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jeudi 22 octobre 2026

Quoi qu’il en coûte

Le 17 octobre 2026 restera assurément une date qui marquera l’histoire politique de la France. On devra retenir l’importance des manifestations revendicatives. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont voulu marquer leur volonté de changement en matière éducative, dans les lycées et les universités, ou pour réclamer une amélioration du pouvoir d’achat des ménages. Malheureusement, sans doute, on retiendra d’abord tous ces actes des casseurs et pilleurs qui s’en sont pris aux commerces et aux bâtiments publics.

Ces actes méritent une condamnation sans appel et on ne peut que déplorer la faiblesse de certaines réprobations de ces actes de la part de quelques responsables politiques. On ne peut que s’insurger contre les amalgames de l’extrême-droite qui accuse des personnes d’origine étrangère. Cette argumentation est reprise par le sinistre TRUMP qui ne recule devant rien pour ne pas perdre les élections législatives du 3 novembre prochain aux Etats-Unis.

Cette situation angoissante créée par les casseurs et les pilleurs donne aussi au Gouvernement l’excuse de ne pas apporter de réponse aux revendications légitimes exprimées le 17 octobre. La première « non-réponse » figurait dans le discours du Président de la République, le lendemain des exactions, discours qu’il avait voulu solennel mais que de nombreux observateurs de tous bords, même de la macronie, ont jugé creux et sans fond. Il était surtout sans réponse.

« Quoi qu’il en coûte » nous répétait sans cesse le Chef de l’Etat pendant la  pandémie  de  Covid  en  2020.  Aujourd’hui,  la  crise  sociale justifierait une orientation identique. Malgré l’ampleur de la dette de l’Etat, malgré les difficultés d’équilibrage du budget du pays pour 2027, des annonces significatives doivent être présentées par l’Exécutif, « quoi qu’il en coûte ».

Au lieu de cela, nous avons, en pleine crise, un Président de la République  qui  abandonne  le  pays  pour  se  rendre  au  Moyen-Orient pour tenter de faire baisser le prix des carburants. C’est vrai que ce problème se pose à tous les Français qui utilisent leur voiture pour travailler. La situation dans le pays devait néanmoins passer en priorité et amener le « commandant » à rester à son poste.

C’est le Premier Ministre qui est « au charbon ». Il a reçu hier les organisations syndicales. Leurs responsables ont exprimé leur déception de n’avoir entendu aucune intention de mesures répondant à une contestation de grande ampleur. Il reçoit aujourd’hui les responsables politiques après avoir participé au conseil de sécurité réuni par le Président de la République. Après les violences de samedi dernier qui ont montré les défaillances du maintien de l’ordre, il est normal que l’Exécutif veille à ce que pareille situation ne se renouvelle pas. Un encadrement drastique des autorisations de manifester a été présenté par le Chef de l’Etat. Il faudra être attentif aux décisions qui seront prises à ce sujet. Le droit de manifester est un droit fondamental garanti par la Constitution.

Cependant, il est tout autant nécessaire d’apporter des réponses aux revendications en cours. Ne pas le faire est lourd de conséquences pour le fonctionnement démocratique de nos institutions.

lundi 19 octobre 2026

Les vrais problèmes

La démission du Ministre de l’Intérieur ne réglerait malheureusement pas tous les problèmes auxquels sont confrontés nos concitoyens. Ce sont ces problèmes qui ont provoqué des manifestations, samedi dernier, dans toute la France. Trop de choses sont à déplorer pour qu’une démission, refusée par le Chef de l’Etat, suffise à rétablir un environnement politique et social satisfaisant.

La carence des services de renseignement n’aura pas permis d’apprécier l’importance que revêtiraient les manifestations autorisées et d’anticiper les moyens nécessaires au maintien de l’ordre. L’action criminelle de voyous transformés en émeutiers, à Paris, à Lille et dans de nombreuses autres villes de France, a fait de cette journée de revendications sociales légitime une journée noire.

La solidarité nationale doit s’exercer en direction des nombreuses victimes de pillages, de destructions, de violences physiques du fait de ces crapules. Les services de police ont désormais l’obligation de retrouver un maximum de coupables pour que la justice applique le droit.

Les responsables politiques en place, Président de la République, Gouvernement,  pensent  s’exonérer  en   accusant  ce   qu’ils  appellent « l’ultra-gauche ». Ce matin encore, le Ministre de l’Intérieur n’avait que ce mot à la bouche pour accuser les auteurs des exactions commises samedi et cette nuit encore à Paris. La Gauche n’a pas « d’ultras » dans ses rangs. Elle est porteuse de valeurs. Certaines de ses organisations défendent des modes d’actions extrémistes que l’on doit dénoncer parce qu’irréalistes. Les acteurs des émeutes et des violences qui se sont produites ce week-end n’ont rien à voir avec la Gauche. Ils doivent être condamnés de même que doivent être combattus les porteurs des idéologies qui les attisent en se faisant les défenseurs du chaos.

L’ampleur des situations dramatiques vécues samedi dernier ne doit pas faire oublier la légitimité et la gravité des revendications portées par de nombreuses organisations, par toutes les tranches d’âge, depuis les jeunes lycéens jusqu’aux retraités. Le Président de la République, dans une déclaration solennelle à la télévision, a voulu montrer à l’opinion qu’il était là. C’était la moindre des choses. Il n’a pourtant pas évoqué le fond du problème, à savoir le vécu scolaire et universitaire des jeunes, le pouvoir d’achat de leurs parents.

L’Histoire ne se répète pas. Elle bégaie parfois. L’action des lycéens d’abord, relayée ensuite par les étudiants et les enseignants, a beaucoup de similitude avec ce que nous avons connu en 1968. Monsieur MACRON se prendrait-il pour son prédécesseur d’il y a 58 ans, le Général DE GAULLE, qui, laissant « pourrir » la situation, a repris les choses en main au bénéfice d’une dissolution ?

Nous ne sommes plus en 1968. Aujourd’hui, l’extrême-droite est susceptible d’arriver au pouvoir par des voix démocratiques. C’est là le vrai danger.