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jeudi 10 septembre 2026

Une « primaire » : oui, mais…

La vie politique a cette caractéristique de n’être jamais figée. Une analyse permanente du contexte s’impose toujours et il n’est pas raisonnable de vouloir reproduire des situations vécues dans un passé plus ou moins récent même si elles ont produit des résultats positifs.

Le Parti Socialiste a décidé de l’organisation d’une « primaire », décision approuvée  par  une  majorité  d’adhérents  le  9  juillet  dernier. Celle-ci a déterminé  les  grandes  lignes  de  ce  vote  et  le  Conseil  National  du 25 août a  fixé  les modalités  de  l’organisation  de  cette  consultation. Ce sera « révolutionnaire » puisque, pour la première fois dans l’histoire du PS, ce vote se déroulera de manière électronique. Certes, nous sommes à l’heure du numérique qui envahit de plus en plus notre vie quotidienne. Si le vote, par ce moyen, demeure un acte individuel et personnel, on peut regretter qu’il ne soit pas assorti d’un débat préalable entre les militants, dans les sections.

Plus généralement, l’usage de cette procédure de la primaire pose question. Elle a été une réussite en 2011, lorsque François HOLLANDE a été désigné dans un scrutin auquel ont participé près de 3 millions de personnes. Elle a été un échec en 2017 lorsque Benoît HAMON a obtenu une majorité des votants d’alors parmi lesquels figuraient de nombreuses personnes qui ne l’ont pas choisi à l’élection présidentielle qui a suivi. On avait assisté alors à une forte vague d’entrisme dont on a constaté les effets à travers l’échec, déjà retentissant en 2017, du candidat désigné.

Qu’en sera-t-il cette fois ? Il est bien entendu trop tôt pour le dire avant que le vote n’ait eu lieu. Souhaitons qu’il ne soit pas trop tard quand il se sera déroulé. La décision de son organisation a été prise. Par respect de la démocratie, il faudra qu’elle s’applique. On ne connaît pas encore le nom des candidats et candidates à cette primaire même si nombreux sont celles et ceux qui en ont manifesté l’intention.

Quel que soit celui ou celle qui sera désigné par les participants à la primaire, il ou elle aura comme première responsabilité de créer les conditions de la présence d’une candidature de large rassemblement. C’est la condition indispensable pour être au second tour de la présidentielle fixé au 2 mai 2027. A gauche, les principales organisations ont désigné leur candidat ou sont en passe de le faire. Face au double danger que représentent pour la Démocratie les candidatures des extrêmes, le rassemblement de la Gauche de Gouvernement est une impérieuse nécessité. Nous pourrons apprécier le sens des responsabilités que seront capables d’assurer les acteurs potentiels de ce rassemblement. 

lundi 7 septembre 2026

Agir face au danger

La bombe politique a explosé hier soir, en Allemagne, au vu des résultats des élections dans le Land de Saxe-Anhalt. Même si les sondages sur les intentions de vote le laissaient supposer, le score réalisé par les candidats d’extrême-droite ne peut pas laisser indifférent. C’est une nouvelle confirmation des risques qui pèsent sur les démocraties, en France, en Europe et dans le Monde.

On pourrait se dire qu’après tout, les citoyens ont choisi librement leurs élus,  que  le  vote  s’est  déroulé  dans  le  respect  de  la  Démocratie. Ce  serait  vrai  si  les  représentants  de  ce  parti, l’AfD, et  plus généralement les organisations d’extrême-droite ne puisaient pas leur idéologie et ne faisaient pas régulièrement référence au nazisme qui a dévasté l’Allemagne et l’Europe il y a 87 ans. Ce serait vrai si on oubliait l’Histoire : HITLER a accédé au pouvoir en janvier 1933 après la victoire des nazis à des élections organisées démocratiquement. Deux mois plus tard, le Parlement à sa botte lui donne les pleins pouvoirs, ce dont il usera et abusera pendant plus de dix ans.

Veut-on revivre cela ou, en tout cas, prendre le risque de le revivre ? C’est à cette question qu’il devient urgent de répondre pour celles et ceux qui sont attachés à la Démocratie et aux libertés. Ces deux valeurs fondamentales doivent être défendues avec détermination. Mais il faut aussi les protéger et, pour cela, mettre en œuvre des moyens juridiques qui permettront de juguler cette progression des idées propagées par l’extrême-droite. 

On connaît bien les causes de cette montée de l’audience de la mouvance nationaliste dans l’opinion. Au-delà des références idéologiques qui ne concernent qu’un faible pourcentage des électrices et des électeurs des candidats d’extrême-droite, un très grand nombre de nos concitoyens qui ne trouvent pas de réponse de la part des responsables politiques à leurs problèmes de la vie quotidienne pensent, à tort, que l’extrême-droite répondra à leurs attentes.

En France, le Rassemblement National entretient ce sentiment de « peur du lendemain », désigne des boucs-émissaires, en l’occurrence les étrangers, formule des propositions démagogiques dangereuses pour nos institutions et pour la République. Comme pour tout ce qui touche à la protection de notre environnement, « ne regardons pas ailleurs quand la maison brûle ». 

Lorsque  le  premier  vice-président  du  RN, Louis  ALIOT, déclare vouloir « couper le robinet » à l’Ukraine qui défend son territoire face à l’envahisseur, le dictateur POUTINE, quand on sait la sympathie plus ou moins explicite manifestée par Madame LE PEN à l’égard de ce même dictateur, on a là suffisamment d’indicateurs de ce que serait la politique de l’extrême-droite française si elle accédait au pouvoir.

Chaque jour qui passe accroît les dangers qui menacent notre pays et l’Europe. On ne peut pas rester sans réagir et, surtout, sans agir.