Réagissez !

jeudi 23 avril 2026

Un programme

La direction du Parti Socialiste a élaboré un projet de programme soumis à l’examen des membres du parti. Enfin, serait-on tenté de dire. Depuis huit ans et le congrès d’Aubervilliers en 2018 qui a confié à Olivier FAURE la responsabilité première du PS on attendait que l’on sorte de la critique des politiques mises en œuvre durant le quinquennat de François HOLLANDE pour proposer à nos concitoyens un programme d’action gouvernementale. Désormais, les militants socialistes vont discuter de ces propositions, vérifier leur faisabilité, les améliorer. Dans quelques semaines, le PS pourra proposer à des partenaires qui s’inscriront dans une démarche de rassemblement de la Gauche, l’élaboration d’un programme commun ou partagé.

« Vivre libres » est le titre provisoire de ce texte. La liberté est l’une des valeurs fondamentales de notre République. Elle doit être défendue avec acharnement et détermination. Elle ne doit pas être confondue avec le libéralisme, doctrine économique et politique portée par la Droite et l’extrême-droite et qui caractérise notamment la politique menée en France depuis 2017 avec l’avènement de la macronie.

Les propositions formulées dans le document, la méthode retenue démontrent à l’évidence que l’on ne s’inscrit pas dans une démarche incantatoire telle que celle pratiquée par les mélenchonistes. Dans la période traversée, marquée par toutes les incertitudes causées par un contexte international particulièrement inquiétant, il s’agit d’abord de rétablir un sentiment de confiance en l’avenir qui passe par une organisation apaisée de notre vie collective. Or, l’extrême-droite comme les Insoumis entretiennent une fracture sociale dommageable pour notre avenir. 

Parmi les sujets traités dans le projet de programme, celui de la retraite figure en premier. On connaît l’intérêt que portent les Français à ce dispositif de solidarité. Les sondages l’ont souligné lorsque la réforme a été décidée par le Gouvernement d’Elisabeth BORNE, avant d’être suspendue par Sébastien LECORNU à la demande des Socialistes. On ne peut cependant pas en rester là et le problème devra être traité dès le lendemain de l’élection présidentielle à venir. L’âge de départ à la retraite est évidemment une question qui fera débat. Le financement de ces retraites est tout aussi important, sinon plus. La situation démographique marquée par un vieillissement de la population est une donnée significative à prendre en considération. Les cotisations salariales et patronales ne sont pas suffisantes. Il faudra donc des ressources complémentaires qui ne pourront venir que du budget de l’Etat.

La justice fiscale fait également partie des propositions formulées. Les débats des mois écoulés ont permis de mieux connaître les inégalités qui perdurent dans les contributions des citoyens. La formule « de chacun selon ses moyens » est loin d’être la règle. Trop de détenteurs de revenus importants ne sont pas imposés à la hauteur de leurs ressources.

De nombreux autres sujets font, bien entendu, l’objet de propositions concrètes parmi lesquelles la protection de l’environnement, la solidarité ou l’éducation figurent en bonne place. Au total ce sont plus de 600 mesures qui sont avancées. La confrontation avec ce que proposeront les autres formations politiques permettra à nos concitoyens de faire leur choix. Les Socialistes et la Gauche sont au rendez-vous.

lundi 20 avril 2026

Défendre les libertés

L’éviction d’Olivier NORA de la direction de la Maison d’édition Grasset reprise par le groupe BOLLORÉ suscite une réelle émotion dans les milieux littéraires et médiatiques. Elle est beaucoup plus discrète dans le monde politique. L’extrême-droite lepéniste doit s’en réjouir puisque l’éditeur licencié avait refusé d’éditer un livre écrit par BARDELLA. La Droite, prétendument républicaine, reste silencieuse, considérant que c’est une affaire qui concerne la gestion des entreprises et qu’il n’y a pas lieu de s’en mêler. A Gauche, c’est la presse à travers Libération, l’Humanité ou le Nouvel Obs qui réagit en condamnant cet acte d’ostracisme.

Dans cette affaire, le Parti Socialiste devrait être plus offensif. Au Festival du Livre, jeudi dernier, Olivier FAURE, Premier Secrétaire du PS, a bien exprimé sa solidarité avec le monde de l’édition. Sa déclaration a été relayée… sur les réseaux sociaux. C’est insuffisant.

Le PS a été capable, ces derniers temps, de lancer des campagnes d’opposition aux atteintes envisagées par la macronie contre le 1er Mai, journée symbolique « chômée et payée », ou contre la proposition de la loi de la députée macroniste YADAN qui prétendait lutter contre l’antisémitisme. Dans les deux cas, ce fut réussi puisque le Gouvernement n’a pas voulu l’examen de ces deux textes.

Pour défendre la liberté d’édition, la liberté de la presse, la liberté d’expression, l’organisation de la riposte est une impérieuse nécessité. Alors que les commentateurs imaginent déjà l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir lors de la prochaine élection présidentielle, il est urgent que les Démocrates, les Républicains, défenseurs des libertés individuelles et collectives se mobilisent. Le Parti Socialiste est le mieux placé pour susciter cette mobilisation en vue de défendre les valeurs fondamentales de liberté.

La volonté hégémonique de BOLLORÉ n’est pas seulement économique, elle est d’abord idéologique et sert les racistes, xénophobes, antisémites, fascistes de tous bords qui ambitionnent de diriger la France. BOLLORÉ lui-même a utilisé les colonnes de son journal, le JDD, pour lancer une violente contre-offensive afin de décrédibiliser les éditeurs et auteurs qui s’élèvent contre lui. Il aurait pu le faire sur sa radio, Europe 1, ou sa télévision, CNews. Dans ce dernier cas, il peut s’en dispenser. Les prétendus journalistes, serviles à son égard, s’en préoccupent régulièrement.

Oui, les libertés, nos libertés, sont menacées. Ça n’est pas le candidat à l’élection présidentielle RETAILLEAU, désigné hier par un vote des membres du parti LR, qui en garantira l’exercice. Rappelons-nous que pour lui, l’Etat de droit n’est « ni intangible ni sacré ». Il avait d’ailleurs choisi le JDD de BOLLORÉ pour affirmer cette orientation il y a quelques mois. C’est dire que s’il va jusqu’au bout de sa démarche présidentielle, nous aurons deux candidats d’extrême-droite.

Regrettons que dans le même temps, la direction du PS continue de tergiverser pour décider ou non d’une primaire ouverte avec des partenaires, notamment les écologistes. L’urgence, nous l’avons dit, c’est un projet et un programme décidé par les militants socialistes et rendu public pour répondre aux préoccupations de nos concitoyens.