Ainsi, depuis vendredi dernier, Christiane TAUBIRA est candidate à l’élection présidentielle. Ou, plutôt, elle « envisage de se présenter ». On fait difficilement mieux en matière d’ambiguïté. Après tout, elle a parfaitement le droit d’affronter les électrices et les électeurs comme n’importe quel citoyen. La seule condition juridique est d’être parrainé par au moins cinq cents élus locaux.
Elle en a le droit. Elle en a même usé en 2002 lorsque, membre du gouvernement JOSPIN, elle a été candidate, a obtenu 2,32 % des suffrages et comme Jean-Pierre CHEVENEMENT (5,33 %), Noël MAMERE (5,25 %), Robert HUE (3,37 %) et autres prétendument de gauche, a permis à l’extrême-droite d’être présente au second tour en éliminant, au 1er tour, celui qui avait mené, pendant cinq ans, une politique de Gauche, Lionel JOSPIN.
Aujourd’hui, la situation est différente. La Gauche continue de vouloir être représentée par de nombreuses et nombreux candidats. La candidature de Christiane TAUBIRA est souhaitée, si l’on en croit les sondages et les médias, par des électrices et des électeurs. Combien ? Impossible à savoir.
Oui, Christiane TAUBIRA a le droit d’être candidate. Elle n’est pas membre du Parti Socialiste qui, lui, a désigné Anne HIDALGO pour porter les valeurs et le projet de la social-démocratie. Anne HIDALGO a aussi eu le courage politique de proposer à tous ses concurrents de Gauche une primaire pour désigner celle ou celui qui deviendrait l’adversaire principal de la Droite (MACRON-PECRESSE) et de l’extrême-droite bicéphale.
On sait déjà le peu de chance d’arriver à cette primaire mais, acceptons-en l’augure, à ce jour. Dans l’hypothèse peu probable d’une présence de MÉLENCHON et JADOT à cette procédure, ce qui est quasiment improbable, resterait à définir les modalités du vote à cette primaire.
« Chat échaudé craint l’eau froide » nous dit l’adage publié dans le « Roman de Renart » au XIIIe siècle. Nous avons été « échaudés » en 2017. De nombreux votants qui ont permis à Benoît HAMON d’être désigné au détriment de Manuel VALLS n’ont même pas voté, lors du scrutin présidentiel, pour le candidat de leur choix, à la primaire. Ils ont apporté leurs suffrages à un autre postulant.
Plus grave, aucun de ces deux personnages n’est resté membre du PS. Alors, si on s’oriente vers une primaire, des conditions devront être remplies pour en garantir la légitimité des résultats.
Ainsi, on le voit, on n’est pas arrivé au bout du processus. Il ne s’agit pas pour autant d’attendre que ce scénario d’une primaire se réalise pour faire campagne. Certains médias, toujours friands d’affrontements politiques, devraient reprendre la proposition d’Anne HIDALGO, d’organiser un débat télévisé au cours duquel les différents projets seraient soumis à une comparaison devant l’opinion. Les points communs seraient sûrement nombreux, les divergences, conciliables. Les citoyens, informés et éclairés, seraient mieux à même de choisir.