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vendredi 13 mars 2026

Un scrutin déterminant

Dans deux jours, les Françaises et les Français auront choisi la liste de candidats et le maire qu’ils souhaiteraient voir diriger leur commune, ville ou village. Dans de nombreux cas il faudra un deuxième tour et c’est là que les incertitudes demeureront. La présence d’une seule liste ou de deux garantit l’élection dès dimanche. Ailleurs, il faudra revoter le 22 mars. Entre-temps, des accords politiques interviendront entre les listes susceptibles d’être encore en lice pour le second tour. Ces accords seront portés dans la plupart des cas par les organisations politiques locales.

Pour les socialistes, les communistes et les écologistes, il n’y a pas d’ambiguïté : il faut battre la droite dans laquelle s’est rangée la macronie et éliminer l’extrême-droite. Cette dernière intention n’est pas la plus facile à réaliser. De plus en plus de nos concitoyens apportent leur suffrage aux candidats lepénistes ou à leurs alliés. Certains à droite, tel le président des Républicains, RETAILLEAU, reprennent à leur compte les thèses portées par l’extrême-droite et n’excluent pas des accords électoraux avec les héritiers du fascisme, du pétainisme, voire du nazisme. C’est inimaginable que l’on en soit arrivé à ce point de l’oubli des drames provoqués par ces idéologies et que l’on croyait à jamais disparus quatre-vingt ans plus tard.

Dans cette campagne électorale municipale, une autre organisation retient l’attention des médias : les mélenchonistes. Ceux-ci pratiquent un « culte du chef » qui les amène à défendre des positions en contradiction avec les valeurs républicaines, avec le respect de la Démocratie. Les Insoumis ne sont pas une organisation de Gauche. Leurs électeurs le sont assurément pour la plupart. Ce sont eux qu’il faut convaincre qu’ils ont été trompés. En présentant des candidats dans les villes dirigées par la Gauche, et par les socialistes en particulier, les Insoumis ont repris à leur compte la formule des staliniens en 1936 : il faut « plumer la volaille socialiste ». Il ne faut pas être à gauche pour afficher une telle intention.

Le Parti Socialiste a rejeté l’hypothèse d’un accord national avec LFI. C’est une bonne chose. Cela n’exclut pas les analyses locales des résultats du premier tour pour préparer le deuxième tour avec cet objectif déjà évoqué ici, battre la droite et éliminer l’extrême-droite.

Dimanche soir, on connaîtra le choix de nos concitoyens. C’est à partir de là que des décisions déterminantes devront être prises, pour le second tour des municipales d’abord, mais aussi pour la préparation de l’élection présidentielle de 2027.

lundi 9 mars 2026

L’avenir de la Gauche

La « Voix du Nord », grand quotidien d’information régional, consacre une série d’articles (5 sont prévus) aux partis politiques. Celui de ce jour est titré : « Le Parti Communiste va-t-il stopper l’hémorragie ? ». C’est en effet un problème pour la Gauche que de constater la baisse d’audience dans l’opinion que connaissent certaines composantes historiques de la gauche française depuis quelques années. Ce n’est pourtant pas un phénomène irréversible car les valeurs portées et défendues par la Gauche dite de gouvernement demeurent et ne le sont pas par la Droite et l’extrême-droite avec la même détermination. 

La justice sociale avec toutes ses déclinaisons, revenus, école, retraite, santé, logement, est la première de ces valeurs. La défense de la Démocratie et des libertés sont également au premier rang des objectifs d’une politique de gauche. La protection de notre environnement est évidemment concernée. On sait que la concrétisation d’un projet politique portant ces intentions passe par le vote de citoyennes et des citoyens en faveur des candidats qui portent ce projet.

Depuis sa création en 1920, lorsqu’une majorité au sein du Parti Socialiste d’alors a accepté les 21 conditions du Parti Communiste soviétique, le PCF a été associé, à plusieurs reprises, à des actions gouvernementales de gauche. Il les a soutenues en 1936, avec le gouvernement du Front Populaire de Léon BLUM. Il a eu des ministres au sein du gouvernement que dirigeait Pierre MAUROY en 1981. Aujourd’hui, l’URSS a disparu, les 21 conditions ne sont plus adaptées au monde contemporain. Socialistes et communistes doivent retrouver le chemin du rassemblement après plus d’un siècle de séparation.

Il ne s’agit pas de demander au Parti Communiste de se saborder mais de rechercher une formule d’organisation dans laquelle chacun, fort de son histoire, s’engagera dans la recherche d’une complémentarité entre les projets politiques afin de pouvoir contribuer ensemble à la transformation de la société.

Dans cette mouvance à créer, les écologistes ont bien entendu toute leur place lorsqu’ils associent défense de l’environnement et justice sociale. D’autres groupes de réflexion et d’action qui défendent des politiques de gauche et qui ont toujours existé dans le paysage politique français devraient également se retrouver aux côtés des grands partis historiques.

Parce que l’extrême-droite est aux portes du pouvoir, parce que la Droite dite républicaine oublie ses références pour reprendre à son compte des thèmes que l’on croyait disparus depuis 80 ans, la Gauche française doit s’adapter à ce contexte et se rassembler. Les élections municipales de dimanche prochain auront amené à la présentation de listes d’union dans un très grand nombre de villes grandes et moyennes. Les électrices et les électeurs peuvent trouver dans les programmes de ces listes la réponse à leurs attentes.

Les résultats apporteront des réponses dont il faudra tenir compte pour la suite.