Le Président de la République, Emmanuel MACRON, a encore perdu hier une occasion de se taire dans sa déclaration sur l’arrestation du Président du Venezuela par un commando militaire américain. Il a aussi démontré une nouvelle fois les limites de son sens politique. Cependant, les propos du Chef de l’Etat ne sont qu’un épiphénomène en regard de la gravité de l’acte insensé décidé par le sinistre TRUMP.
Il ne s’agit pas de défendre Nicolás MADURO enlevé dans les conditions que l’on connaît. Ce personnage est très vraisemblablement coupable de narcotrafic, directement ou en ayant laissé faire. Son élection, contestable et contestée, à la présidence de son pays ne lui confère ni l’innocence ni l’impunité. Cependant, ce n’est pas à TRUMP d’en décider. Seule la justice, qu’elle soit vénézuélienne, américaine ou internationale, est à même de trancher cette question. Le président américain a été démocratiquement élu pour défendre les intérêts des Etats-Unis et du peuple américain. Cette élection n’a pas fait de lui le « gendarme du monde » et lui permet encore moins d’accroître ses moyens personnels et sa richesse déjà considérable.
Du point de vue du respect du droit international et du fonctionnement démocratique des institutions, rien n’empêchait la justice américaine de juger Nicolás MADURO, même en son absence, et de le condamner si les faits reprochés étaient avérés.
Au lieu de cela, on a eu droit à un scénario choquant, celui qui amène un Etat à aller destituer le chef d’un autre Etat. Répétons-le : il ne s’agit pas de défendre MADURO comme a pu le faire aussitôt MÉLENCHON. Il s’agit de dénoncer un acte inadmissible en regard des règles de droit des Démocraties.
Cet évènement peut nous faire craindre de nouvelles initiatives du même genre de la part du président américain. On aimerait qu’il fasse preuve d’autant de détermination pour défendre le démocrate ukrainien ZELENSKY face au dictateur russe. Les Européens n’ont rien à attendre d’un président américain aussi peu respectueux des règles de droit international. La « coalition des volontaires » qui regroupe 15 pays dont 11 Etats-membres de l’Union Européenne se réunira le 6 janvier à Paris. Souhaitons que les « engagements concrets pour protéger l’Ukraine » annoncés par Emmanuel MACRON dans ses vœux du 31 décembre dernier marquent la détermination des Démocraties concernées de défendre la Paix et la Liberté dans le respect du droit international. C’est une des conditions pour que nos concitoyens soient moins inquiets pour leur avenir.
