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lundi 22 janvier 2018

Préparons l'Avenir



Incontestablement, le Parti Socialiste est à un tournant de son histoire.

Comme partout en France, les militants préparent le Congrès d’Aubervilliers, début avril, et cela suscite naturellement des débats. Je ne crois pas trahir le sentiment partagé par tous les Socialistes : ce congrès doit être celui de la refondation comme ce fut le cas en 1920, au moment de sa scission avec ceux qui allaient constituer le Parti Communiste.

A plusieurs reprises, dans son histoire vieille de près de 150 ans, le Parti Socialiste a été confronté à des situations critiques, voire dramatiques. Citons 1969, 1993 et 2002 avec les retentissants échecs électoraux connus alors ou 1971 avec le passage de la S.F.I.O. au Parti Socialiste d’aujourd’hui.

L’année 2017 aura été l’aboutissement d’une période pendant laquelle une rupture profonde avec l’opinion aura créé la situation présente.

La réflexion, la confrontation des analyses sur les raisons qui ont amené l’état présent de la Social-Démocratie en France mais aussi dans la plupart des pays européens devra continuer au-delà même du Congrès à venir. Il faudra le faire avec l’ensemble des partis qui constituent le Parti Socialiste Européen car toute l’Europe est concernée.

Je le disais, les débats sont engagés, mais ils ne pourront réellement être menés que lorsque seront connues les propositions d’orientations et de politiques.

Nous en saurons davantage à la fin de la semaine puisque seront forcément connus les textes en discussion présentés par ceux qui aspirent à la fonction de Premier Secrétaire.

Plusieurs candidats sont déjà connus. En démocratie ou dans une organisation qui se réclame de cette règle fondamentale, toute candidature est légitime. Elle n’est pas recevable si elle ne s’inscrit pas dans le cadre juridique préétabli.

Le pluralisme des candidatures actuelles conduit certains commentateurs à parler de division. C’est ne rien connaître du fonctionnement du Parti Socialiste qui respecte avant tout la liberté d’expression.

Reste alors à choisir. C’est là que doivent intervenir différents critères d’analyse. L’idéal serait que le choix se fasse sur l’orientation proposée par tel ou tel candidat. On sait que ce ne sera pas que cela. On sait même que la personnalité du candidat ou de la candidate interviendra pour beaucoup dans le choix des militants.

Dans ce cas, les questions que doit se poser tout membre du Parti Socialiste sont simples. Qui est le plus à même de conduire la refondation indispensable ? Qui est le plus déterminé, le plus expérimenté pour occuper le terrain de l’opposition dans laquelle se trouve les Socialistes depuis l’élection présidentielle ?

C’est en répondant à ces questions avant de choisir leurs responsables dans leur section, leur fédération, leur parti que les socialistes prépareront leur avenir et celui de la France.



vendredi 19 janvier 2018

Démocratie et contestation



Le Président de la République, en contradiction avec sa position pendant la campagne électorale (une de plus), a pris la décision d’abandonner le projet d’un nouvel aéroport pour le Grand-Ouest. C’est son Premier Ministre qui a été son porte-parole.

Connaîtra-t-on un jour, compte-tenu du secret des délibérations du Conseil des Ministres, les avis donnés ce jour-là par les LE DRIAN et autres partisans du projet dans ce cénacle ministériel ?

Toujours est-il qu’ils ont dû « manger leur chapeau » pour demeurer dans le cercle jupitérien.

On ne saura jamais ce qu’aurait fait Monsieur HULOT si la décision de réaliser l’aéroport avait été prise.

Ne perdons pas de vue que le fonctionnement de l’aéroport de Nantes, actuel et à venir, s’il se développe, sur l’environnement doit retenir l’attention des responsables politiques.

Au-delà des conséquences économiques de l’abandon du projet, au-delà des conséquences écologiques qu’auraient entrainé son maintien, plusieurs questions sont désormais posées à partir de la décision présidentielle.

La première de ces questions, c’est celle de la démocratie représentative. Dans le cas présent, ce sont des élus, au nom des citoyens qui les ont mandatés, qui ont pris la décision de construire cette importante infrastructure. Il est vrai que la concrétisation de cette décision a duré plusieurs décennies, ce qui est beaucoup trop long.

C’est pour cette raison que François HOLLANDE a décidé de l’organisation d’un référendum local en Juin 2016 qui a confirmé la volonté des citoyens eux-mêmes, cette fois, de faire aboutir le projet.

Il aura donc suffi que d’autres citoyens, hostiles à ce nouvel équipement, par des moyens pour la plupart illégaux, occupent le terrain de la contestation pour que les responsables politiques d’aujourd’hui reculent.

La Démocratie, son fonctionnement induisent forcément l’expression libre de points de vue différents. Il n’empêche qu’il faut bien choisir comme l’écrivait Pierre MENDES-FRANCE en 1974. Je veux croire que cet exemple où des pressions extérieures minoritaires entraînent une décision contraire à la volonté de la majorité ne deviendra pas la nouvelle méthode d’action.

Une autre question, tout aussi importante pour notre société, est celle de la relation entre le développement économique nécessaire au progrès social et la protection de la planète. Je n’y répondrai pas ici car cela nécessiterait une longue argumentation.

La réflexion doit s’engager sur l’importance de la décision gouvernementale pour notre avenir démocratique.