C’est aujourd’hui que le Président de la République installe son C.N.R.
Ce sigle a une signification d’importance pour celles et ceux qui connaissent bien notre histoire des quatre-vingt dernières années. On ne mesure pas toujours ce que les Français doivent à ce CNR (Conseil National de la Résistance) créé en 1942-1943, en pleine occupation nazie par la Résistance française. Il s’agissait de mieux coordonner l’action menée par différents mouvements issus des partis politiques, des syndicats, mouvements de lutte et de défense contre le nazisme et le pétainisme. Il s’agissait aussi de préparer la France pour les lendemains de la guerre à partir d’un programme intitulé « Les jours heureux ». C’est ainsi que furent décidées de mesures qui constituent, aujourd’hui encore, notre système de protection sociale.
Utiliser ce sigle pour traiter non pas de la Résistance mais de la « refondation » est une de ces habiletés dont Monsieur MACRON est coutumier.
Qu’il faille « refonder » est une évidence. Une société se doit de s’adapter en permanence aux évolutions du monde sauf à risquer de disparaître. De là à imaginer qu’en faisant du « brainstorming », c’est-à-dire du « remue-méninges » à grand renfort de publicité et de médiatisation, on résoudrait tous les problèmes, il y a un grand pas que le Parti Socialiste, avec d’autres, n’a pas voulu franchir.
On nous présente ce « gadget » comme une pratique de démocratie participative. Celle-ci est un élément important de l’action politique lorsqu’elle est engagée par des élus locaux, par des parlementaires, par des organisations politiques ou associatives. Le Chef de l’Etat, pour ce qui le concerne, dispose d’un gouvernement, d’une majorité parlementaire (même relative) qui peuvent l’informer de l’état de l’opinion et des besoins du pays. Il peut même écouter, sinon entendre, des propositions émanant de l’opposition.
Monsieur MACRON a déjà organisé, lors de son premier quinquennat, deux « concertations » du même genre. Ce fut le « grand débat » au lendemain de la crise des « gilets jaunes ». Ce fut la convention citoyenne pour le climat. Qu’en est-il sorti ? Pas grand-chose pour ne pas dire quasiment rien. La politique libérale du macronisme n’a en rien été changée ou même infléchie.
C’est dire qu’il y a de bonnes raisons d’être sceptique quant aux effets de ce C.N.R., modèle MACRON.
C’est vrai qu’il y a urgence à apporter des réponses pour l’éducation, la santé, les institutions, le dérèglement climatique, le désintérêt des citoyens pour la politique. Cela passe par l’affirmation d’une volonté politique sans faille pour assurer les changements nécessaires et indispensables. Cela passe aussi par la mise en œuvre de moyens, pas seulement financiers, pour rassurer nos concitoyens. Un récent sondage réalisé par un organisme sérieux et crédible, l’IFOP, a fait apparaître que 75 % des personnes interrogées sont inquiètes pour leur avenir. C’est du jamais vu.
Force est de constater que cinq mois après sa réélection, le Président de la République et le gouvernement qu’il a nommé n’ont pas réussi à établir le climat de confiance dont nous avons grand besoin.