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jeudi 20 janvier 2022

Se ressaisir

On le sait : un pourcentage important d’électrices et d’électeurs de gauche souhaite une candidature de rassemblement pour l’élection présidentielle. Ils ont raison. Cependant, il faut bien intégrer qu’un tel rassemblement ne s’improvise pas en quelques jours ni même en quelques semaines. Le temps politique est souvent long mais c’est la conséquence du débat d’idées qui caractérise la Démocratie.

Ce concept du rassemblement mériterait d’ailleurs d’être précisé quant à son contenu. Quelles sont les sensibilités de Gauche susceptibles d’élaborer ensemble un programme de Gouvernement ? Elles sont sûrement plus limitées en nombre qu’on pourrait le souhaiter.

L’extrême gauche qui aligne à ce jour au moins deux prétendants, si ce n’est plus, s’est toujours placée en dehors d’un fonctionnement responsable de nos institutions. Il n’y a rien à en attendre.

Jean-Luc MÉLENCHON est-il de Gauche, lui qui est l’exemple vivant du chef incontesté et incontestable  d’un  parti  où  la  Démocratie  n’est  pas  de  mise  dans  son fonctionnement ? La réponse est évidente : « moi d’abord » ! Un accord de gouvernement est impossible avec lui tant il est sûr de détenir, tel un gourou, la Vérité.

Les écologistes pourraient, pour certains d’entre eux, s’inscrire dans une action collective de gauche. Ils le font dans certaines villes. Ils ont fait listes communes dans certaines régions l’an dernier. Ils sont cependant aujourd’hui dans un état d’esprit de domination et ne conçoivent le rassemblement qu’autour d’eux et sans discussion.

Alors, on le voit, cette primaire populaire dont on nous rebat les oreilles depuis quelques jours n’est qu’un leurre, une mascarade qui n’a pas sa place dans notre République. Il convient donc de la dénoncer comme telle et de tout mettre en œuvre pour qu’elle n’ait pas lieu.

Le Parti Socialiste n’encourage pas ses membres à y participer. C’est une bonne chose. Sa direction devrait être plus offensive dans une opposition à un mouvement qui, s’il partait d’une bonne intention, a perdu de son sens puisqu’il ne réunira pas tous les candidats potentiels et qu’il n’y a pas eu de débats préalables au vote.

Plus grave encore : un des responsables de la « primaire populaire » n’hésite pas à déclarer « faire pression » pour empêcher les candidats qui ne se rallieraient pas à la procédure d’obtenir des parrainages.

Plus on se rapproche de l’échéance de l’élection présidentielle elle-même, plus on ne peut que déplorer que le débat sur les projets réciproques des candidates et candidats soit occulté par une sorte de folklore qui porte préjudice à la Gauche et à la Démocratie et qui sert les intérêts politiques du président-candidat. Il est temps de se ressaisir.