Depuis la condamnation de Madame LE PEN, lundi dernier, les réactions de certains responsables politiques, et non des moindres, interpellent celles et ceux qui sont attachés au respect de certains principes dans la République.
Les faits reprochés sont indéniables, avérés, condamnables et donc condamnés. Ces faits ne sont pas mineurs : détournement de fonds publics à des fins privées. Une circonstance aggravante découle de la situation des accusés : ce sont des élus du peuple, des représentants démocratiquement désignés pour porter la parole et la volonté des citoyens.
La morale et l’éthique sont deux concepts complémentaires qui s’imposent à toute personne investie d’un mandat électif. Ce statut doit conduire à l’exemplarité. Trop d’élus ont tendance à considérer que leurs fonctions les exonèrent de respecter la Loi. Car c’est bien cette question qui est posée dans cette affaire et dans quelques autres qui ont amené le législateur, au nom du peuple, à fixer des règles strictes. La loi interdit le détournement de fonds publics à des fins privées. Si cette loi n’est pas respectée, des sanctions sont prévues et, dans le cas présent, pour permettre aux citoyens d’avoir confiance en leurs élus, ceux-ci sont punis sévèrement lorsqu’ils sortent du cadre légal.
Une loi peut toujours être corrigée, améliorée, renforcée par une autre loi mais, pour l’heure, elle s’applique dans sa plus stricte rédaction. S’en prendre au juge qui ne fait que se référer à la législation existante est le plus mauvais coup que l’on peut porter au principe de la séparation des pouvoirs. Ceux qui usent de cette méthode démontrent le peu de cas qu’ils font de notre fonctionnement démocratique. Ce n’est pas surprenant de la part de l’extrême-droite. Ce l’est davantage lorsque ces critiques, ces accusations même sont formulées par le leader des Insoumis qui se réclame d’une appartenance à la Gauche française. Ce l’est encore plus quand c’est le Premier Ministre lui-même, dont le parti, le Modem, a été condamné en première instance pour des faits similaires, en appel et donc à nouveau présumé innocent, exprime son trouble devant la décision des juges et invite le Parlement à reconsidérer les dispositions législatives existantes.
L’accélération de la procédure d’appel demandée par le Garde des Sceaux DARMANIN, et envisagée comme probable constitue également une atteinte au principe d’égalité en droits face à la loi.
Devant ces réactions dangereuses pour le bon fonctionnement de nos institutions, le Parti Socialiste a lancé une pétition afin de soutenir la Démocratie. On la trouve aisément sur le site du PS et on ne peut qu’encourager le plus grand nombre de citoyens à la signer. Ce sera un des moyens de défendre les valeurs fondamentales de notre République.