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lundi 20 avril 2026

Défendre les libertés

L’éviction d’Olivier NORA de la direction de la Maison d’édition Grasset reprise par le groupe BOLLORÉ suscite une réelle émotion dans les milieux littéraires et médiatiques. Elle est beaucoup plus discrète dans le monde politique. L’extrême-droite lepéniste doit s’en réjouir puisque l’éditeur licencié avait refusé d’éditer un livre écrit par BARDELLA. La Droite, prétendument républicaine, reste silencieuse, considérant que c’est une affaire qui concerne la gestion des entreprises et qu’il n’y a pas lieu de s’en mêler. A Gauche, c’est la presse à travers Libération, l’Humanité ou le Nouvel Obs qui réagit en condamnant cet acte d’ostracisme.

Dans cette affaire, le Parti Socialiste devrait être plus offensif. Au Festival du Livre, jeudi dernier, Olivier FAURE, Premier Secrétaire du PS, a bien exprimé sa solidarité avec le monde de l’édition. Sa déclaration a été relayée… sur les réseaux sociaux. C’est insuffisant.

Le PS a été capable, ces derniers temps, de lancer des campagnes d’opposition aux atteintes envisagées par la macronie contre le 1er Mai, journée symbolique « chômée et payée », ou contre la proposition de la loi de la députée macroniste YADAN qui prétendait lutter contre l’antisémitisme. Dans les deux cas, ce fut réussi puisque le Gouvernement n’a pas voulu l’examen de ces deux textes.

Pour défendre la liberté d’édition, la liberté de la presse, la liberté d’expression, l’organisation de la riposte est une impérieuse nécessité. Alors que les commentateurs imaginent déjà l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir lors de la prochaine élection présidentielle, il est urgent que les Démocrates, les Républicains, défenseurs des libertés individuelles et collectives se mobilisent. Le Parti Socialiste est le mieux placé pour susciter cette mobilisation en vue de défendre les valeurs fondamentales de liberté.

La volonté hégémonique de BOLLORÉ n’est pas seulement économique, elle est d’abord idéologique et sert les racistes, xénophobes, antisémites, fascistes de tous bords qui ambitionnent de diriger la France. BOLLORÉ lui-même a utilisé les colonnes de son journal, le JDD, pour lancer une violente contre-offensive afin de décrédibiliser les éditeurs et auteurs qui s’élèvent contre lui. Il aurait pu le faire sur sa radio, Europe 1, ou sa télévision, CNews. Dans ce dernier cas, il peut s’en dispenser. Les prétendus journalistes, serviles à son égard, s’en préoccupent régulièrement.

Oui, les libertés, nos libertés, sont menacées. Ça n’est pas le candidat à l’élection présidentielle RETAILLEAU, désigné hier par un vote des membres du parti LR, qui en garantira l’exercice. Rappelons-nous que pour lui, l’Etat de droit n’est « ni intangible ni sacré ». Il avait d’ailleurs choisi le JDD de BOLLORÉ pour affirmer cette orientation il y a quelques mois. C’est dire que s’il va jusqu’au bout de sa démarche présidentielle, nous aurons deux candidats d’extrême-droite.

Regrettons que dans le même temps, la direction du PS continue de tergiverser pour décider ou non d’une primaire ouverte avec des partenaires, notamment les écologistes. L’urgence, nous l’avons dit, c’est un projet et un programme décidé par les militants socialistes et rendu public pour répondre aux préoccupations de nos concitoyens.

jeudi 16 avril 2026

Dans moins d’un an…

Etre membre du Parti Socialiste aujourd’hui, voter pour les candidats de ce parti, c’est forcément s’interroger sur ce qui se passera dans moins d’un an. Si l’élection présidentielle aura lieu normalement en avril 2027, il est évident que le candidat ou la candidate que soutiendra le PS devra être connu(e) bien avant. Or, on est en droit de se demander si la direction du PS a bien intégré ce calendrier. Les récentes divergences d’appréciation de la position du Premier Secrétaire, Olivier FAURE, sur les conséquences d’une stratégie mal définie pour les élections municipales qui viennent de se dérouler interpellent les observateurs. La relation avec les mélenchonistes a besoin d’être affichée clairement.

Ce n’est cependant pas en référence aux Insoumis que les Socialistes doivent afficher leurs intentions. Il importe que, le plus rapidement possible, le PS propose un programme d’actions concernant les préoccupations de nos concitoyens. Un récent sondage réalisé auprès d’un panel de plus de 10 000 personnes fait apparaître que les Français veulent des solutions nouvelles concernant la santé, le pouvoir d’achat, la sécurité, l’éducation, le logement. A cela il faudra ajouter le financement des retraites car, pour l’heure, la réforme décidée en 2023 est suspendue, pas annulée.

On ne peut donc que souhaiter que très rapidement, le PS fasse connaître son projet et son programme.

Tout ne sera pas réglé. Encore faudra-t-il désigner celui ou celle qui portera ce programme devant les électrices et les électeurs. Là aussi, les tergiversations sont telles que l’on ne sait pas clairement ce que sera la procédure. Le PS n’est pas en capacité de faire prévaloir son seul point de vue à ses partenaires éventuels. On sait pourtant qu’une des conditions premières à remplir réside dans la recherche d’une candidature de rassemblement. Si la Gauche de gouvernement affronte cette élection en ordre dispersé, elle est assurée de ne pas être représentée au second tour. La recherche d’un accord est donc une nécessité. Pour y parvenir, le compromis sur les propositions programmatiques est évident.

Lorsque cette procédure sera réalisée car, même si elle paraît difficile, elle n’est pas impossible, la désignation de la candidate ou du candidat interviendra. Des noms sont régulièrement avancés, des intentions sont plus ou moins clairement annoncées. Tous ces postulants éventuels sont légitimes. Tous ne sont pas capables d’exercer la fonction à laquelle ils aspirent et, surtout, ne réussiront pas à être présents au second tour.

Parmi les noms qui circulent, qui a la capacité de convaincre l’opinion lors du débat télévisé qui aura lieu entre les deux premiers candidats du premier tour et avant le second ?

Répondre à cette question, c’est résoudre le problème de la candidature.