La vie politique a cette caractéristique de n’être jamais figée. Une analyse permanente du contexte s’impose toujours et il n’est pas raisonnable de vouloir reproduire des situations vécues dans un passé plus ou moins récent même si elles ont produit des résultats positifs.
Le Parti Socialiste a décidé de l’organisation d’une « primaire », décision approuvée par une majorité d’adhérents le 9 juillet dernier. Celle-ci a déterminé les grandes lignes de ce vote et le Conseil National du 25 août a fixé les modalités de l’organisation de cette consultation. Ce sera « révolutionnaire » puisque, pour la première fois dans l’histoire du PS, ce vote se déroulera de manière électronique. Certes, nous sommes à l’heure du numérique qui envahit de plus en plus notre vie quotidienne. Si le vote, par ce moyen, demeure un acte individuel et personnel, on peut regretter qu’il ne soit pas assorti d’un débat préalable entre les militants, dans les sections.
Plus généralement, l’usage de cette procédure de la primaire pose question. Elle a été une réussite en 2011, lorsque François HOLLANDE a été désigné dans un scrutin auquel ont participé près de 3 millions de personnes. Elle a été un échec en 2017 lorsque Benoît HAMON a obtenu une majorité des votants d’alors parmi lesquels figuraient de nombreuses personnes qui ne l’ont pas choisi à l’élection présidentielle qui a suivi. On avait assisté alors à une forte vague d’entrisme dont on a constaté les effets à travers l’échec, déjà retentissant en 2017, du candidat désigné.
Qu’en sera-t-il cette fois ? Il est bien entendu trop tôt pour le dire avant que le vote n’ait eu lieu. Souhaitons qu’il ne soit pas trop tard quand il se sera déroulé. La décision de son organisation a été prise. Par respect de la démocratie, il faudra qu’elle s’applique. On ne connaît pas encore le nom des candidats et candidates à cette primaire même si nombreux sont celles et ceux qui en ont manifesté l’intention.
Quel que soit celui ou celle qui sera désigné par les participants à la primaire, il ou elle aura comme première responsabilité de créer les conditions de la présence d’une candidature de large rassemblement. C’est la condition indispensable pour être au second tour de la présidentielle fixé au 2 mai 2027. A gauche, les principales organisations ont désigné leur candidat ou sont en passe de le faire. Face au double danger que représentent pour la Démocratie les candidatures des extrêmes, le rassemblement de la Gauche de Gouvernement est une impérieuse nécessité. Nous pourrons apprécier le sens des responsabilités que seront capables d’assurer les acteurs potentiels de ce rassemblement.