Les résultats des élections sénatoriales qui se sont déroulées ce dimanche dans la moitié des départements sont une nouvelle alerte pour la Démocratie et la République. Le nombre de sièges remportés par l’extrême-droite lui permet de constituer un groupe d’une quinzaine de sénateurs et lui donne une représentation dans la Chambre haute qui vient s’ajouter à ce dont elle dispose déjà à l’Assemblée Nationale.
Ces résultats ne sont pas véritablement une surprise. La composition du corps électoral, des élus locaux, permettait de subodorer de tels effets si l’on se réfère aux élections municipales de mars dernier. Trop de municipalités sont aujourd’hui dirigées par les lepénistes et leurs alliés. En d’autres termes, l’arrivée au Sénat d’élus fascistes et racistes était prévue.
On ne peut pas non plus ne pas regretter l’élection de deux sénateurs mélenchonistes. Dans les départements concernés, les grands électeurs de gauche n’ont pas mesuré les dangers que représente LFI pour nos institutions.
Ces élections sénatoriales ne constituent pas cependant une image électorale fiable de la France. Tous les citoyens et citoyennes n’y participent pas. Néanmoins, les organisations politiques non-extrémistes doivent prendre en compte ces résultats pour adapter leur campagne électorale présidentielle au contexte. En plus de propositions à formuler en matière de politique nationale et internationale, sociale, économique, il faudra s’employer à convaincre nos concitoyens des risques qu’ils prendraient en votant pour les extrémistes.
La Gauche de Gouvernement, socialistes, communistes, écologistes, comme la Droite dite républicaine ont une lourde responsabilité devant l’Histoire. La montée des extrémistes, notamment dans plusieurs Etats membres de l’Union Européenne, est d’une telle gravité que la France, porteuse de valeurs de Démocratie et de Libertés, se doit de montrer l’exemple lors du prochain rendez-vous électoral d’avril prochain.
Au sein de la Gauche, les Socialistes doivent avoir un rôle déterminant. Dans un passé encore récent, ils ont montré leurs capacités à mettre en œuvre des politiques cohérentes, notamment en matière de justice sociale. Lorsque la procédure des primaires sera arrivée à son terme, il faudra être attentif à l’état de l’opinion, formuler des réponses concrètes et réalistes aux attentes des Français et se mettre en situation de soutenir le candidat dont l’expérience et le savoir-faire permettront de « démonter » les thèses des adversaires, en particulier des extrémistes.
L’équation est simple à résoudre. Si la Gauche responsable est divisée au premier tour, si chaque organisation qui s’en réclame accompagne « son » candidat, elle ne sera pas présente au second tour. A l’inverse, si elle est rassemblée pour battre les extrémistes, tout est possible.