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lundi 28 septembre 2026

Tout est possible

Les résultats des élections sénatoriales qui se sont déroulées ce dimanche dans la moitié des départements sont une nouvelle alerte pour la Démocratie et la République. Le nombre de sièges remportés par l’extrême-droite lui permet de constituer un groupe d’une quinzaine de sénateurs et lui donne une représentation dans la Chambre haute qui vient s’ajouter à ce dont elle dispose déjà à l’Assemblée Nationale. 

Ces résultats ne sont pas véritablement une surprise. La composition du corps électoral, des élus locaux, permettait de subodorer de tels effets si l’on se réfère aux élections municipales de mars dernier. Trop de municipalités sont aujourd’hui dirigées par les lepénistes et leurs alliés. En d’autres termes, l’arrivée au Sénat d’élus fascistes et racistes était prévue.

On ne peut pas non plus ne pas regretter l’élection de deux sénateurs mélenchonistes. Dans les départements concernés, les grands électeurs de gauche n’ont pas mesuré les dangers que représente LFI pour nos institutions.

Ces élections sénatoriales ne constituent pas cependant une image électorale fiable de la France. Tous les citoyens et citoyennes n’y participent pas. Néanmoins, les organisations politiques non-extrémistes doivent prendre en compte ces résultats pour adapter leur campagne électorale présidentielle au contexte. En plus de propositions à formuler en matière de politique nationale et internationale, sociale, économique, il faudra s’employer à convaincre nos concitoyens des risques qu’ils prendraient en votant pour les extrémistes.

La Gauche de Gouvernement, socialistes, communistes, écologistes, comme la Droite dite républicaine ont une lourde responsabilité devant l’Histoire. La montée des extrémistes, notamment dans plusieurs Etats membres de l’Union Européenne, est d’une telle gravité que la France, porteuse de valeurs de Démocratie et de Libertés, se doit de montrer l’exemple lors du prochain rendez-vous électoral d’avril prochain.

Au sein de la Gauche, les Socialistes doivent avoir un rôle déterminant. Dans  un  passé  encore  récent, ils  ont  montré  leurs  capacités  à mettre en œuvre des politiques cohérentes, notamment en matière de justice sociale. Lorsque la procédure des primaires sera arrivée à son terme, il faudra être attentif à l’état de l’opinion, formuler des réponses concrètes et réalistes aux attentes des Français et se mettre en situation de soutenir le candidat dont l’expérience et le savoir-faire permettront de « démonter » les thèses des adversaires, en particulier des extrémistes.

L’équation est simple à résoudre. Si la Gauche responsable est divisée au  premier tour, si  chaque  organisation  qui  s’en  réclame accompagne « son » candidat, elle ne sera pas présente au second tour. A l’inverse, si elle est rassemblée pour battre les extrémistes, tout est possible. 

vendredi 25 septembre 2026

Actualité politique

Plusieurs évènements de l’actualité politique ont marqué cette fin de semaine et ont suscité de nombreux commentaires. Ils méritent d’être analysés.

Aujourd’hui, c’est la venue du Pape en France qui occupe les écrans de toutes les chaînes d’information continue. On ne peut pas y échapper. Depuis le début de la semaine, le sujet avait été très largement annoncé. L’organisation de cette visite estimée à 27 millions d’euros est essentiellement à la charge de l’Eglise catholique de France mais des fonds publics y seront néanmoins consacrés, 250 000 euros pour la ville de Metz, par exemple, où Léon XIV se rendra. Après tout, c’est un Chef d’Etat…le 224ème en superficie avec 44 hectares et en population estimée à 764 habitants.

Sans verser dans l’anticléricalisme primaire, rappelons cependant que le Pape est le chef d’une religion qui a provoqué des drames énormes dans l’Histoire de l’Humanité. La réserve et le silence du Pape Pie XII face aux crimes du régime nazi ont fait l’objet d’analyses approfondies de la part des historiens. Reconnaissons toutefois que Léon XIV et son prédécesseur, le Pape François, ont exprimé, à plusieurs reprises, leur intérêt pour les questions sociales et les injustices que l’on y rencontre.

Autre sujet, l’intervention télévisée du Président de la République, hier soir. Alors que les Français sont particulièrement inquiets, le Chef de l’Etat se devait de livrer quelques informations au grand public, comme il l’avait fait quelques jours auparavant avec les responsables des partis politiques. Emmanuel MACRON a été interviewé par deux journalistes sur des sujets qui sont au centre des préoccupations de nos concitoyens. En dramatisant les enjeux géopolitiques du moment, il a voulu se donner l’image d’un responsable politique, en fin de mandat, qui joue un rôle important pour résoudre les problèmes internationaux. Il n’est pas sûr que les téléspectateurs aient été complètement rassurés en l’écoutant. 

Enfin, le débat des primaires qui s’est déroulé mercredi soir à la télévision avec les cinq candidats de gauche devait être un temps fort dans la préparation de cet acte politique. Il faudra mieux faire les prochaines fois puisqu’il doit y en avoir deux autres avant le vote des 9 et 10 octobre. Les réponses des cinq prétendants sur les sujets qui retiennent l’attention de nos concitoyens, le prix des carburants, le contexte de guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, les salaires et le pouvoir d’achat, la dette, n’ont pas été fondamentalement opposées. Quelques différences d’appréciation sont apparues pour ce qui est de la position à tenir à l’égard du gouvernement israélien.

Les relations avec les Insoumis et leur leader-candidat ont fait apparaître de réelles divergences sur lesquelles nous reviendrons.

Ce premier débat n’aura pas convaincu sur la capacité réelle de tel ou tel candidat à exercer la responsabilité majeure de Chef de l’Etat. Mais là aussi, nous y reviendrons.