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lundi 19 octobre 2026

Les vrais problèmes

La démission du Ministre de l’Intérieur ne réglerait malheureusement pas tous les problèmes auxquels sont confrontés nos concitoyens. Ce sont ces problèmes qui ont provoqué des manifestations, samedi dernier, dans toute la France. Trop de choses sont à déplorer pour qu’une démission, refusée par le Chef de l’Etat, suffise à rétablir un environnement politique et social satisfaisant.

La carence des services de renseignement n’aura pas permis d’apprécier l’importance que revêtiraient les manifestations autorisées et d’anticiper les moyens nécessaires au maintien de l’ordre. L’action criminelle de voyous transformés en émeutiers, à Paris, à Lille et dans de nombreuses autres villes de France, a fait de cette journée de revendications sociales légitime une journée noire.

La solidarité nationale doit s’exercer en direction des nombreuses victimes de pillages, de destructions, de violences physiques du fait de ces crapules. Les services de police ont désormais l’obligation de retrouver un maximum de coupables pour que la justice applique le droit.

Les responsables politiques en place, Président de la République, Gouvernement,  pensent  s’exonérer  en   accusant  ce   qu’ils  appellent « l’ultra-gauche ». Ce matin encore, le Ministre de l’Intérieur n’avait que ce mot à la bouche pour accuser les auteurs des exactions commises samedi et cette nuit encore à Paris. La Gauche n’a pas « d’ultras » dans ses rangs. Elle est porteuse de valeurs. Certaines de ses organisations défendent des modes d’actions extrémistes que l’on doit dénoncer parce qu’irréalistes. Les acteurs des émeutes et des violences qui se sont produites ce week-end n’ont rien à voir avec la Gauche. Ils doivent être condamnés de même que doivent être combattus les porteurs des idéologies qui les attisent en se faisant les défenseurs du chaos.

L’ampleur des situations dramatiques vécues samedi dernier ne doit pas faire oublier la légitimité et la gravité des revendications portées par de nombreuses organisations, par toutes les tranches d’âge, depuis les jeunes lycéens jusqu’aux retraités. Le Président de la République, dans une déclaration solennelle à la télévision, a voulu montrer à l’opinion qu’il était là. C’était la moindre des choses. Il n’a pourtant pas évoqué le fond du problème, à savoir le vécu scolaire et universitaire des jeunes, le pouvoir d’achat de leurs parents.

L’Histoire ne se répète pas. Elle bégaie parfois. L’action des lycéens d’abord, relayée ensuite par les étudiants et les enseignants, a beaucoup de similitude avec ce que nous avons connu en 1968. Monsieur MACRON se prendrait-il pour son prédécesseur d’il y a 58 ans, le Général DE GAULLE, qui, laissant « pourrir » la situation, a repris les choses en main au bénéfice d’une dissolution ?

Nous ne sommes plus en 1968. Aujourd’hui, l’extrême-droite est susceptible d’arriver au pouvoir par des voix démocratiques. C’est là le vrai danger.