Surprise ! Jean-Luc MÉLENCHON est candidat à l’élection présidentielle…
Surprise ? Pas vraiment. Le personnage s’emploie, depuis plusieurs années, à occuper le devant de la scène politique avec un comportement qui ne peut que choquer celles et ceux qui s’inscrivent réellement dans une action politique de gauche. Nous ne le répèterons jamais assez, LFI et la « mélenchonie » ne sont pas une organisation politique qui défend les valeurs de la Gauche. Les discours régulièrement tenus visent d’abord à déstabiliser les institutions pour mener des actions politiques dont on ignore véritablement le contenu et, surtout, leur possibilité de réalisation.
On ne s’attardera pas sur l’engagement non tenu de ne plus être candidat après son échec, pour la 3ème fois, en 2022. Cela illustre bien le caractère du personnage, persuadé qu’il est, d’incarner ce qu’il appelle la nouvelle France. « Il n’est pas de sauveur suprême » clame l’Internationale. Bien qu’il en soit un interprète fréquent, il n’en fait pas sa doctrine de référence.
Les dictateurs d’Amérique du Sud, en fonction ou déchus, sont ses modèles. Il est vrai que le fonctionnement même de son mouvement est loin d’être un exemple de démocratie. C’est le « guide suprême » qui dicte la conduite de ses affidés. Plus grave encore aura été le refus de qualifier de terroriste le Hamas, auteur de la tuerie d’octobre 2023 en Israël.
L’annonce de cette candidature n’est qu’un épiphénomène en regard de l’importance de la campagne électorale présidentielle qui a démarré au lendemain des élections municipales. Elle doit cependant motiver davantage la Gauche responsable à se mettre en ordre de marche. Tout laisse à penser que la primaire envisagée n’aura pas lieu. C’est une bonne chose. Encore faut-il que les responsables des organisations politiques qui souhaitent sortir du libéralisme macronien s’emploient à trouver le candidat qui portera un projet commun.
Le Parti Socialiste prépare son programme si l’on se réfère à la présentation qui en a été faite à travers une conférence de presse le 23 avril dernier. Les militants sont invités à en discuter et à le voter. Encore faudrait-il qu’ils l’aient en leur possession, ce qui ne semble pas être le cas.
A moins d’un an, désormais, de cette élection présidentielle dont on attend tellement que les déceptions ne manqueront pas, la clarification dans les candidatures, à droite comme à gauche, devient de plus en plus nécessaire.
L’opinion publique s’interroge et c’est aux responsables politiques d’y répondre. Un commentateur annonçait une trentaine de candidatures plus ou moins déclarées. Cette inflation est préoccupante après deux quinquennats du président encore en fonction. Celui-ci aura donné à la fonction un sens inédit par la pratique qui fut la sienne. Ce fut au détriment de la justice sociale qui fait tant défaut en France aujourd’hui. La rétablir devra être le principal objectif de la Gauche responsable.