Réagissez !

jeudi 15 novembre 2018

Le vrai combat


Hormis des circonstances exceptionnelles rencontrées dans l’Histoire, comme mai 1968, par exemple, j’ai toujours eu beaucoup de réserves pour les mouvements spontanés s’engageant dans des actions politiques. Qu’il se soit agi des « bonnets rouges », de « nuit debout » ou, aujourd’hui, des « gilets jaunes », ces initiatives sont bien souvent engagées par des extrémistes, de droite ou de gauche, qui n’osent pas dire leur nom et qui entraînent dans leur sillage des gens de bonne volonté, sans perspective concrète. Les partis politiques, organisés, porteurs d’une vision globale, sont bien mieux à même de mener des actions.

L’opposition politique, la contestation des décisions du gouvernement sont indispensables dans une démocratie. Il est nécessaire qu’elles puissent s’exprimer librement. « Je hais vos idées mais je me ferai tuer pour que vous ayez le droit de les exprimer » disait Voltaire. Tout Républicain doit faire sien ce principe.

Dans le cas présent, celui des « gilets jaunes », il y a incontestablement la traduction d’un « ras le bol ». Le Gouvernement doit davantage tenir compte des observations formulées par l’opposition parlementaire et leurs partis de référence.

Dans son intervention télévisée de ce mercredi soir, Monsieur MACRON a reconnu : « Je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants ». Monsieur le Président, la politique libérale que vous menez contribue à accroître les inégalités et les injustices sociales. C’est cela avant tout que nos concitoyens ne supportent pas.

Soulignons au passage les caractéristiques du cadre de cette expression présidentielle : un porte-avion, le « Charles de Gaulle », une chaine de télévision privée et commerciale, TF1. Pourquoi ? Le service public ne serait-il pas digne d’accueillir Jupiter ?

Les Français qui ont suivi cette interview ont-ils appris quelque chose, ont-ils été rassurés ? J’en doute, tant à la simplicité des questions posées, correspondait une complexité des réponses apportées.

Cependant, je veux reconnaître l’intérêt du discours présidentiel sur deux sujets.

Le premier touche au refus de répondre aux propos inacceptables de TRUMP à son encontre et à celui de la France. Il a raison car nous avons affaire à un « guignol ». Malheureusement, compte-tenu de sa position, il est dangereux et il importe d’être en permanence sur ses gardes.

Le second concerne la proposition de création d’une armée européenne, proposition soutenue par l’Allemagne. C’est une vieille idée, déjà imaginée en 1950 sous l’appellation de Communauté Européenne de Défense (C.E.D.). Soixante-dix ans plus tard, alors que la situation internationale a considérablement changé, ce concept doit être imaginé : il y va de l’avenir même de l’Union Européenne.

J’ai commencé ce billet en exprimant mes réserves à l’encontre du mouvement des « gilets jaunes ». Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas réagir. Le Parti Socialiste soutient les Français qui défendent leur pouvoir d’achat. C’est le combat politique du moment. Menons-le avec détermination.


mercredi 14 novembre 2018

Le fond et la forme


Une fois n’est pas coutume : mon billet de ce jour aura une dimension locale.

« Les pompiers du Nord coûtent cher selon la Chambre régionale des comptes (C.R.C.) » titre ce matin « La Voix du Nord ». La lecture de l’article m’amène à réagir.

Les C.R.C. ont été créées par la loi, en 1982. Cette création faisait partie du dispositif de décentralisation mis en place à l’initiative de Pierre MAUROY, Premier Ministre. Les délibérations des assemblées locales n’étaient plus alors soumises au contrôle à priori du Préfet pour être exécutées. Ce système ancien plaçait les élus sous la tutelle de l’État. C’était inacceptable en matière de démocratie locale.

Le législateur, et j’en étais, et le Gouvernement avaient institué les C.R.C. afin de s’assurer du respect de la loi par les exécutifs locaux, maires, présidents des départements et régions.

Ce contrôle était et demeure une nécessité si l’on veut un fonctionnement démocratique irréprochable.

Force est de constater malheureusement qu’au fil des ans, certains magistrats des C.R.C. portent des jugements sur le fond et pas seulement sur la forme. En d’autres termes, ils critiquent les décisions des élus, prises en conformité avec les textes législatifs en vigueur et suggèrent une organisation ou une politique qui relèvent de la seule responsabilité des élus.

Dans les fonctions électives que j’ai exercées, j’ai été amené, à plusieurs reprises, à rappeler ce principe fondamental de la décentralisation : ce sont les élus locaux, et eux seuls, qui organisent la vie collective de la commune, du département ou de la région dont ils ont la charge.

La C.R.C. de ma région a rendu un rapport sur le Service Départemental d’incendie et de secours du Nord (SDIS 59). Les magistrats ne relèvent pas d’irrégularités mais critiquent l’organisation du Service. Cela n’est pas de leur compétence.

Les élus départementaux, à mon initiative jusqu’en 2011 puis à celle de mes successeurs, Patrick KANNER, Didier MANIER, Jean-René LECERF ont toujours voulu garantir la sécurité des Nordistes et les secours à leur apporter. Cela à un coût, certes. Les élus ont pris leurs responsabilités vis-à-vis des habitants du Nord.

C’est ce qu’il est important de continuer.