ne se veut pas alarmiste. Elle traduit selon moi une situation qui pourrait devenir réalité au moment de l’élection présidentielle de mai prochain si, par malheur, la candidate d’extrême droite était élue.

Ses déclarations, hier soir, au cours de l’émission de télévision à laquelle elle participait, sont autant d’indications sur les risques que court notre pays. Le fascisme est à portée de vote.

On connaît les prévisions sondagières : l’extrême droite serait en tête du vote du 1er tour, le 23 avril. Pourquoi en est-on arrivé là ? On sait que le phénomène populiste n’est pas propre à la France. On le retrouve dans plusieurs pays européens ou aux Etats-Unis. Ce n’est pas une raison suffisante pour banaliser cette évolution des opinions.

Il faudra encore du temps pour que la situation économique nationale, européenne et internationale évolue au point de permettre une amélioration de ce qu’il est convenu d’appeler le moral des ménages.

Car il ne fait pas de doute que l’extrême droite et sa candidate font leurs choux gras de l’insatisfaction de nos concitoyens. Là encore, les soixante dix jours qui nous séparent du scrutin présidentiel ne seront pas suffisants pour répondre à toutes les attentes de l’opinion.

Il est plus que jamais nécessaire que les défenseurs de la Démocratie et de la République se mobilisent pour convaincre les électeurs des dangers qui menacent chacune et chacun d’entre nous.

Il faut reconnaître que ce n’est pas chose facile. La superbe, l’arrogance, le déni, le mensonge devenu règle de l’argumentation constituent les éléments de la tactique utilisée par la candidate à la rose bleue.

Les attentats terroristes que la France a connus ces derniers mois ont amené une partie importante de nos concitoyens à témoigner de leur émotion, de leur solidarité et de leur volonté de s’opposer à tout ce qui remettrait en cause nos valeurs fondamentales.

Rejeter l’extrême droite aujourd’hui est devenu une exigence, un devoir aussi crucial que de montrer sa détermination de ne pas céder au terrorisme.

La peur n’évite pas le danger. Il ne s’agit pas d’avoir peur et d’attendre. Il y a danger et il est encore possible d’y échapper.