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jeudi 26 février 2026

Une liberté nouvelle

La loi oblige, la loi protège. Elle oblige à être respectée par tous. Parfois elle crée de nouvelles contraintes. Le Conseil Constitutionnel peut alors être saisi et vérifier que les principes fondamentaux de notre République et, notamment, nos libertés sont garantis.

Hier, une majorité de Députés, 299 pour et 226 contre, a voté en deuxième lecture, la loi instaurant un « droit à l’aide à mourir ». Le Sénat va, à nouveau, s’en saisir. Sa majorité de Droite rejettera ce texte qui reviendra à l’Assemblée Nationale. C’est dire que la question n’est pas encore complètement réglée. 

Comme son nom l’indique, cette proposition de loi instaure un droit. En cela, elle oblige à être appliquée. Elle crée aussi une liberté nouvelle, celle pour tout un chacun de décider de sa fin de vie. Ce concept peut choquer les croyants pour qui la vie et la mort ne peuvent dépendre que de Dieu. Cette référence n’est pas acceptable dans un Etat ou la Laïcité est une des valeurs de nos institutions. Ce ne sont pas les religions qui dictent les lois de la République. Cette loi, lorsqu’elle sera définitivement votée n’obligera personne à mettre fin à ses jours. Cette décision dépend uniquement de celui ou de celle qui l’aura décidée. En soi, c’est donc d’abord une liberté que l’évolution de notre société rend souhaitable et souhaitée par une large majorité de nos concitoyens.

Il est choquant d’entendre ses adversaires vouloir nous empêcher de disposer de cette liberté nouvelle. Cela ne surprendra personne de souligner que ces adversaires siègent, pour la plupart d’entre eux, sur les bancs de la Droite et à l’extrême-droite. Pour ceux-là, la liberté n’est jamais la priorité. Cela nous donne un aperçu de ce qu’il adviendrait de bon nombre des avancées sociales et politiques que la France a connues depuis plus d’un siècle. C’est une raison supplémentaire pour empêcher l’extrême-droite d’accéder au pouvoir. 

Pour en revenir à cette législation, les conditions de son application sont définies, trop limitativement pour certains. Comme toute législation, les choses évolueront avec le temps. Le plus important aura été de passer une nouvelle étape de ce droit sociétal, dix ans après (c’était en 2016) la loi Claeys-Leonetti qui a clarifié alors les conditions de l’arrêt des traitements.

Il faudra donc attendre encore quelques semaines avant que cette nouvelle liberté puisse être usée par celles et ceux qui le voudront. 

lundi 23 février 2026

Clarification

Depuis un peu plus de quatre mois, avec la nomination de l’actuel Premier Ministre, Sébastien LECORNU, le 10 octobre dernier, la France est entrée dans une nouvelle ère de sa vie politique. L’absence de majorité à l’Assemblée Nationale a changé la donne. Depuis 1958, la Constitution de la Vème République définissait l’action politique dans notre pays à partir des décisions de la majorité des députés, elle-même soutenant le Gouvernement.

Est-ce à dire qu’il faut changer la Constitution ? Certainement pas. Ce serait ajouter de la confusion à une situation rendue particulièrement difficile par la méthode de gouvernance pratiquée par le Chef de l’Etat. Même si quelques adaptations de notre texte fondamental sont souhaitables, le plus important est de s’inscrire désormais dans la recherche du compromis qui permet de gouverner le pays.

C’est ce que nous avons connu au moment du débat budgétaire. C’est ce qu’il nous faut encourager jusqu’à la prochaine consultation du peuple souverain. Dans une Démocratie, l’expression des idées, des propositions est généralement contradictoire. Cela n’empêche pas, sans pour autant renoncer à défendre une politique, de trouver un accord avec l’autre partie. Nous ne sommes plus à une confrontation entre la Gauche et la Droite. La présence de mouvements extrémistes dans le paysage politique français oblige à diminuer au maximum l’audience que peuvent recueillir dans l’opinion ces mouvements. Ils font peser de graves dangers sur la Démocratie, les libertés, les institutions, la République.

A gauche, la clarification est engagée. L’époque semble révolue où les mélenchonistes, forts des résultats obtenus par leur leader en 2022, voulaient imposer leurs théories. On attend d’eux qu’ils se déterminent plus clairement qu’ils ne l’ont fait jusqu’alors en regard de l’assassinat d’un jeune à Lyon. Il y a encore trop d’ambiguïté qui demeure dans les déclarations des responsables de LFI et dans le soutien apporté à certains de leurs membres, députés et collaborateurs.

A droite, la confusion continue d’être entretenue par Bruno RETAILLEAU, président de LR, candidat à la présidentielle et qui reprend de plus en plus à son compte les positions du RN. Des voix se font entendre pour dénoncer cette orientation, celle de Xavier BERTRAND notamment. Il en faudrait d’autres afin que les libéraux redeviennent partenaires du front républicain nécessaire pour lutter contre l’extrême-droite lepéniste.

Dans trois semaines, nous serons au lendemain du premier tour des élections municipales. On disposera d’éléments d’appréciation qui découleront à la fois des résultats obtenus par les organisations politiques mais aussi des alliances qui se concluront pour le second tour. En attendant cette échéance, continuons de porter et de défendre les valeurs de tolérance, de liberté, de solidarité qui font défaut dans les rangs extrémistes.