C’est hier, au Parlement, qu’ont véritablement commencé le nouveau quinquennat et la nouvelle législature. Par son discours de politique générale, la Première Ministre a précisé ce que sont les intentions du gouvernement.
On pouvait s’y attendre, Madame BORNE n’a pas sollicité la confiance de l’Assemblée Nationale. Elle savait qu’elle ne l’obtiendrait pas, ne disposant pas d’un nombre de députés suffisant. « La confiance ne se décrète pas » a-t-elle déclaré. Certes, mais elle est indispensable à l’action politique. C’est bien pourquoi les Français ne l’ont pas manifestée, le 19 juin dernier en ne donnant pas au Président de la République en qui ils n’ont plus confiance, la majorité qui lui aurait permis de mettre en œuvre son projet approuvé, rappelons-le, par 20,07 % seulement des électrices et des électeurs, un sur cinq.
Or, malgré ce rapport de force qui est loin d’être favorable au gouvernement, la Première Ministre n’a cessé d’en appeler au compromis sans jamais faire la moindre concession. C’est le programme MACRON ou rien, un compromis à sens unique. Elle n’a même pas hésité à « agiter un chiffon rouge » en confirmant la réforme annoncée de notre système de retraite.
Dans le débat qui a suivi la déclaration de Madame BORNE, les porte-parole des groupes d’opposition se devaient de rappeler les attentes d’une majorité de nos concitoyens et pourquoi les intentions du Gouvernement ne répondaient pas à ces attentes. Cela aurait suffi.
L’initiative des Insoumis de déposer une motion de censure permettra à l’Exécutif de faire constater qu’il n’y a pas eu de majorité pour le contester. Cela contribuera à le renforcer. D’autre part, cette initiative pose d’emblée le problème des modalités de fonctionnement de la NUPES. Cet accord électoral a permis la constitution de quatre groupes à égalité de droits et de devoirs. Si l’on veut que le rassemblement soit crédible à l’avenir, il importera de veiller à une concertation préalable et approfondie entre ses composantes et ne pas pratiquer la politique du fait accompli. Il ne serait pas acceptable, pour les Socialistes, de se voir dicter leurs actes par les Insoumis sans discussion au prétexte que les résultats au premier tour de l’élection présidentielle confèreraient désormais un rôle de leader au mélenchonistes.
S’exprimant au nom des Députés Socialistes, Boris VALLAUD a dénoncé le vote des élus macronistes qui ont permis l’élection de deux vice-présidents d’extrême-droite. Malgré une interruption brutale de la Présidente de l’Assemblée Nationale, il a pu présenter les propositions soutenues par le PS qui se démarquent fondamentalement du projet du Gouvernement. « Nous n’avons pas été élus pour donner au Président de la République une majorité que les Français lui ont refusée » a-t-il déclaré solennellement.
Il est évident qu’un tel débat qui fait suite à la prise de fonctions d’un nouveau gouvernement ne permet pas d’augurer de ce que sera la suite. Il faudra attendre d’en connaître davantage pour apprécier plus précisément si, comme l’a déclaré Madame BORNE, « nous sommes entrés dans l’ère des forces qui bâtissent ensemble ».