Réagissez !

jeudi 18 septembre 2014

Trente et un irresponsables

Ils ont été trente et un, les députés socialistes qui se sont abstenus dans le vote de confiance au gouvernement, ce mardi 17 septembre.

Je les considère comme irresponsables car ils ne semblent pas mesurer les conséquences de leur acte.

D’abord, il faut rappeler qu’ils ont été élus avec l’investiture du Parti Socialiste.

Cela leur confère un devoir : celui d’appliquer les décisions du P.S démocratiquement arrêtées.

J’ai déjà dit qu’on peut ne pas être d’accord avec ces décisions. Cela m’est arrivé dans ma vie parlementaire. Quand il s’est agi, en octobre 1982, d’amnistier les généraux félons, coupables d’un coup d’Etat en Algérie, je n’y étais pas favorable.
Après une vive discussion, le groupe socialiste a majoritairement décidé de voter cette amnistie. J’ai alors respecté cette décision collective : c’est la démocratie et la loi de la majorité.

Aujourd’hui, ce concept est régulièrement bafoué par quelques individus dont j’essaie de comprendre les motivations.

Se drapant dans de grands principes de gauche, ils se distinguent en s’abstenant.

Comment ne pas considérer cette abstention comme une forme d’opposition. Mais le courage politique de ces « frondeurs » ne va pas jusqu’à voter contre. Ils savent bien que cela entraînerait une dissolution de l’Assemblée Nationale et qu’alors il serait mis fin à leurs fonctions actuelles.

L’un d’entre eux, animateur de ces « frondeurs », a même poussé l’hypocrisie jusqu’à se lever à la fin du discours de Manuel Valls, mardi après-midi.

On ne sait jamais…

Il n’empêche que leur vote d’abstention affaiblit la volonté que manifeste le Premier Ministre, volonté de « réduire les déficits sans casser la croissance » comme il le disait lui-même récemment.

Fort heureusement, il y aura eu 253 députés socialistes qui ont assumé leurs responsabilités : ils ont exprimé leur confiance au gouvernement, rejoints par seize de leurs collègues d’autres groupes.

Je le dis régulièrement : la crise et ses conséquences font oublier les aspects positifs de l’action gouvernementale.

Il faudra bien qu’un jour cela soit retenu. Confiance.

lundi 15 septembre 2014

Des principes fondamentaux

Les partis politiques ont une reconnaissance constitutionnelle.

C’est l’article 4 de notre texte fondamental qui précise leur rôle dans la vie démocratique de notre République.

Depuis mon adhésion au Parti Socialiste en 1962, j’ai toujours considéré que le Parti est l’organisation collective de base, là où les Socialistes prennent leurs décisions.

Parce que nous sommes dans un pays où le mot « Liberté » a un sens, l’adhésion à un parti n’est évidemment pas obligatoire. A partir du moment où l’on accepte d’être membre du PS, on s’engage à en respecter ses règles de fonctionnement communément appelées « statuts », ses principes et sa politique.

Le débat est parfois vif, les thèses défendues peuvent être contradictoires. In fine, il faut choisir.

Tous les militants du Parti Socialiste savent que toutes les décisions sont prises démocratiquement.

Lorsque c’est fait, ne pas respecter la position arrêtée par la majorité place forcément celui ou celle qui s’en affranchit en rupture avec le collectif.

L’actualité de ces derniers temps a donné quelques exemples de non-respect des choix retenus.

Aujourd’hui, le PS a tranché à travers sa Direction et son Premier Secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis : le Parti votera la confiance au gouvernement, ce mardi, à l’Assemblée Nationale.

Je ne reviendrai pas sur les raisons qui justifient ce vote.

Je comprends que la Droite s’y oppose : elle est dans son rôle de contestation. Je pourrais simplement lui faire reproche de ne pas proposer une autre politique crédible.

Je comprends que certaines composantes de la Gauche, ne prenant pas en compte le contexte et la réalité du moment, soient en divergence.

A l’inverse, je ne conçois pas qu’un député socialiste ne se conforme pas à la décision collective.

Autre temps, autre mœurs dit-on parfois. Pourquoi pas, à condition que cela ne balaie pas les bases et les principes fondamentaux d’un engagement.