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jeudi 10 novembre 2022

Toujours défendre la Laïcité

La Laïcité serait mise à mal en France. C’est un sujet qui est évoqué ce matin dans les médias, avec insistance. 

Cette alerte est-elle fondée ou non ? Connaît-on aujourd’hui une atteinte plus grave à cette valeur républicaine que celles que l’on a connues depuis la loi de 1905 qui sert toujours de référence ? Peu importent les réponses à ces questions. Par contre la vigilance est toujours de rigueur si l’on veut limiter l’influence des religions sur notre fonctionnement institutionnel.

Il n’est pas question d’alimenter ici un débat sur les croyances déistes. Elles existent depuis des siècles et il appartient à chacun de se positionner : croire ou ne pas croire. C’est toute l’originalité de la laïcité à la française que de respecter ce principe de liberté individuelle, ce qui exclut qu’un groupe prétende imposer sa doctrine religieuse à l’ensemble de la société. Or, c’est incontestable, d’aucuns placent la loi de leur Dieu avant la loi républicaine. Cela n’est pas acceptable.

En fait, ce serait un développement du port de signes religieux qui susciterait cette vague de réactions. Cela se comprend bien qu’il ne faille pas confondre le « signe ostensible d’une religion » avec la laïcité. 

Au début du siècle dernier, en 1905, le législateur a permis la liberté de conscience en même temps qu’il a décidé de la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses. A cette époque, ce sont essentiellement les chrétiens qui étaient concernés. Depuis lors, de nombreux pratiquants de l’islam sont des citoyens français. Leurs croyances religieuses prennent trop souvent le pas sur la règle républicaine de laïcité. Cette règle ne permet pas d’afficher sa religion dans des lieux bien définis où cet affichage traduirait un prosélytisme qui n’est pas de mise. 

C’est le cas de l’Ecole, bien entendu, où il importe avant tout de préserver les enfants et les jeunes de toute influence religieuse. C’est là que doit se préparer la capacité de réflexion et l’esprit critique, corollaires de la liberté de conscience. Dans les autres lieux publics, ce sont d’abord les agents qui reçoivent les usagers qui ne doivent, en aucun cas, afficher des symboles de leur croyance. 

Parce que la laïcité est toujours menacée, remise en question par ceux qui y voient un empêchement pour imposer leurs références religieuses, une vigilance de tous les instants s’impose. C’est en juillet 2021 que le Gouvernement d’alors a mis fin à l’Observatoire de la laïcité, une commission consultative chargée de veiller au respect et à la promotion du principe de laïcité. C’était une erreur, une faute même. L’Exécutif, Président de la République, Gouvernement, a la responsabilité de garantir ce respect d’un principe fondamental. Nous serons attentifs à ce qu’il assume cette responsabilité.