La France aura-t-elle un budget et dans quelles conditions ? La réponse est évidemment oui : la France aura un budget. Ce qui est moins facile à affirmer, ce sont les conditions de la mise en œuvre de ce budget.
Nos institutions, la Constitution notamment, prévoient tous les cas de figure. Ce sont ensuite les responsables politiques qui les appliquent en fonction de leurs analyses. Le Premier Ministre, qui s’est engagé à ne pas recourir au 49.3 pour l’adoption du projet de loi de finances, s’expose à la censure s’il ne répond pas aux exigences du Parti Socialiste qui visent avant tout à atténuer les effets négatifs, en matière de justice sociale, du texte voté par les Sénateurs de droite.
Hier, tant à la radio (France Inter) qu’à la télévision (BFM) François HOLLANDE et Olivier FAURE ont parfaitement rappelé ces exigences : la transition écologique, les services publics (notamment l’Education Nationale), une surtaxe sur les bénéfices des entreprises et une augmentation de la prime d’activité. Cela pourrait se traduire par davantage de justice sociale et davantage de justice fiscale. C’est la condition pour que les Députés Socialistes ne votent pas une motion de censure qui serait déposée inévitablement en cas de recours au 49.3.
Cette procédure que le Premier Ministre ne semble toujours pas vouloir utiliser apparaît comme une hypothèse la plus vraisemblable. Ce n’est pas satisfaisant si l’on considère que dans la Démocratie parlementaire qui est la nôtre, ce sont les représentants du peuple qui votent la loi. Mais, il n’y a pas de majorité qui se dessine pour voter le budget. Il faut donc utiliser les moyens que donne la Constitution.
Cela dit, c’est au Gouvernement que revient la décision, pas au Parti Socialiste qui, dans l’opposition, doit pour l’heure concentrer ses efforts afin d’obtenir la satisfaction de ses exigences. La recherche d’un compromis entre le Gouvernement, sa majorité très relative, la droite et le PS est à l’ordre du jour des rencontres prévues en ce début de semaine. Les communistes et les écologistes ont refusé de participer à cette réunion. C’est dommage. Il y avait là une occasion de montrer à l’opinion que la Gauche de Gouvernement était rassemblée.
Il faut pourtant qu’elle s’y prépare dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Olivier FAURE, Fabien ROUSSEL, Marine TONDELIER et quelques autres doivent bien intégrer que le rassemblement autour d’un seul candidat est la condition nécessaire pour être présent au second tour où la présence de l’extrême-droite est quasiment inéluctable. Une année ne suffira pas pour inverser la tendance.
François MITTERRAND qui s’inspirait de Miguel DE CERVANTÈS, le créateur de Don Quichotte, disait souvent : « Il faut donner du temps au temps ». C’est parfois nécessaire. La montée de l’extrême-droite en France et dans le monde devrait nous convaincre que le temps est venu.
