Lorsque, en 1971, différentes sensibilités du socialisme français ont décidé de se rassembler pour créer le PS que l’on connaît, les responsables, avec François MITTERRAND et Pierre MAUROY, les militants, tous avaient un objectif : mettre fin à la mainmise de la Droite d’alors sur le pays. Les réflexions, les débats, les propositions ont mobilisé le Parti tout entier et dix ans plus tard, les citoyens élisaient un Président de la République et une majorité de députés socialistes.
Une nouvelle époque commençait alors. Elle a vu la mise en œuvre immédiate de décisions, de lois, toutes marquées du sceau de la lutte contre les inégalités et les injustices. Cela a plutôt bien réussi jusqu’en 2017. Aujourd’hui, et au regard des difficultés rencontrées, certains considèrent que cette époque est révolue et qu’il faut créer quelque chose d’autre. Pourquoi pas si l’on veut bien considérer que notre société, et les hommes et les femmes qui la composent, sont toujours confrontés, pour beaucoup d’entre eux, à une situation difficile. Les difficultés sont économiques et sociales. Elles sont amplifiées par le climat d’incertitudes qui pèse sur la paix, l’environnement, la jeunesse.
La priorité pour les Socialistes français est donc bien, comme en 1971, de proposer une autre politique et de ne pas se limiter à combattre les initiatives de l’Exécutif. Certes, cela ne doit pas être négligé tant est insupportable la situation sociale qui découle de la politique macronienne. Mais il faut quelque chose en plus.
Le Congrès du PS qui va se dérouler à Marseille, fin janvier, sera le moment par excellence au cours duquel devront être jetées les bases de cette nouvelle époque. On ne peut que déplorer que cela n’ait pas été entrepris dès 2017. Il y a cinq ans, les responsables socialistes ont fait le choix de critiquer plusieurs mesures prises durant le quinquennat de François HOLLANDE plutôt que de mettre le Parti au travail pour proposer un programme alternatif au libéralisme macronien. La conséquence, on la connaît. Les échéances électorales de 2022 ont été abordées sans préparation et ont donné les résultats que l’on connaît.
On me dira, à juste titre, que la NUPES a permis l’élection d’une trentaine de députés socialistes (sur 577 !). Cependant, cet accord électoral n’a pas de base programmatique et ses effets sont limités au scrutin de juin dernier. Le PS ne retrouvera le soutien de l’opinion de gauche qu’à condition qu’il manifeste encore et toujours sa volonté de rassemblement de la Gauche en même temps qu’il propose des mesures réalistes pour répondre aux attentes de nos concitoyens. La méthode retenue en 1971, élaborer un programme de gouvernement qui marque une véritable rupture avec le système politique, économique, culturel, social que l’on connaît aujourd’hui, en discuter avec tous les partenaires qui veulent, ensemble, accéder au pouvoir, demeure la bonne méthode.
Cela passe forcément par la désignation de responsables qui adhèrent à cette méthode.